Rapport 2017 de la CNUCED : Vers le développement du tourisme intra-africain

Toutes les parties prenantes sont conscientes des avantages du développement du tourisme inclusif et intra-africain.

En Afrique, quatre touristes internationaux sur dix sont des Africains. Et ce sont deux touristes sur trois qui sont originaires du continent en Afrique Subsaharienne, selon ce nouveau rapport.

Les touristes africains sont en passe de devenir le moteur du tourisme en Afrique, selon le nouveau rapport  2017 de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement), intitulé « Le tourisme au service d’une croissance transformatrice et inclusive ». En Afrique, ce secteur s’est fortement développé étant donné que le nombre de touristes sur le continent a doublé passant de 24 millions en 1995-1998 à 56 millions en 2011-2014. Les recettes d’exportation ont également triplé, allant de 14 milliards USD à 47 milliards USD pour la même période. En outre, la contribution du secteur au Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Afrique est passée de 69 milliards USD à 166 milliards USD. « Il faut ainsi développer le tourisme intra-africain. Et cela devra être soutenu par le processus d’intégration régionale », a soulevé El Hadji Fall le Conseiller Economique auprès du PNUD à Madagascar lors de la présentation de ce nouveau rapport hier à l’hôtel Ibis à Ankorondrano.

 Tourisme inclusif. En effet, nombreux sont les avantages que l’on peut en tirer. A titre d’illustration, « cela permet de mieux gérer la saisonnalité pour les hôteliers  tout en créant des liens intersectoriels plus forts sans oublier la baisse des fuites financières en raison de la forte demande de produits locaux. La réduction de la pauvreté n’est pas en reste grâce à l’implication des communautés vulnérables dans les zones rurales dans le développement du secteur du tourisme inclusif. Celles-ci approvisionnent en produits locaux les hôteliers.  », a-t-il enchaîné. Par contre, la CNUCED a émis des recommandations dans ce rapport afin de mieux tirer des retombées économiques positives du développement de ce tourisme intra-africain. Il s’agit entre autres de la facilitation de la libre circulation des biens et des personnes par le biais de l’abolition de visa pour les touristes. « Le Rwanda a pu augmenter le nombre de touristes intra-régionaux atteignant 478 000 en 2013 contre 283 000 en 2010 après la suppression des formalités de visa pour les ressortissants de la Communauté Est-Africaine (CEA) en 2011 », a-t-il évoqué.

 Contraintes. En outre, les gouvernements africains devraient prendre des mesures visant à libéraliser les transports aériens, à garantir la convertibilité des monnaies et surtout à reconnaître la valeur du tourisme africain en l’intégrant dans leurs plans. « Toutes ces contraintes évoquées dans ce nouveau rapport de la CNUCED reflètent la réalité à Madagascar. Nous devons également suivre ses recommandations si l’on veut bien développer d’une manière durable le secteur du tourisme tout en promouvant le tourisme intra-africain. Les stabilités au niveau de la politique, de la santé publique et de la sécurité conduisant à la paix s’imposent car c’est lié au tourisme. Les infrastructures d’accueil et routières ainsi que l’interconnexion aérienne ou autre entre les pays de la zone africaine, doivent être également développées pour une meilleure fluidité des touristes », a fait savoir Joël Randriamandranto, le PCA de l’ONTM. Notons que des touristes africains commencent à choisir la destination Madagascar. « Ils sont nombreux à visiter les parcs nationaux. Les pays africains représentent ainsi un marché pour la Grande Ile. Et l’arrivée de la compagnie Ethiopian Airlines qui assure des vols directs sur le réseau de toute l’Afrique, en complément de Kenya Airways et de Turkish Airlines contribue au développement du tourisme intra-africain », a conclu Toky Rabeson, le directeur général du Développement du Tourisme au sein du ministère du Tourisme.        

Navalona R.

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