« Tsingy » de Bemaraha : 54 microprojets réalisés au profit des communes riveraines



Jacaranda
Plus de 21 000 touristes nationaux et internationaux ont visité le parc national de Bemaraha l’an dernier.

« Madagascar National Parks » (MNP) se charge de la gestion et de la conservation des 43 Aires Protégées et Réserves naturelles dans tout Madagascar. Le parc national de Bemaraha qui regorge le « Tsingy », classé patrimoine mondial, en fait partie.

Parmi les retombées économiques pour la population locale, MNP a déjà réalisé 54 microprojets au profit des communes riveraines de ce site touristique et ce, sur financement d’une partie des recettes issues des Droits d’Entrée aux Aires Protégées. « Avant 2009, les retombées financières allouées pour mettre en œuvre ces microprojets étaient de l’ordre de 50% des droits d’entrées au parc de Bemaraha payés par les touristes. Il y a avait eu entre temps des appuis des bailleurs de fonds. Mais c’était suspendu en raison de la crise qui prévalait dans le pays. Depuis 2013, le MNP a repris l’allocation de ces retombées financières d’autant plus qu’il a son autonomie financière. Par contre, le conseil d’administration présidé par le ministre en charge de l’Environnement et des Forêts, a décidé de mettre en place un plafonnement suivant le nombre de touristes visitant le parc national de Bemaraha et non plus 50% des recettes issues des Droits d’Entrée aux Aires Protégées », a expliqué Hajamihamina Rarivohelison, le directeur de Marketing et Partenariats de Madagascar National Parks.

22 microprojets. Ainsi, « s’il y a plus de 20.000 visiteurs enregistrés au parc national de Bemaraha, Les communes riveraines dont la commune de Bekopaka bénéficieront de 50 millions d’Ariary par an. Si c’est entre 10.000 et 20.000 visiteurs, leur part de recettes est fixée à 20 millions d’Ariary par an. Si le nombre de visiteurs varie entre 6.000 et 10.000 personnes, ces communes riveraines ne percevront que 10 millions d’Ariary par an. Par contre, si c’est à moins de 6.000 touristes, elles ne toucheront aucun centime », a-t-il poursuivi. En outre, le Comité d’Orientation et de Suivi des Aires Protégées composé de deux élus dont le maire de Bekopaka, des services techniques déconcentrés et des membres du comité local du parc, se charge de gérer cette part de recettes et de proposer des microprojets à financer avec. Parlant du cas de la commune rurale de Bekopaka, « celle-ci a bénéficié de 22 microprojets sur les 54 microprojets réalisés au profit de toutes les collectivités territoriales décentralisées. Parmi lesquels, on peut citer, entre autres, les constructions de centre de santé de base catégorie II, du barrage Mahanintsy dans le ‘fokontany’ de Bekopaka, du bureau du fokontany, des puits et de la piste d’accès à Andamozavaky », a enchaîné le directeur de Marketing et des Partenariats de « Madagascar National Parks ».

Mesure de sécurité. Et il tient également à préciser que l’an dernier, plus de 21.000 touristes nationaux et internationaux ont visité le parc national de Bemaraha l’an dernier. Les communes riveraines bénéficieront ainsi une part de recettes de leurs droits d’entrée fixée à 50 millions d’Ariary en vue de financer des microprojets. « Mais ce parc ne dispose pas encore d’une autonomie financière. Raison pour laquelle, il s’agit d’un appui au développement des communautés locales », d’après toujours ses explications. En outre, des activités génératrices de revenus ont été développées grâce à l’appui de la Banque mondiale. Il a évoqué que les communes riveraines de Bemaraha ont bénéficié d’un financement de l’ordre de 400.000 USD sur les 700.000 USD octroyés par cette institution de Bretton Woods. Notons que le maire de la commune de Bekopaka, Franklin Miandrizoky a dénoncé que la part des recettes issues des droits d’entrée au parc au profit des communes riveraines est de l’ordre de 50% et qu’aucune retombée n’a été enregistrée pour la population locale. Il exige ainsi une meilleure transparence sur l’utilisation de ces fonds. Il a également dénoncé que le service du MNP a été transféré à Morondava. Et c’est l’insécurité qui y règne. Il prétend ainsi mobiliser la population locale afin d’ériger un barrage vendredi. De son côté, le directeur de Marketing et des Partenariats du MNP a réagi en disant que ce service a été bel et bien délocalisé et ce, par mesure de sécurité suite à l’attaque des bandits à l’encontre de ses agents dernièrement. Leurs recettes journalières étaient en plus dérobées. « Le paiement des tickets d’entrée au parc se fait ainsi soit à Morondava, soit à Antananarivo, soit au niveau des agences de voyages ou bien par le biais des moyens de paiement électronique. Ces dispositifs seront mis en place au niveau de toutes les Aires Protégées afin de sécuriser entre temps les visiteurs », a évoqué Hajamihamina Rarivohelison.

100 millions Ar. Quant au projet de construction d’un nouveau marché qui sera installé à Bekopaka, il a déclaré qu’il n’est pas suspendu. Au contraire, « le MNP a encore négocié un financement auprès du KfW en complément de notre contribution et du plafonnement dont bénéficient les communes riveraines du parc national de Bemaraha. En effet, une telle infrastructure doit être construite suivant les normes étant donné que les Tsingy de Bemaraha sont classés patrimoine mondial. Le coût de ce projet est estimé à plus de 100 millions Ar. Des consultants vont bientôt faire une descente pour mener les études afin de le réaliser », a-t-il conclu.

Navalona R.

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