Filière crabe : 23 recommandations formulées par les organisations de pêcheurs  



Jacaranda
La filière crabe affiche une bonne croissance.

La pêche aux crabes occupe une grande place dans la pêche traditionnelle. Sa production dépasse nettement celles des crevettes, des poulpes, de l’holothurie et d’autres organismes halieutiques. 

Une augmentation de la production de 50% entre 2012 et 2017. Ce boom dans la filière crabe n’est pas tellement lié à l’accroissement des captures, mais plutôt à une meilleure valorisation des prises. Ceci grâce, d’une part, à l’exportation des crabes vivants, vendus trois fois plus cher que les crabes congelés ; et d’autre part à la réduction des pertes post-captures, selon le Réseau MIHARY qui œuvre pour l’amélioration de la gestion des ressources marines au niveau local. En outre, les pêcheurs et les autres acteurs de la chaîne de valeur du crabe notent une croissance considérable de leur revenu. Tous ces changements positifs attirent de nouveaux opérateurs et augmentent la pression sur la ressource. « On observe déjà la baisse du rendement de pêche et celle de la taille moyenne des crabes capturés. De plus, malgré un effort considérable déjà engagé ces derniers temps et la réduction, par endroits, d’un tiers du taux de pertes après captures, cette mortalité cumulée pour les différents maillons de la chaîne de valeur oscille encore autour de 20 % de la production », ont affirmé les participants aux ateliers interrégionaux, organisés à Morondava et Ambanja, pour la recherche de solutions pour le développement de la filière.

Solutions. 23 recommandations ont été formulées à l’issue des ateliers de Morondava et Ambanja. Ce sont neuf recommandations sur l’état des mangroves et des ressources en crabe ainsi que leur exploitation rationnelle et durable ; neuf  recommandations sur la réglementation et sa mise en application (neuf recommandations) ; et enfin quatre recommandations sur les aspects économiques. Selon les participants aux ateliers, les actions urgentes devraient consister à remettre en œuvre une fermeture nationale de trois mois – de septembre à novembre – en 2019. « Les recherches et les particularités régionales pourraient, à moyen et long termes, modifier cette période et suggérer des périodes différentes pour le Nord et le Sud de Madagascar, à partir de 2020 », ont-ils indiqué. Parmi les actions urgentes figurent également la promotion des bonnes pratiques d’exploitation, comme la remise à l’eau des crabes non réglementaires capturées ; l’interdiction d’utilisation des crochets et des pelles ainsi que la réglementation stricte sur la maille des nasses afin de prévenir la capture de crabes inférieurs à 11 cm ; et la vulgarisation de l’utilisation de la balance « garigary ». Ces acteurs de la filière préconisent de modifier la quantité maximale d’exportation de crabes autorisée, de renforcer la communication des réglementations, d’organiser des formations pour les pêcheurs et de leur offrir un guide de bonnes pratiques, etc. Bref, autant de recommandations ont été proposées par les acteurs de la filière. Leur application reste à voir.

Antsa R.

Share This Post

Post Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.