Pêche illégale en Indianocéanie : 400 millions USD de perte annuelle au débarquement

Cette conférence ministérielle des Pêches réunit plus de 150 participants.

Près de 49 patrouilles conjointes ont permis d’enregistrer 120 infractions maritimes et suivre 670 bateaux grâce au système satellitaire installé à la COI.

« Dans la région de l’Océan Indien occidental, 20% des captures de thonidés finissent dans les filets des pêcheurs illégaux. En termes économiques, ce pillage de nos eaux représente 400 millions USD de perte annuelle au débarquement, soit près d’un milliard USD par an en produits transformés ». Le Secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI), Hamada Madi, l’a évoqué lors de l’ouverture de la conférence des ministres des Pêches des pays membres de l’Indianocéanie sur le Plan  Régional de Surveillance des Pêches (PRSP) hier au CCI Ivato.

Mutualiser les moyens. « Sud-Ouest de l’océan Indien : s’unir pour une croissance durable à travers l’économie bleue » étant le thème à discuter dans le cadre de cette conférence ministérielle qui a débuté hier et durera trois jours. Cette pêche illégale, non-déclarée et non-réglementée (INN) appauvrit également les stocks de poissons, détruit les habitats marins et entraîne une distorsion de la concurrence  pour les pêcheurs honnêtes tout en affaiblissant les communautés côtières. « Face à cette situation, les huit Etats membres de la COI ont signé, il y a dix ans, un accord portant notamment sur la nécessité de coopérer concrètement dans la lutte contre cette pêche INN. D’où, la mise en œuvre du PRSP grâce au partenariat avec l’Union européenne. Ce qui permet de mutualiser les moyens techniques, opérationnels et humains des huit pays participants pour conduire des patrouilles régionales de surveillance maritime », a-t-il poursuivi.

120 infractions. Notons qu’un bilan de ce PRSP a été entre-temps dressé lors de cette conférence ministérielle. A titre d’illustration, « près de 49 patrouilles conjointes au niveau de l’Indianocéanie ont permis d’enregistrer 120 infractions maritimes, de dérouter une douzaine de navires de pêche et de suivre 670 bateaux grâce au système satellitaire installé à la COI. Le PRSP constitue un outil efficace et utile à l’émergence de l’économie bleue génératrice de croissance pour tous nos pays », a enchaîné Hamada Madi. Pour le cas de Madagascar, le pays a contribué activement à la mise en œuvre du PRSP. Près de 241 contrôles de navires ont été menées par les patrouilleurs de la Grande île, sans compter la surveillance aérienne. « Nous avons encore enregistré des pertes non négligeables en raison de la pêche INN dans nos eaux maritimes. Cette coopération régionale s’avère plus efficace pour mener à bien cette lutte que d’opérer isolément. L’objectif de cette conférence ministérielle consiste ainsi à renforcer les engagements des pays membres de la COI dans les dix ans à venir. D’autant plus, de nouveaux financements seront attendus prochainement », a conclu Tilahy Andrianaranintsoa Désiré, le Secrétaire général du ministère des Ressources Halieutiques et de la Pêche, lors de l’ouverture de cette cérémonie.

Navalona R.

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