Aire protégée COFAV : Une dégradation massive causée par l’invasion des milliers de personnes


Jacaranda

Ce qui reste après l’exploitation aurifère dans la forêt.

L’association des Journalistes Verts de Fianarantsoa tire ainsi la sonnette d’alarme en interpellant le ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts et la communauté internationale à prendre des mesures drastiques dans les prochaines semaines pour éviter de nombreux dégâts sur les écosystèmes et qui peuvent être irréversibles.

D’une superficie de 314 000 ha, l’aire protégée COFAV  (Corridor Forestier Ambositra Vondrozo) a été créée par le décret n°2015-755 du 23 juillet 2015. L’Aire protégée se chevauche entre cinq Régions, à savoir, Haute Matsiatra, Amoron’i Mania, Vatovavy Fitovinany, Atsimo-Atsinanana et Ihorombe. Et à peine deux ans après sa création définitive, on assiste à une dégradation massive touchant aussi bien ses zones tampons que son noyau dur, due au manque de ressources de surveillance et de suivi. En effet, des milliers de personnes envahissent la forêt pour effectuer des exploitations illicites.

Dégâts irréversibles. Il s’agit notamment des coupes illicites de palissandre, de l’exploitation minière illégale et des défrichements liés à la pratique des cultures sur brûlis, sans oublier les feux de brousse mis à part les « Dahalo ». L’association des Journalistes Verts de Fianarantsoa, tire ainsi la sonnette d’alarme en interpellant le ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts et la communauté internationale à prendre des mesures drastiques dans les prochaines semaines pour éviter de nombreux dégâts sur les écosystèmes et qui peuvent être irréversibles. Plus précisément, une cinquantaine de madriers et de batans de palissandre sont acheminés par pirogue dans le district de Vohibato, sans compter le nombre de camions chargés de bois ronds de bois précieux sortant de la forêt.

Ruée. En parlant de l’exploitation minière illicite située dans le district d’Ikongo, de nombreux trous béants sont laissés par les exploitants d’or et de cristal rose dans la forêt d’Amindrabe. Ce qui favorise le phénomène d’érosion et partant la destruction de la forêt. Plus de 300 exploitants aurifères s’y installent en raison de la ruée, a dénoncé l’association des journalistes verts de Fianarantsoa.  Cependant, « le WWF a choisi dans son plan stratégique de se retirer du COFAV à partir de 2018 pour aller renforcer les activités dans d’autres écorégions situés dans le Nord et le Sud-Ouest du pays. Et Conservation International, l’actuel délégataire de l’aire protégée attend encore l’opérationnalisation du fonds GCF (Green Climate Funds) qui n’est pas encore sûr d’être décaissé avant la fin de l’année, pour pouvoir répondre aux problèmes, l’AP COFAV se trouve dans une situation délicate », a fait savoir le président de cette association, Josoa Rasabotsy.  « Cette situation pourra anéantir les efforts de sensibilisation et de communication déployés depuis une dizaine d’années dans les zones périphériques. D’autant plus, les communautés de base ne sont plus régularisées pour renforcer les patrouilles et la surveillance de la COFAV avec les chefs secteurs. Par ailleurs, le contexte de dégradation des zones forestières du COFAV compromet sa capacité de contribuer à la lutte contre le changement climatique par l’absorption de gaz à effet de serre et de pourvoir ensuite des crédits carbones nécessaires à la pérennisation de sa gestion », a-t-il conclu.

Navalona R.

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