Hommage du CREM : « Richard Ratsimandrava ou l’espoir d’un peuple dont l’avenir a été confisqué »

Jacaranda
Les membres du CREM se sont exprimés pour commémorer la date du 11 février.

Il est grand temps que les dirigeants actuels reprennent le flambeau du patriotisme du Général Richard Ratsimandrava, selon le CREM (Cercle de Réflexion des Economistes de Madagascar).

11  février 1975, Ambohijatovo, la 404 noire d’un Chef d’Etat, est criblée de balles : combien de tireurs, à part le célèbre Zimbo? L’assassinat rappelle celui  d’un certain J. F. Kennedy survenu quelques années plus tôt dont les commanditaires n’ont jamais été identifiés. Si tirs croisés, triangulaires, il y a eu, alors cela serait la marque de services secrets ou tout du moins de criminels professionnels. Personne ne le saura. Trop d’intérêts privés nationaux et internationaux étaient bousculés.

Le souvenir est resté vivace dans les foyers malgaches, car l’homme incarnait un renouveau dans la pratique politique, mettant en avant le fondement de la société malgache, le socle sur lequel devait être bâtie la Nation : le « Fokonolona ». Les comités de vigilance (Andrimasom-pokonolona), les polices de proximité (Polisim-bohitra), l’approche communautaire du développement (Vatoeka) précédaient de près de vingt ans en avance ce que les bailleurs de fonds ne pourront jamais concrétiser malgré les fonds alloués auxdites communautés de base (Vondron’Olona Ifotony). Il représentait également un symbole, l’Homme qui, à chaque problème, suggérait une solution (Vahaolana) démarche dont même un Emmanuel Macron devrait s’inspirer. Et surtout, à une période charnière où les anciennes colonies recherchaient leur propre voie de  développement avec ou sans l’approbation des grandes puissances, sa vision rappelait aux « Malagasy » leurs origines et racines culturelles. Quarante-quatre années sont passées, le pays ne s’est pas relevé et la descente aux enfers n’a eu de cesse.

« Fokonolona ». Consulté dans l’élaboration de la Constitution de 2010, le CREM a tenté de remettre comme fondement de la « Nation Malagasy », et conformément aux valeurs ancestrales le « Fokonolona » et le « Fokontany » comme unités de base des Collectivités Territoriales, et non la Commune. La proposition que l’association a émise stipulait également que les Chefs des « Fokonolona » devraient être élus et qu’ils ne devraient appartenir à aucun parti politique. Le CREM a également proposé sur le fonds et sur la forme une organisation différente pour la seconde Chambre du Parlement : une Assemblée des « Fokonolona » et de la Société Civile à la place du Sénat, dont les deux tiers seraient élus par les Chefs des « Fokonolona » et le tiers restant des membres ès qualité tels que le Bâtonnier, les Présidents de différents Ordres (Médecins, Expert-Comptables, Journalistes, etc.)

Pouvoir du peuple. Le CREM affirmait, à l’époque, qu’une telle organisation remettrait le « Fokonolona » au centre des institutions et permettrait de remonter les aspirations des citoyens que les représentants de la Société Civile dans cette Assemblée formaliseraient. Les permis de construire, les ventes de terrain privées comme les constructions dites d’utilité publique, ou les manifestations sur la voie publique – marchés, foires – devraient d’abord obtenir les consentements des « Fokonolona » concernés: ainsi devait fonctionner la démocratie malgache. Le CREM est même allé jusqu’à proposer que, pour certains démembrements de la Justice, les Présidents de Tribunal et les Procureurs soient élus pour ramener la confiance des « Fokonolona », aligner l’application des « Dina » aux spécificités régionales et éviter les vindictes populaires. Malheureusement, les Conseillers du Président à l’époque négligeaient l’importance du « Fokonolona ». « Il appartient désormais à l’actuel Président de la République,  de reprendre le flambeau du patriotisme du Général Richard Ratsimandrava comme celui, sans doute, de la démocratie de feu le Professeur Albert Zafy, étant leur héritier naturel, légitime et légal », ont annoncé les membres du CREM, en rendant hommage au Gal Richard Ratsimandrava.

Antsa R.

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