MICDSP – Secteur privé : Le problème d’insécurité sous toutes ses formes soulevé

Le ministre de l’Industrie, Guy Rivo Randrianarisoa veut toujours accompagner le secteur privé, même en période électorale pour faire tourner l’économie.

Trois mois à la tête de son département, le ministre de l’Industrie et du Développement du Secteur Privé, Guy Rivo Randrianarisoa, a organisé une rencontre avec tous les membres du secteur privé hier autour d’un petit déjeuner à l’hôtel Carlton. C’est appuyé par l’EDBM (Economic Development Board of Madagascar).

Tous les groupements professionnels y ont participé activement. On peut citer entre autres, le FIVMPAMA (Fivondronanan’ny Mpandraharaha Malagasy), le SIM (Syndicat des Industries de Madagascar), le GEM (Groupement des Entreprises de Madagascar), le GEFP (Groupement des Entreprises Franches et Partenaires) et le GOTICOM (Groupement des Opérateurs des Technologies de l’Information et de la Communication). La Confédération du Tourisme, les Tours Opérateurs de Madagascar et la Chambre des Mines de Madagascar, ainsi que les autres professions réglementées comme les Ordres des Avocats, des Architectes, des Ingénieurs et des Experts comptables y ont également répondu présents. Et durant cette rencontre bipartite, le problème d’insécurité sous toutes ses formes ont été soulevés.

Corruption. En fait, tous les membres du secteur privé ont dénoncé la recrudescence de l’insécurité physique pour ne citer que le cas du décès du PDG de l’entreprise franche Festival. « Il faut une grande volonté politique pour la lutter. Il faut prendre une décision car c’est intolérable », a évoqué le ministre de l’Industrie, Guy Rivo Randrianarisoa. En outre, ils ont dénoncé l’insécurité juridique à Madagascar. Soit, il n’y a pas encore de décret d’application d’une loi en vigueur, soit il y a un problème d’interprétation des textes réglementaires. Ensuite, la présidente du GEM, Noro Andriamamonjiarison a fait part d’une pratique de corruption et de pression exercée par des agents étatiques effectuant des contrôles au niveau des entreprises. « J’ai émis une note ministérielle et vous, le secteur privé, en faites partie des destinataires. En effet, je n’admets pas et ne tolère pas de pression pour des raisons pécuniaires à votre encontre », a répondu le ministre de tutelle. Quant au président du SIM, Fredy Rajaonera, il réclame la retaxation des bondillons de savon étant donné que cela va léser les industries nationales. C’est obtenu à partir de l’importation de ce produit qui a été ensuite mollé sur place. « Le ministère n’a pas d’objection à cela. Il faut mettre en place un système de vérification si le détergent est importé pour une revente ou pour servir de matière première », dixit-il.

Pénurie des ressources. Et ce n’est pas tout ! Le président du FIVMPAMA, Jean Claude Ratsimivony a évoqué le problème de la mise en place des compteurs intelligents par la JIRAMA. « Bon nombre d’entreprises membres se plaignent car leur consommation en électricité a augmenté considérablement. On se demande ainsi en quoi c’est intelligent ? », a-t-il exprimé. Par contre, le président du GOTICOM, Iharizaka Rahaingo a soulevé qu’il y a une pénurie importante des ressources humaines dans le domaine du TIC car la concurrence est rude surtout venant de l’étranger, et ce, suite à un recrutement massif en France. « On ne peut pas empêcher les jeunes à avoir une vie meilleure d’autant plus qu’on a une contrainte économique. Mais c’est une destruction des industries naissantes qui sont en train de se structurer à Madagascar », a-t-il avancé. Pour la Confédération du Tourisme et du groupement des Tours Opérateurs, ils revendiquent l’application du système de paiement électronique par les banques, le visa électronique et le paiement en devises des hôteliers. En effet, le paiement en Ariary entraîne une perte pour les TOP en raison de la dépréciation de la monnaie locale, selon leurs dires.  « En outre, le programme de vols domestiques nécessite une amélioration car c’est toujours en attente », se plaignent-ils.

 

Dialogue public-privé. Par ailleurs, presque tous les membres du secteur privé ont droit au but en disant que le dialogue public-privé mené depuis ces derniers temps n’est pas du tout satisfaisant. « Ce qui nous désole, c’est qu’on remet tous à zéro quand il y a un changement de ministre de tutelle. Il faut une continuité des actions à mener », souligne le président du SIM. La présidente du GEM, de son côté, souhaite un vrai dialogue avec une meilleure représentativité des deux parties, et une bonne volonté  afin de conclure à des actions concrètes. Face à cette situation, le ministre de l’Industrie, Guy Rivo Randrianarisoa a annoncé qu’une réunion entre les deux parties, soit neuf ministères concernés et neuf représentants des groupements des opérateurs, aura lieu à la dernière semaine du mois de novembre afin de réévaluer ce dialogue public- privé. « Tous les ministres clés y seront présents pour éviter que je leur transmette systématiquement vos doléances. En plus, des décisions concrètes y seront prises. En fait, même en période électorale, je souhaite que l’on puisse faire une force de proposition concrète », a-t-il enchaîné.

Agence de promotion. Notons que l’EDBM assure le Secrétariat technique de la plateforme de dialogue public-privé. « On va recueillir toutes les informations disponibles concernant les thématiques que les membres du secteur privé vont nous soumettre à l’avance pour pouvoir partir d’une bonne base lors de cette prochaine réunion. En outre, l’EDBM est une agence de promotion des investissements tant nationaux qu’étrangers. On accompagne ainsi les investisseurs nationaux à mettre en œuvre leurs projets via une assistance technique ou leur mise en relation avec des partenaires. On travaille également sur les réformes pour améliorer l’environnement des affaires à Madagascar », a précisé Andry Ravalomanda, le directeur général.

Navalona R.

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