Agro-business : Une stratégie pour améliorer la compétitivité de Madagascar

Jacaranda
Un reboisement de bambou sur 2ha a été réalisé par FIVAGRI à Antsampanana

Le soutien du CPCCAF est attendu pour restructurer les Chambres Consulaires qui représentent les intérêts des opérateurs économiques membres.

Une structure doit être mise en place pour mettre en œuvre une stratégie visant à améliorer la compétitivité de Madagascar dans le domaine de l’agro-business. Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) sont les mieux placées pour le faire, étant donné que leur mission consiste à aider leurs ressortissants à développer leurs activités dans le cadre des objectifs économiques et sociaux de la Nation. Elles représentent en même temps leurs intérêts professionnels tout en étant les interlocuteurs privilégiés des instances économiques nationales et internationales. Cependant, ces établissements publics à caractère professionnel ont des moyens très limités.

Mutualiser les actions. Ainsi, en attendant la restructuration de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toamasina, un groupement d’intérêt économique (GIE) dit FIVAGRI a été créé par quelques membres du secteur privé ainsi que des ONG œuvrant dans le cadre du développement durable dans la région Atsinanana. En fait, « nous avons pris l’initiative de nous regrouper au sein de ce GIE en vue de mutualiser nos actions et en partageant non seulement les expériences et le savoir-faire, mais également les risques et les charges. L’objectif consiste à améliorer la compétitivité de la région. A titre d’illustration, FIVAGRI va négocier, entre autres, les coûts du fret des achats groupés des membres auprès des compagnies de navigation maritime tout en respectant la charte HOREB (Hygiène, Organisation et Restauration de l’Environnement et de la Biodiversité) », a expliqué Faly Rasamimanana, président du Collège Commerce au sein du CCI de Toamasina, qui plus est, membre fondateur du FIVAGRI. Et il tient à préciser que les Chambres consulaires doivent en principe jouer ce rôle. « Mais en tant que ressortissants de la CCI de Toamasina, les opérateurs économiques conscients doivent également s’engager à prendre leur responsabilité. Le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, pour sa part, s’attèle déjà à la restructuration de cette Chambre Consulaire pour pouvoir atteindre les objectifs que sont l’amélioration de la compétitivité de Madagascar dans le domaine de l’agro-business. Cela fait d’ailleurs l’objet de notre mission à Paris en vue de rencontrer la CPCCAF (Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones) », a-t-il enchaîné. C’est un réseau de coopération économique au service du secteur privé africain et francophone.

Développement durable. Et en y adhérant, la CCI de Toamasina pourra bénéficier d’un renforcement de capacité, à part le développement des partenariats entre les membres. « Notre but consiste en fait à sensibiliser tous les ressortissants à se soucier de leur intérêt commun qui a des impacts sur leurs activités économiques. On peut citer, entre autres, le respect de l’hygiène dans les zones de production pour éviter la propagation des maladies comme la peste affectant négativement les filières d’exportation, ainsi que la lutte contre l’insécurité via la création d’emplois par le secteur privé », d’après toujours ses explications. Et parlant du développement durable à Madagascar, il a soulevé que cela commence par la conscientisation et la responsabilisation de chaque citoyen. FIVAGRI se veut être ainsi un bon exemple en mettant en œuvre des actions citoyennes visant à réaliser un reboisement de bambou sur une superficie de 100ha dans la commune rurale d’Antsampanana jusqu’en 2020. « La semaine dernière, nous avons pu reboiser 2ha de bambou dans le fokontany d’Andranonamalona en collaboration avec la population locale et la commune. Une règle communautaire a été ensuite mise en place pour lutter contre les feux de brousse et la déforestation, tout en récompensant les informateurs anonymes et les enquêteurs à raison de 100 000 Ar chacun. En fait, il ne s’agit pas tout simplement de contribuer à la concrétisation du projet « Madagasikara Rakotr’ala », lancé par le Président Andry Rajoelina, mais de responsabiliser tout un chacun que cela devient une grande nécessité à Madagascar. En effet, l’amélioration de l’écosystème via cette restauration forestière permet de capturer des carbones tout en réduisant la propagation des maladies, notamment les épidémies au niveau de la santé publique ainsi que de la santé animale et agricole. Ce qui contribue ensuite à l’équilibre de la biodiversité », a fait savoir Faly Rasamimanana.

Regain de confiance. Force est également de reconnaître qu’il y a maintenant un regain de la confiance des importateurs de produits agricoles en provenance de Madagascar. « La preuve, l’Ile  Maurice s’est engagée à importer 200 tonnes de grains secs à l’issue du Business Forum à Maurice qui s’est tenu tout récemment dans cette île voisine. Nous venons d’en expédier 20 tonnes la semaine dernière », a-t-il déclaré. Il suffit ainsi de restructurer les Chambres consulaires et de responsabiliser tous les citoyens, y compris les opérateurs, en matière de développement durable en vue d’améliorer la compétitivité de Madagascar dans le domaine de l’agro-business.

Navalona R.

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