Loi sur le développement industriel : Le ministère de tutelle prévoit une retouche

Jacaranda
« Il faut une mise en conformité de cette loi avec le plan de l’émergence », dixit le ministre Lantosoa Rakotomalala.

L’Alliance pour l’Industrialisation Durable de Madagascar ne s’y oppose pas.

Madagascar dispose pour la première fois de son histoire, une loi sur le développement industriel. Celle-ci a été validée par toutes les parties prenantes avec l’appui de la fondation allemande FES (Friedrich Ebert Stiftung), et ce, dans le cadre de long processus et de nombreuses démarches participatives et inclusives. En outre, cette loi a été votée à l’unanimité par le Sénat, le 13 décembre 2017 après une même appréciation à l’Assemblée Nationale. Les industriels n’attendent ainsi que son décret d’application pour sa mise en vigueur effective. De son côté, le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, prévoit encore une retouche de cette loi. En effet, « nous voulons apporter une certaine modification dans le but de la mise en conformité de cette de loi sur le développement industriel avec le programme IEM », a expliqué Lantosoa Rakotomalala, le ministre de tutelle, lors de l’ouverture officielle de l’atelier de validation du programme pays pour appuyer l’industrialisation de Madagascar hier à l’hôtel Ibis à Ankorondrano.

 35 millions USD. Cet atelier a été co-organisé par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat en partenariat avec l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel). « Ce document de programme pays constitue un document de soutien à l’émergence de l’industrialisation de Madagascar sur une période de 2019 à 2022. Il vise notamment à développer des secteurs émergents et des filières porteuses qui sont déjà redynamisées. Il y a ainsi des échanges entre toutes les parties prenantes, dont entre autres, les membres du secteur privé, les représentants de la société civile et les ministères concernés comme ceux en charge de l’Energie, de l’Aménagement du Territoire et de l’Enseignement Technique et Professionnel », a-t-elle fait savoir. Parmi les secteurs émergements, elle a soulevé notamment les entrepreneurs émergents, surtout les jeunes qui veulent se professionnaliser dans le domaine de l’industrie. « L’agro-industrie constitue également la base du développement industriel à Madagascar étant donné que, la transformation de nos produits agricole permettant de créer de la valeur ajoutée, reste encore insuffisante. Il faut savoir que ce programme pays a été initié depuis l’an dernier, mais on l’a ajusté maintenant pour une mise en conformité avec le programme IEM. Le financement nécessaire pour sa mise en œuvre est estimé à 35 millions USD. Environ 40% de ce fonds ont été identifiés. Nous allons ainsi mobiliser les bailleurs de fonds à travers la présentation de ce document plus consistant », a enchaîné le ministre Lantosoa Rakotomalala.

 Grandes lignes. Pour l’ONUDI, « l’appui à la validation de ce programme pays contribue au développement du secteur industriel à Madagascar. Nous tenons en compte les priorités de l’Etat et du secteur privé. Néanmoins, il y a déjà des projets en cours soutenus par cette organisation », a évoqué Vola Andriatahiana Rakotondrazafy, la représentante de l’ONUDI à Madagascar. Il s’agit entre autres, des projets relatifs au développement des sucreries, de l’industrie créative comme l’artisanat et l’électrification rurale qui sera lancée à Bongolava. En revenant sur la retouche de la loi sur le développement de l’industrie à Madagascar, le président de l’Alliance pour l’Industrialisation durable de Madagascar, Rivo Rakotondrasanjy, a exprimé qu’il ne s’y oppose pas. « Nous n’allons pas encore commenter étant donné que nous ne savons pas quelles seront les priorités du ministère de tutelle dans le cadre de la retouche de cette loi pour une mise en conformité avec le plan d’émergence de  Madagascar. Nous allons attendre sa concrétisation », a-t-il poursuivi. Rappelons que parmi les grandes lignes de cette loi figurent les incitations fiscales et non fiscales pour les industries naissantes, la mise en place du Fonds National pour le Développement de l’Industrie et de l’Agence nationale pour le développement de l’industrie. Il y a également l’installation de la Zone d’investissement industriel qui permettra aux industriels membres, de bénéficier d’abattements fiscaux. L’intégration des industries locales dans les chaînes de valeur et l’économie régionale, ainsi que les privilèges accordés aux industries qui produisent elles-mêmes leurs propres sources d’énergie, ne sont pas en reste.

Navalona R.

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