Une protection limitée selon la Banque Mondiale



Jacaranda

La Banque mondiale soutient la libéralisation du trafic aérien. Interrogée sur le système de protection accordé à Air Madagascar pour son processus de redressement, la représentation résidente de la Banque Mondiale nous a répondu qu’elle soutient la libéralisation du trafic aérien. C’est dans ce sens d’ailleurs que la Banque Mondiale a appuyé l’élaboration de la Lettre de Politique Nationale du Transport Aérien à Madagascar. « Une lettre de politique qui est très claire quant à la vision d’augmenter le nombre d’arrivées et de touristes à Madagascar, tout en aidant la compagnie aérienne nationale à développer le marché intérieur et en la renforçant pour faire face à la concurrence sur le marché international ». En somme, la Banque Mondiale roule pour la libéralisation du ciel aérien qui est aussi synonyme d’ouverture sur d’autres compagnies aériennes. Raison pour laquelle d’ailleurs, la Banque Mondiale parle d’une  protection limitée.   « Concernant le partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral qui a mobilisé l’investissement privé dans le capital de la compagnie aérienne nationale, et l’apurement des dettes par le gouvernement, il existe une période de transition de trois ans durant laquelle, Air Madagascar bénéficie d’une protection limitée afin de rebondir ». Une position plus nuancée qui signifie que la protection n’est pas absolue et qu’elle ne doit pas remettre complètement en cause indéfiniment le principe de la libéralisation de l’industrie aérienne qui est aussi l’une des conditions du développement du tourisme à Madagascar. Et ce, conformément aux objectifs de la vision Fisandratana. «L’approche du gouvernement qui consiste à offrir une protection limitée à la compagnie aérienne nationale pour permettre à cette dernière de se reconstituer n’est pas contradictoire avec la stratégie pour ouvrir davantage le ciel de Madagascar. En effet, un service de transport national fort et stable est essentiel pour maintenir l’ensemble du système de transport aérien, qui ne peut dépendre uniquement des services internationaux ».

Par ailleurs, cette clause de protection fait l’objet de débats dans le milieu économique. Des observateurs se posent en effet la question de savoir pourquoi l’Etat malgache doit consulter une entreprise privée, en l’occurrence le partenaire stratégique, avant de prendre une décision relevant de sa souveraineté qu’est l’octroi d’un droit de trafic. Pourquoi les négociateurs malgaches de l’Accord de Partenariat Stratégique ont accepté une telle disposition qui rabaisse l’autorité de l’Etat, s’interroge-t-on. Le débat est ouvert.

R.Edmond.

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