Finances locales : Faible implication des Communes dans les dépenses publiques

Le Colloque international sur les finances locales dans les pays d’Afrique francophone subsaharienne se tient au Carlton Anosy, depuis hier.

Madagascar a encore un grand retard dans la mise en œuvre de la décentralisation effective. Les causes et les solutions à cette situation devront être découvertes au colloque international, qui se tient depuis hier au Carlton Anosy.

3% de l’ensemble des fonds publics sont alloués aux Communes, pour Madagascar. Dans la plupart des pays d’Afrique, cet indicateur va au-delà des 16%. En effet, avec cette répartition qui reflète également le cas des autres CTD (Collectivités territoriales décentralisées), la Grande Ile est fortement pénalisée, en termes de finances locales. Et pourtant la décentralisation qui est l’instrument clé du développement en dépend, selon les propos l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, Harald Gehrig, lors de l’ouverture du Colloque sur les Finances locales dans les pays d’Afrique Francophone et Subsaharienne. « Tout le monde connaît bien le paradoxe allemand, marqué par un budget étatique équilibré et insatisfaisant pour certains, mais avec une super-performance des Communes. Certes, les dépenses locales sont plus efficaces et ont des effets plus positifs. C’est la connaissance du terrain qui joue. Une école peut, par exemple être construite avec des dépenses réduites de moitié, voire même plus, si elle est construite par la Commune bénéficiaire. De leur côté, les citoyens paient facilement les impôts, en voyant les impacts de leurs contributions pour le développement », a noté l’ambassadeur.

Conflit. Présente à la cérémonie d’ouverture du colloque, le maire de la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA), Lalao Ravalomanana a soulevé la concentration des fonds publics au niveau de l’Etat central. « En dépit de son statut particulier en tant que Capitale de Madagascar, la CUA n’a reçu aucune subvention de l’Etat depuis ma prise de fonction en octobre 2015, alors que ces subventions sont inscrites dans les lois de finances 2015 et 2016… Les Communes dans ce pays ne disposent pas d’une autonomie financière. Les taux et montants des ressources des CTD sont déterminés par la loi de finances à l’insu des élus locaux. De plus, les CTD n’ont pas de pouvoir de création fiscale et ne peuvent pas recevoir de financements directs de leurs partenaires financiers étrangers et nationaux… », a-t-elle noté dans son discours. Répondant point par point à ces affirmations, le premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana, également ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, a soutenu que toutes les Communes de Madagascar bénéficient de subventions de fonctionnement, mais que l’Etat ne peut plus accorder des subventions exceptionnelles, faute de moyens. Le président Hery Rajaonarimampianina est également venu en renfort. « Les ressources sont insuffisantes au niveau national, tout comme au niveau local. Le taux de pression fiscale à Madagascar est le plus faible en Afrique. Il faut aller plus loin au niveau local, en considérant les impôts locaux inexploités. Il faut aussi une décentralisation économique et cadrer des projets pour les Communes », a-t-il affirmé. Néanmoins, tous les intervenants ont évoqué la nécessité de collaborations étroites entre les CTD et l’Etat central, afin d’avancer dans la décentralisation effective.

Antsa R.

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