Perspective économique : Persistance de la pauvreté, mais un léger mieux en 2018


Jacaranda
Banky Foiben'i Madagasikara
La grande majorité des Malgaches continue de vivre dans la pauvreté absolue.

2017 aura été, une fois de plus, une année de misère pour la grande majorité des Malgaches. La pauvreté a continué de sévir pour une grande partie de la population.

Les dirigeants, à commencer par le Président de la République, Hery Rajaorinamampianina reconnaissent d’ailleurs que même si les objectifs de croissance ont été atteints, les effets positifs ne sont pas encore ressentis dans chaque foyer.

Instabilité politique. Les bailleurs de fonds, à commencer par le FMI attribuent encore et toujours cette faible performance, à une « instabilité politique récurrente et une gouvernance faible, qui nuisent depuis longtemps à la mobilisation des recettes, aux investissements publics et privés, aux dépenses sociales et au soutien des bailleurs de fonds extérieurs ». Mais, du moins, d’après les études menées par les économistes, l’espoir semble être permis pour une année 2018 meilleure. D’abord, puisque malgré les apparences d’une pauvreté absolue vécue par la grande majorité des Malgaches, la croissance s’est accélérée progressivement et, la stabilité macroéconomique s’est renforcée. En effet, après avoir atteint 4,2% en 2016, le taux annuel de croissance économique est resté supérieur à 4% au premier semestre 2017, selon les estimations. Les retombées négatives de la sécheresse survenue fin 2016 – début 2017 et du cyclone de mars 2017 ont été compensées par la forte croissance des secteurs non touchés, si l’agriculture et la production d’énergie hydroélectrique ont souffert, l’industrie manufacturière dans les zones franches et le tourisme ont par contre connu une croissance de plus de 10% en glissement annuel.

Stable. Ensuite, l’inflation reste relativement stable, malgré les pressions exercées sur l’offre. Le taux annuel est passé de 7,0% (glissement annuel) fin 2016 à 8,6% en mai 2017, les deux tiers de cette augmentation étant imputables à la hausse des prix alimentaires due aux conditions climatiques. Le prix du riz, denrée de base qui représente 15% du panier de consommation, a grimpé de plus de 12%. Mais une fois celui-ci stabilisé, d’autres facteurs, tels que la baisse des prix des carburants, ont contribué à ramener l’inflation à 8,3% en septembre 2017. L’autre réussite enregistrée en 2017, se situe au niveau des recettes publiques. « Pendant le premier semestre 2017, les recettes douanières ont augmenté de 23% en glissement annuel, contribuant à une augmentation globale des recettes fiscales de 17%. « Toutefois, la masse salariale a été supérieure aux attentes pendant cette période : cet écart s’explique par des erreurs de prévisions plutôt que par un changement de politique, car le paiement des arriérés d’indemnités et l’intégration des enseignants locaux dans la fonction publique, qui est en cours, n’avaient pas été pris en considération dans les projections de la masse salariale. Les dépenses en investissements financées sur ressources intérieures et tout particulièrement sur ressources extérieures sont inférieures aux montants budgétisés. Les autres postes restent conformes aux montants budgétisés, notamment les transferts en faveur de l’entreprise de services d’utilité publique JIRAMA (qui ont été augmentés dans le budget rectificatif de 2017 afin, principalement, de compenser les conséquences de la sécheresse). »

 

Léger mieux. Pour 2018, l’on s’attend à un léger mieux. Néanmoins, si les plans actuels d’augmentation des investissements publics et de poursuite des réformes structurelles sont mis en œuvre, la croissance annuelle devrait dépasser 5% à partir de 2018. Pour y parvenir, le régime entend mettre en place, une série de mesures. Il s’agira, par exemple de mobiliser davantage de ressources intérieures pour financer les dépenses prioritaires progressent, malgré certaines difficultés en 2017. En tout cas, pour 2018, les autorités vont poursuivre leur objectif budgétaire principal, qui est d’augmenter les investissements et les dépenses sociales prioritaires, y compris en réduisant les dépenses moins prioritaires malgré certaines pressions. Les transferts en faveur de la JIRAMA diminueront de plus de la moitié pour s’établir à 0,5% du PIB, soit le niveau le plus bas depuis au moins cinq ans. L’administration douanière sera également de la partie, avec des mesures pratiques comme l’extension à l’unité anti-fraude du recours aux contrats de performance, ou encore l’établissement d’un service de dédouanement centralisé pour renforcer l’intégrité des opérations ; ainsi que le recouvrement des arriérés d’impôts et l’amélioration de la mobilisation de recettes auprès des administrations publiques. Bref, le régime actuel va mettre en place des mesures de redressement économique. Il reste à espérer que les impacts positifs de ces mesures soient ressentis dans la vie quotidienne de chaque Malgache.

R.Edmond.


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