Pétroliers : Menace de suspension des importations de carburants

Pour éviter une crise du pétrole et de l’énergie, l’Etat et les pétroliers devraient faire preuve de concession et arrêter ce bras de fer qui pourrait mener le pays à la catastrophe.

Un échec. Voilà ce que l’on peut dire des négociations entre l’Etat et les pétroliers concernant la fixation des prix des carburants. Un bras de fer qui est en passe de s’intensifier avec cette possible décision des pétroliers de suspendre les importations de carburants à partir de ce mois d’avril.

Lourde de conséquences

Le bras de fer entre l’Etat et les pétroliers n’est pas près  de se terminer. D’après une source proche du dossier, cette décision de suspension est de plus en plus envisagée, mais ne ferait pas encore l’unanimité auprès de toutes les sociétés de distribution pétrolière. Une décision qui sera lourde de conséquences, puisque, à terme, elle perturbera le marché du carburant qui demeure encore et toujours le nerf de l’économie. « Pour le moment, on n’a pas encore à s’inquiéter car le pays dispose encore d’au moins 6 mois de stock de carburants » indique un spécialiste du secteur pétrolier. Et lui d’ajouter que si l’Etat et les pétroliers ne se remettent pas de nouveau sur la table de négociation, la situation risque de s’aggraver dans le moyen terme.

Contexte

En tout cas, ce bras de fer entre l’Etat et les pétroliers n’est pas un fait nouveau. Si l’on remet les choses dans son contexte, l’on rappelle qu’au mois de mai 2018, des négociations ont déjà eu lieu entre les deux parties. L’idée de base étant de trouver des solutions adéquates en matière de gestion des prix des carburants. Avec comme double objectif, à la fois de protéger les consommateurs contre une hausse importante des prix, mais aussi de ne pas grever les finances de l’Etat en pratiquant une subvention au bénéfice des pétroliers. Une subvention qui est d’ailleurs contre les principes du FMI qui continue de veiller au grain en ce qui concerne la bonne gestion des finances publiques et de l’équilibre budgétaire. Parmi les solutions, un protocole d’accord signé en mai 2018, avec trois avenants, dont le troisième, signé en décembre 2018, a porté sur un effacement des dettes des pétroliers vis-à-vis du Fonds d’Entretien Routier, d’une valeur de 100 milliards d’ariary. Il s’agissait plus précisément d’un abandon des créances du FER au profit des pétroliers. Une procédure destinée à éviter à la fois la considérable augmentation des prix des prix à la pompe et  la préservation des finances de l’Etat, en tenant compte des termes de l’accord avec le FMI au titre de la Facilité Elargie de Crédit.

BIANCO

On rappelle, d’ailleurs que cette procédure a valu à certains membres du gouvernement de l’époque, ainsi que d’autres hauts employés de l’Etat du régime Rajaonarimampianina, une enquête auprès du BIANCO. Et ce,  même si la procédure n’a pas encore abouti puisque, pour le moment, il n’y a jamais eu paiement par le FER, au profit des pétroliers, au titre de cette compensation. En attendant, en tout cas, la question qui se pose maintenant est de savoir comment le gouvernement va œuvrer pour régler ce problème hautement économique. Une partie de l’opinion salue en tout cas cette initiative de l’Etat de prendre une décision unilatérale en matière de structure des prix des carburants. Une « décision courageuse mais très difficile à mettre en œuvre » selon certains. En effet dans le contexte actuel, il s’avère très difficile de toucher au FER, ou encore de maintenir les prix en touchant au budget de l’Etat avec une éventuelle subvention. Quoi qu’il en soit, cette suspension des importations des carburants risque de faire du mal à l’économie si les pétroliers décident réellement de l’appliquer. Sur ce point, certains observateurs estiment qu’un retour aux négociations s’avère nécessaire et que l’on fasse preuve de concession de part et d’autre.

R.Edmond.

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4 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Voilà, la vrai indépendance commence par » l’ indépendance énergétique « : carburant ( transports ou autres utilisations)=IMPORTATION, huile lourde (Alimentation groupes électrogènes de la JIRAMA ou autres utilisations)= IMPORTATION, Gaz (cuisine domestique ou autres utilisations)=IMPORTATION…

    Monsieur le Prézidà importe même du riz (VARY MORA) au détriment des Producteurs Malagasy, quelle honte…

  2. Voilà, la vrai indépendance commence par  » l’ indépendance énergétique « : carburant ( transports, etc.), huile lourde (Alimentation groupes électrogènes de la JIRAMA): importation, Gaz (cuisine domestique ou autres utilisations): importation…

    Monsieur le Prézidà importe même du riz (VARY MORA) au détriment des Producteurs Malagasy, quelle honte…

  3. Ka iza no nanafoana any SOLIMA e! Io zao kekerin’ny amboakely tiana ! kkkk

  4. Suspension des importations de carburants par les pétroliers ?
    Pour qui se prennent-ils ces corrupteurs ? Ils se prennent pour les nouveau colonisateurs, tout simplement.
    S’ils ne veulent pas s’inscrire dans le développement du pays en tenant compte du pouvoir d’achat de la population, alors qu’ils partent et retournent chez eux. Les Malagasy en ont marre de leur domination économique. Ampy izay !!
    Ceux qui veulent s’installer pour une activité économique équitable existent bel et bien.

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