Besoa Razafimaharo : « Le plan de transformation commence à porter ses fruits »



Jacaranda

Les dirigeants du tandem Air Madagascar-Austral sont naturellement satisfaits des résultats obtenus jusqu’ici. A l’instar du DG Besoa Razafimaharo qui parle de premiers résultats positifs, et évoquent des facteurs exogènes qui risquent d’affecter le bon déroulement du business plan à court terme. Interview.

Midi : Où en est-on actuellement avec le plan de redressement d’Air Madagascar ?

Besoa Razafimaharo : « Je tiens tout d’abord à rappeler que le Business Plan (BP) de dix ans, convenu dans le cadre de l’Accord de Partenariat Stratégique (APS) entre l’Etat malgache et Air Austral prévoit deux phases : le redressement d’Air Madagascar à réaliser au cours des trois premières années, suivi de son développement durant les sept années à venir. Les premiers résultats sont là : Mis à part les huit appareils maintenant opérationnels, il reste deux Twin Otter à réparer, dont un volera à nouveau prochainement. La filiale Tsaradia est opérationnelle. Le recrutement ne s’est pas limité aux 27 pilotes, mais également au personnel navigant commercial et au personnel au sol dans diverses directions, aussi bien à Air Madagascar qu’à Tsaradia. Les vols ont augmenté d’une manière significative, aussi bien sur la ligne France que sur le réseau domestique. La formation et la remise à niveau des compétences du personnel est en cours dans tous les domaines. Le taux de ponctualité global est passé de 62% à près de 80%. Nous n’en sommes pas encore satisfaits, et faisons tout pour atteindre l’objectif ponctué 85 que nous nous sommes fixés d’ici la fin de l’année.

On peut donc dire que le plan de transformation Alefa 2027 commence déjà à porter ses fruits, même si beaucoup reste à faire pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, à ce titre je tiens à remercier l’ensemble du personnel pour les efforts qu’il a fournis dans l’exécution de ce Plan dont le développement suit son calendrier initial, malgré un décalage d’un mois au départ. Il risque toutefois d’être affecté par des facteurs exogènes dont je vous parlerai ultérieurement »

M.M. Des informations ont circulé sur ce qui serait une incapacité d’Air Austral à assurer les 40 millions de dollars qu’elle devait injecter dans le cadre de l’APS. Air Austral aurait demandé un prêt auprès de l’Agence Française du Développement (AFD), mais celle-ci aurait refusé. On dit même qu’Air Austral a dû finalement recourir à la CNAPS, pour avoir ces fonds. Qu’en est-il exactement de ce dossier ?

B.R : « Dans le cadre de l’APS, Air Austral a créé une filiale appelée Air Austral Invest (AAI) pour participer au capital d’Air Madagascar. C’est donc cette filiale qui amène les 40 millions de dollars répartis comme suit : 15 millions de dollars pour acquérir 49% du capital d’Air Madagascar et 25 millions de dollars à titre d’apport d’actionnaire en compte courant. Les 15 millions de dollars ont été versés par AAI à partir des fonds propres d’Air Austral. Les 25 millions de dollars restants font l’objet d’un prêt contracté de l’AFD et d’un consortium de banques commerciales. Ce prêt est prévu être disponible à la fin de l’année et est garanti à 50% par la région de l’Ile de la Réunion.

M.M : Depuis son lancement, comment évolue la filiale Tsaradia ?

B.R. : « Le lancement de Tsaradia prévu initialement début avril dernier a été reporté à maintes reprises suite à l’acquisition tardive du code IATA et à des problèmes techniques liés à la mise en place du système de réservation. Ces problèmes sont en cours de résolution. Les ventes de billets Tsaradia ont commencé depuis mi-juillet aussi bien auprès des agences et des agents de voyage que sur Internet via le site www.tsaradia.com qui intègre le paiement par M’Vola en ariary. Une campagne de promotion a été lancée en mettant en vente 10.000 billets à partir de 225.000 ariary sur les destinations du réseau domestique. Cette campagne connaît un vif succès et nous envisageons d’en lancer d’autres sous différentes formes.

M.M : Comment se passe le système de protection mis en place pour une période de trois ans ?

B.R. « J’avais au début évoqué au début des facteurs exogènes qui risquent d’affecter le bon déroulement du Business Plan à court terme. En effet, l’APS contient deux clauses essentielles à la réussite du redressement d’Air Madagascar : le non-octroi de nouveaux droits de trafic sans consultation préalable du partenaire stratégique, ceci pendant une période de trois ans ; la protection du périmètre d’activité du groupe Air Madagascar et donc de ses filiales pendant la même période. Ces deux clauses n’ont pas été malheureusement respectées récemment, entraînant une chute des recettes par rapport aux prévisions du BP. En effet, des droits supplémentaires ont été accordés aussi bien pour des vols réguliers que pour des vols charters sans qu’il y ait consultation préalable auprès d’Air Austral, partenaire stratégique comme le stipule l’APS. Par ailleurs, SOFITRANS, que tout le monde connaît pour être l’opérateur sur la plateforme aéroportuaire d’Ivato, se trouve sous la menace d’une concurrence sévère, alors qu’elle entame un plan de redressement et de rebranding. Des discussions sont actuellement menées par Air Madagascar et son partenaire stratégique auprès des autorités compétentes pour que les termes de l’APS soient respectées par les parties signataires, et nous sommes confiants qu’une solution acceptable sera trouvée au bénéfice des deux parties ».

Propos recueillis par R.Edmond.

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