Diplomatie économique : Pour développer les filières bio vertes

Jacaranda
Les deux impétrants, Andry Ramilijaona et son binôme Hanta Raboanary.

Madagascar dispose d’un avantage comparatif quand on parle de capital humain et de la grande potentialité de terres arables permettant d’effectuer une exploitation à grande échelle ainsi que de l’existence de filières porteuses qualifiées de bio vertes.

Il s’agit entre autres, de la filière huile essentielle qui est maintenant très prisée sur le marché international. La Grande île ne détient qu’un pour cent part de ce marché alors qu’elle regorge près de 12 000 espèces de plantes aromatiques et médicinales. Parmi lesquelles, 70 espèces de plantes dont une quarantaine d’entre elles sont endémiques au pays, sont exploitables pour extraire des huiles essentielles. « Il faut ainsi renforcer la diplomatie économique pour permettre de développer les chaînes de valeur des filières bio vertes tout en promouvant la transformation afin d’assurer une industrialisation durableà Madagascar ». Ramilijaona Andry, Exécutive Manager de la société Funtana, spécialisée en matière d’aménagement extérieur et de commercialisation des produits du terroir, l’a expliqué lors de la présentation de son étude dans la spécialisation Diplomatie et Relations Internationales, la semaine dernière à l’Ecole Nationale de l’Administration de Madagascar (ENAM).

Capacité de négociation. Cette étude a pour thème « Projet d’orientation de la diplomatie économique vers le renforcement des chaînes de valeur pour l’industrialisation durable à Madagascar ». Pour ce faire, « une volonté politique s’impose en commençant par l’appui aux producteurs et aux opérateurs se lançant dans la transformation des huiles essentielles afin de répondre aux exigences du marché international tant en termes de quantité que de qualité. Nous suggérons ensuite le renforcement du statut de l’EDBM (Economic Development Board of Madagascar) pour que celui-ci se charge avant tout du contrôle du respect des normes tout au long des chaînes de valeur, à part l’attrait des investisseurs étrangers et l’amélioration du climat des affaires. Et au niveau international, toutes les ambassades de Madagascar, doivent avoir une bonne capacité de négociation économique dans le développement des échanges commerciaux afin que l’on puisse augmenter notre part de marché via l’exportation de nos produits transformés créant de la valeur ajoutée, dont les huiles essentielles », a-t-il soutenu. En outre, « une orientation de la diplomatie économique plus agressive est également de mise. Il s’agit notamment de l’application d’une nouvelle pratique diplomatique et du marketing diplomatique tout en mettant en place une référence nationale sur les normes » a-t-il enchaîné.

Félicitations du jury. Notons que Ramilijaona Andry a réalisé cette étude en collaboration avec son binôme, Hanta Raboanary, travaillant au sein du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche. Celle-ci a évoqué que les huiles essentielles de Madagascar sont connues pour leur qualité. « Le pays gagnerait sur toutes les lignes à renforcer la chaîne de valeur de cette filière bio verte depuis les organisations agricoles, en passant par le développement des unités de transformation locales jusqu’aux négociations sur le marché international qui nécessitent le renforcement de la diplomatie économique », a-t-elle souligné. A l’issue de la présentation de cette étude, les deux impétrants ont obtenu la validation des acquis en Hautes Etudes en Administration avec les félicitations du jury. Bref, l’Etat devra soutenir un tel projet pourvoyeur d’emplois et de recettes.

Navalona R.

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