Rija Randriamalalaniaina : « Madagascar pourrait faire du numérique un vrai vecteur de croissance »  

Rija Randriamalalaniaina, chef de Projet Trafic dans une agence digitale en France, et enseignant en marketing Digital à l’Université de Franche-Comté.

Avec un haut débit qui surpasse ceux des pays développés, Madagascar dispose d’une bonne qualité de connexion Internet. Cette opportunité doit être capitalisée, selon l’expert en technologie digitale, Rija Randriamalalaniaina.

Bien que Madagascar dispose de l’un des réseaux internet les plus rapides au monde, le plaçant devant la France et la Grande Bretagne, avec une vitesse de connexion de 24,9Mégabites par seconde, le numérique reste encore sous exploité et la couverture en haut débit ne sert qu’à une minorité de personne. C’est ce qu’a indiqué Rija Randriamalalaniaina, chef de Projet Trafic dans une agence digitale en France, et non moins enseignant en marketing Digital à l’Université de Franche-Comté. « L’initiative publique pour développer le numérique était insuffisante et le retard se creuse de plus en plus par rapport à certains pays d’Afrique comme le Rwanda ou le Maroc, malgré une ressource humaine et intellectuelle plus qualifiée. Pour preuve : les sites internet des toutes les institutions de la République ne sont pas sécurisés et celui du Ministère en charge du développement du numérique n’est même pas accessible », a indiqué l’expert de la technologie digitale.

Faire plus. L’Initiative pour l’Emergence de Madagascar (IEM) prévoit quelques grandes lignes pour faire de Madagascar un leader en matière de services liés au TIC, comme l’informatisation des services de l’Etat, informatisation de l’Administration, intégration des TIC dans les programmes d’enseignement, actualisation des cadres juridiques, la création de centre de formation etc. Cependant, Madagascar pourrait faire du numérique un vrai vecteur de croissance et aller au-delà d’un Pays de sous-traitance informatique et de centre d’appels, d’après Rija Randriamalalaniaina. « En France par exemple, le numérique pèse 5,5% du PIB et emploie 1,5 millions de personnes. Le numérique connaît une effervescence considérable en Afrique, mais les échecs commencent également à apparaître comme le cas de la fermeture des filiales du Leader du e-commerce français C-discount au Cameroun et au Sénégal. Le rôle du nouveau gouvernement Malagasy devrait être tout d’abord de fixer un cap et un environnement propice à l’innovation. Il devrait collaborer avec tous les acteurs du secteur numérique : les entreprises, les startups, les banques, les investisseurs et toutes les ressources intellectuelles et talents, à Madagascar et dans le Monde, afin de monter son propre plan numérique, adapté aux contraintes du Pays et à ses environnements économiques, juridiques et culturels », a soutenu l’expert. Bref, avec les apparences actuelles, les perspectives sont bonnes, mais du travail reste à faire.

Antsa R.

 

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