Infrastructures numériques : « Smart Africa » présenté à Madagascar

Les représentants de Smart Africa avec le ministre Neypatraiky Rakotomamonjy.

Vingt pays africains s’unissent dans le projet Smart Africa pour réduire la fracture numérique. Pour l’Afrique Subsaharienne, cette alliance compte réunir 300 milliards USD, d’ici 2020, pour les infrastructures et les équipements numériques.

 Une conférence sur la transformation numérique s’est tenue, le 26 mai dernier, au Carlton Anosy. Organisé par le ministère des Postes, des Télécommunications et du Développement numérique, ce partage a été animé par le Dr Hamadoun Touré, Directeur Exécutif de Smart Africa, et non moins ex SG de l’Union Internationale des Télécoms (UIT) pendant dix ans. En effet, ingénieur en système satellite, membre non exécutif du conseil d’administration d’Immarsat depuis mars 2015, Dr Touré est actuellement l’un des africains les plus influents dans le domaine des télécoms. La conférence de vendredi dernier, présidée par le ministre Neypatraiky André Rakotomamonjy portait sur le thème : « La transformation numérique d’un pays, partage d’expériences » ; et s’était déroulée en présence d’une centaine de personnes, issues du secteur privé et public mais du domaine des TICS.

Africa First. Tous les acteurs de l’économie numérique sont unanimes quant au caractère stratégique des TIC, dans le processus de développement des économies africaines. Pour sa part, le Dr. Hamadoun TOURE  a partagé sa vision de l’Afrique de demain. « Africa First » cette ode est l’objectif des projets avancés par l’alliance que forme plus de 20 pays africains qui ont décidé de se réunir pour vaincre la fracture numérique, dans l’optique de « transformer l’Afrique en un marché unique numérique », connu sous le sigle : Smart Africa.

« Nous avons atteint un milliard d’habitants vivant sur le continent africain. Si nous voulons que ce milliard d’individus soit connecté, allons-nous importer 1 milliard de tablettes, de laptops, de smartphones ? N’est-il pas indispensable que l’Afrique commence à se donner les moyens d’attirer les industries numériques sur son territoire, pour que les équipements internet, les logiciels, les produits “hardware” soit produits dans les pays africains ? La révolution numérique africaine ne se fera pas sans une nouvelle révolution industrielle. Et cela commence par la création d’un marché numérique commun, parce que 54 États africains qui se tournent le dos ne parviendront jamais individuellement à être suffisamment attractifs pour attirer des investissements industriels massifs et créateurs d’emplois », a-t-il soutenu.

Piliers. Les pays africains de la Smart Africa Alliance comptent lever 300 milliards USD pour connecter l’Afrique sub-saharienne aux travers d’infrastructures et équipements TIC clés. Afin de permettre la croissance économique et la création d’emploi dans le secteur du numérique et de domaines qui s’y rattachent, Smart Africa prévoit 5 piliers (la politique, l’accès, l’e-gouvernement, le secteur privé / entrepreneuriat, le développement durable), catalysés sur 4 axes d’actions concrètes, dont l’innovation, la communication/promotion,  le renforcement des capacités, la mobilisation des ressources.

Avancées. La place des jeunes, la parité dans la société, le self-estime, la rigueur, ainsi que la volonté du concret, ont été évoqués, avec un message destiné pour la Grande Ile. « Madagascar est un des pays africains, dotés des meilleurs outils et équipements quand nous parlons d’Autorité de régulation (…) sans compter le nombre de jeunes malgaches qui ont un talent sans pareil dans le domaine de l’ingénierie et des Tics (…) Que Madagascar soit ou non membre de Smart Africa, le pays doit pouvoir s’inspirer de notre vision et ne pas attendre que les autres avancent pour soi. Il faut agir dès maintenant ! (…) Chaque pays membre a son projet phare, et nul doute que si Madagascar intègre un jour Smart Africa, nombreux sont les types de projets qui pourront être développés », a indiqué l’expert.

Résultats. Dans le cadre de ses activités, Smart Africa a déjà permis de mettre en place le free roaming africain qui a été opérationnel le 31 mars 2017, sur un réseau unique permettant d’appeler et recevoir des appels au tarif local sans taxes supplémentaires.  Neuf pays africains ont déjà adopté cette nouvelle pratique.

Antsa R. 

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