Transformation de l’agriculture : Des investissements dans trois domaines s’imposent

Le secteur de la riziculture à Madagascar connaît une avancée considérable. (Photo d’archives)

Madagascar est le 2e pays producteur de riz en Afrique Subsaharienne après le Nigeria. Mais le pays est aussi le plus grand consommateur de cette denrée.

Sa production n’arrive pas encore à subvenir à ses besoins alimentaires. C’est dû notamment à la croissance démographique avec un taux annuel de 2,8% ainsi qu’aux impacts du changement climatique. Cependant, le secteur de la riziculture à Madagascar connaît une avancée considérable grâce aux nombreuses interventions de l’Etat appuyées par ses partenaires. Le Représentant Résident de la JICA Madagascar, M. Murakami l’a évoqué lors d’une conférence-débat sur la transformation de l’agriculture organisée en partenariat avec le ministère auprès de la Présidence en charge de l’Agriculture et de l’Elevage tout récemment à l’hôtel Ibis à Ankorondrano.

Atouts spécifiques. En outre, le Professeur Otsuka Keijiro, économiste de développement et chercheur en Chef au centre IDE-JETRO, a soulevé que le riz est la culture la plus prometteuse en Afrique subsaharienne. En effet, « il y a une haute transférabilité des variétés modernes et des pratiques agronomiques améliorées de l’Asie vers cette zone. La grande disponibilité des vallées favorables à la riziculture dans les bas-fonds n’est pas en reste. A part ces avantages communs des pays de l’Afrique subsaharienne, le climat favorable et la prévalence des pratiques agronomiques de base semblables à celle de l’Asie tropicale dans les années 60 constituent des atouts spécifiques pour Madagascar », a-t-il exposé. Et en citant le cas de la riziculture malgache, ce Professeur japonais a avancé que des investissements dans trois domaines s’imposent même si le rendement de productivité a progressivement augmenté. Il s’agit notamment des investissements dans les systèmes de recherche appliquée et de distribution de semences ainsi que dans la formation de vulgarisateurs et de campagne de nouvelles technologies par l’Etat. La distribution du sac PAPRiz dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’amélioration de la productivité rizicole et de gestion des bassins versants et es périmètres irrigués a entre autres, porté ses fruits. En effet, « les bénéficiaires du projet ont obtenu un rendement de près de cinq tonnes/ha contre deux à 2,5 tonnes/ha auparavant », a-t-il enchaîné.

Micro-finance. Par ailleurs, l’insuffisance des investissements dans l’irrigation, la faible utilisation d’engrais chimique et l’indisponibilité des crédits constituent généralement un échec pour les pays de l’Afrique subsaharienne. Le ministre auprès de la Présidence en charge de l’Agriculture et de l’Elevage, Harison Randriarimanana, pour sa part, partage également son avis. En fait, « l’Etat s’est désengagé du secteur productif après l’Ajustement Structurel. D’où, il y a un manque crucial de vulgarisation agricole dans le milieu rural. En outre, les paysans utilisent peu d’engrais chimiques et de semences améliorées en raison de leur inaccessibilité ? Le système de miro-finance à Madagascar nécessite en plus une restructuration pour une meilleure adaptation aux besoins des producteurs. Ainsi, dans le cadre de la vision Fisandratana 2030, nous allons redynamiser tous les centres semenciers en partenariat avec le secteur privé. Une usine de production de différents types d’engrais adaptés à chaque type de fertilité de sols des régions sera bientôt installée dans la région Alaotra avec l’appui de l’Inde. Ce qui permettra aux paysans d’accéder aux intrants à moindre coût, car l’on en importe plus. La formation des techniciens vulgarisateurs agricoles n’est pas en reste. Une étude est également en cours concernant l’amélioration du système de micro-finance », a-t-il expliqué.

Autosuffisance en riz. Et parlant du grand défi d’atteindre l’autosuffisance en riz en 2020, le ministre de tutelle a fait savoir que c’est faisable si l’on obtient seulement un rendement moyen de 3,5 tonnes/ha via l’extension de la diffusion de la technique PAPRiz dans toutes les régions productrices. D’autant plus, « l’Agence Japonaise de Coopération Internationale soutient les efforts du gouvernement malgache à travers les différents projets sur la riziculture en cours comme le PAPARiz II, Le FY VARY et le projet de don non remboursable PC23 pour une meilleure transformation de l’agriculture », a conclu son Représentant Résident, M. Murakami.

Navalona R.

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