Exportation à l’état brut : Surtaxation réclamée par l’AIDM

L’Alliance pour l’Industrialisation Durable de Madagascar a présenté le deuxième rapport sur le Baromètre de l’industrialisation.

Les actions et le lobbying menés par l’Alliance pour l’Industrialisation Durable de Madagascar (AIDM) affichent de bons résultats. Les indicateurs dans le Baromètre de l’industrialisation affichent une évolution positive.

L’industrialisation démarre enfin, mais tout reste à faire. Entre le mois de juillet et le mois d’octobre, l’Indice global dans le Baromètre de l’industrialisation est passé de 26 à 30 sur 100. Bien que cet indicateur ait progressé, il se situe toujours dans la catégorie médiocre. Ce qui n’est pas le cas pour l’Indice social, qui est passé de 38 à 43 sur 100, sur la même période, passant donc de la catégorie médiocre à la catégorie moyenne. En ce qui concerne l’Indice de la conjoncture, la situation de départ était à 48 sur 100 et le niveau actuel à 63 sur 100. « L’indice global mesure le climat global dans le secteur et donne une impression de l’atmosphère à partir des perceptions des différents acteurs. L’indice social permet d’évaluer le degré de satisfaction des travailleurs, afin de déduire si l’industrialisation leur est aussi profitable. En tant que facteur de production, le travail constitue un élément crucial pour le développement de l’industrie. Enfin l’indice de la conjoncture mesure la confiance des acteurs sur l’évolution du secteur pour les 3 à 6 mois à venir. Comme l’indique l’évolution de cet indice, le patronat, tout comme le salariat espèrent une bonne évolution », a expliqué Rado Ratobisaona, PCA du CREM (Cercle de Réflexion des Economistes de Madagascar), l’organisation qui compose l’AIDM avec le SIM (Syndicat des industries de Madagascar), le FIVMPAMA (Fivondronan’ny Mpandraharaha Malagasy), le CTM (Conférence des travailleurs de Madagascar) et le SSM (Solidarité syndicale de Madagascar).

Responsabilité. Malgré cette évolution positive, les investisseurs craignent encore les incertitudes générées par la période électorale, selon le président de l’AIDM, non moins président du SIM, Fredy Rajaonera. « En se basant sur l’Indice de la conjoncture future, nous espérons que cette réticence ne durera pas. Cependant, de grands efforts sont encore attendus de la part de l’Etat. L’entrée et la commercialisation de certains produits importés échappent encore au Fisc et à la Douane, ce qui favorise la concurrence déloyale. Par ailleurs, dans ce second rapport, nous nous sommes également penchés plus sur le secteur de l’énergie. Nous avons pu constater que le secteur privé est plus intéressé que l’Etat à investir dans la production d’énergie. Cependant, pour l’AIDM, la JIRAMA doit initier l’élaboration d’une politique énergétique qui promeut les énergies renouvelables », a-t-il indiqué.

Revendications. Pour sa part, le vice-président de l’AIDM, Rivo Rakotondrasanjy a annoncé que l’Alliance réclame un consensus national autour de la nécessité de l’industrialisation, la mise en place d’un Ministère d’Etat en charge à la fois de l’industrie, du secteur privé, du commerce et de l’artisanat doté de moyens adéquats. Parmi les revendications de l’Alliance figure également la mise en œuvre urgente de la Loi pour le Développement Industriel. « L’ANMCC (Autorité nationale des mesures commerciales correctives) doit avoir un pouvoir de sanction afin de lutter contre les importations sauvages et illégales qui inondent le marché. Nous revendiquons un Dialogue public-privé sincère et crédible, avec une volonté réelle de solutionner les doléances du secteur privé. Nous réclamons la mise en place du Conseil économique, social et culturel comme spécifié dans la Constitution. L’Etat doit également s’engager à conduire une politique d’amélioration du pouvoir d’achat des Malagasy, en augmentant le SMIG au-delà du taux d’inflation et prenant compte de l’augmentation de la productivité. Il faut aussi l’assainissement et le bilan de manière urgente des zones et entreprises franches afin de réduire la concurrence déloyale découlant de l’abus du statut de ZEF par certaines entreprises. Enfin, pour favoriser l’industrialisation, nous réclamons une surtaxation à l’exportation des matières premières malgaches non-travaillées. Afin de créer des emplois et accélérer l’industrialisation, une exportation ne doit être permise qu’à partir de 25% de création de valeur ajoutée », a déclaré ce vice-président de l’AIDM.

Environnement. A moyen terme, le président de l’AIDM, Fredy Rajaonera a également noté la nécessité de réajuster les accords commerciaux en respectant la démarche inclusive, de créer une banque nationale de développement pour une autonomie financière pour les investissements, d’exiger que l’Etat ait au moins 1/3 des capitaux dans les grands projets et investissements financés par des capitaux étrangers, d’abandonner graduellement l’énergie thermique pour favoriser les énergies renouvelables et enfin d’établir un régime d’assurance maladie accessible à toute la population. D’après l’Alliance, ces revendications seront discutées avec les candidats du second tour de l’élection présidentiel.

Antsa R.

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