Paul Rabary : Le cost-killer des dépenses publiques

Paul RABARY, candidat n°8 à l’élection présidentielle.

De tous les candidats engagés dans la bataille présidentielle, Paul Rabary, candidat n°8 est incontestablement le plus clair et explicite dans sa vision relative à la manière de gérer les ressources de l’Etat.

Réformer les finances publiques afin de dégager les ressources nécessaires pour mener un ambitieux programme des grands travaux, booster l’emploi et arrimer notre modèle social aux attentes des populations. Tel est l’objectif fixé par Paul Rabary. Selon les analystes, les réformes portées par ce candidat n°8, en matière de finances publiques, engageront Madagascar dans une ère totalement nouvelle marquée par un véritable changement de paradigme. Le programme de l’ancien patron de l’Education sur ce chapitre, est en effet composé d’une batterie de mesures, certes parfois très techniques, mais dont la mise en œuvre constituerait une rupture certaine pour notre pays.

Citons parmi ces mesures l’application d’un plan de réduction drastique des dépenses de l’Etat et la reconfiguration de la structure chargée de l’administration fiscale , afin de disposer d’un mécanisme décentralisé , à même de multiplier par deux au moins le taux de pression fiscale (moins de 12% du PIB actuellement), sans pour autant asphyxier les entreprises. Notons également son projet de créer un fonds souverain chargé de soulager sensiblement la souffrance de la majorité de la population et d’investir intelligemment au profit des générations futures.

Améliorer la qualité de vie. Ces mesures, pour importantes qu’elles soient, ne sont qu’un moyen, rappelle Paul Rabary. Un moyen destiné à atteindre une fin : rendre plus efficace notre modèle social pour améliorer de manière significative la vie quotidienne des Malagasy en matière de santé, d’éducation, d’assurance maladie, de logement, de retraites, mais d’abord et avant tout d’emploi. A savoir que si en 2009 les dépenses sociales de Madagascar s’élevaient à 6,9% du PIB (Produit intérieur brut), durant la transition elle a chuté de moitié jusqu’à 3,7%. Depuis la quatrième République, elle a recommencé à augmenter et selon les projections de 2018, elle pourrait avoisiner les 4,6% du PIB. Mais pour le numéro 8, il est essentiel de franchir le cap des 10% dans les deux ans à venir.

Transformation. Fondamentalement, les réformes impactant les finances publiques soutenues par le candidat n’est pas juste de dégager des mesures pour assainir nos finances publiques. Il est indispensable à son avis d’apporter des changements susceptibles de mettre en branle un cercle vertueux : « assainir nos finances publiques, c’est moderniser l’Etat et, par conséquent, faire en sorte que celui-ci ne pèse pas sur la compétitivité du secteur privé et n’obère pas la capacité à entreprendre dans notre pays ». C’est en cela que la transformation qu’il compte opérer revêt une importance particulière : « la mise en œuvre de ces projets permettra une relance majeure de l’emploi dans notre pays. L’emploi, la pierre angulaire, le mur porteur de notre système socio-économique qui est aujourd’hui sérieusement dégradé par une expansion non maitrisée du secteur informel. C’est notamment grâce à lui que les dépenses sociales que j’appelle de ses vœux pourront être correctement financées ».

Mesures intelligentes. Évidemment, si les mesures forgées par lui et son équipe sont importantes, elles ne sont pas, de ce point de vue, suffisantes en elles-mêmes pour sortir Madagascar du tunnel. C’est pourquoi, selon Paul Rabary, l’effort initié sera prolongé et amplifié par des mesures, spécifiques et volontaristes, qui concerneront à la fois la maitrise des dépenses que l’allocation des ressources. C’est dans ce cadre que s’inscrit sa décision de reconfigurer la taille du gouvernement et de supprimer le sénat. Combinées les unes aux autres, ces mesures doivent pouvoir générer une croissance inclusive capable de matérialiser son principal objectif : la prospérité partagée. Mais le sociologue manager tient à souligner qu’il ne promet pas « une cure d’austérité ». Pour lui, les réformes courageuses et indispensables sur les finances publiques qu’il envisage de mettre en œuvre, sont les meilleurs remèdes pour guérir le pays et atteindre la prospérité partagée.

Recueillis par Antsa R.

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. enfin, un candidat qui a les pieds sur terre

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