Carburants : Baisse des coûts de référence de 475 ariary par litre, pas de hausse en juillet

Jacaranda
Laurent Rajaonarivelo, directeur général de l’Office Malgache des Hydrocarbures.

Aucune hausse de prix à la pompe ne sera appliquée pour ce mois de juillet, selon Laurent Rajaonarivelo, DG de l’OMH (Office malgache des hydrocarbures). Avec la nouvelle structure des prix, l’Etat a même bénéficié d’une baisse de 110 milliards  d’ariary de passif, selon ses explicatons. Interview.

Midi Madagasikara (MM). Le président Andry Rajoelina a annoncé le 20 juin dernier la baisse des prix à la pompe. Techniquement, comment est-on arrivé à cette issue ?

Laurent Rajaonarivelo (OMH). Vous savez que depuis 2016, on a déjà procédé, avec les pétroliers, à des négociations sur la nouvelle structure des prix. En juin 2019, on est finalement arrivé à trouver un terrain d’entente, dans une démarche consensuelle, dans une optique gagnant-gagnant. L’intérêt des consommateurs, la rentabilité des pétroliers et la suppression des subventions de l’Etat dans ce secteur d’activité sont les trois principes qui ont conduit cette démarche, et qui ont abouti  à un cocktail de mesures. Ce qu’on connaît  tous, ce sont les baisses de 100 ariary par litre pour l’essence, 150 ariary pour le gasoil et 500 ariary pour le pétrole lampant. Il faut noter que le pétrole lampant concerne environ 80% de la population et influe beaucoup sur le pouvoir d’achat. Mais outre ces baisses au bénéfice des consommateurs, d’autres mesures ont également été prises.

  1. Justement, comment est-ce possible ? S’est-on encore éloigné de la vérité des prix ou y a-t-il des concessions ?

OMH. Dans la nouvelle structure des prix, on a négocié pour la baisse des marges des pétroliers. Dans cette structure, il y a les facteurs conjoncturels comme le cours du baril de pétrole et la parité entre l’ariary et le dollar américain. Ensuite il y a les facteurs structurels comme les taxes, les redevances, etc. Dans ce volet, par exemple, le fret pour la tonne métrique est désormais réduit à 40 USD s’il était auparavant à 68 USD. La marge pour les pétroliers est fixée à 100 USD par mètre cube, contre 120 USD auparavant. Les frais de stockages au terminal de Galana sont désormais à 10,81 USD contre 18,7 USD auparavant. Pour les gérants de stations-service, on a maintenu leurs marges bénéficiaires à 20 USD par mètre cube. Ce maintient traduit une hausse de leurs gains, si l’on calcule en  ariary. Du côté de l’Etat et de ses organismes rattachés, des baisses des recettes perçues sont aussi appliquées, sauf pour le FER (Fonds d’entretien routier), qui a augmenté de +5 ariary par litre, pour assurer le financement des infrastructures routières. En bref, avec toutes ces modifications, on a réussi  à réduire les coûts, et donc le prix de référence, de 475 ariary par litre. En ce qui concerne la vérité des prix, il y a encore à l’heure actuelle un petit écart de 126 ariary par litre, entre les prix véritables et les prix appliqués. Mais comme on a gardé le système de lissage, cela sera compensé plus tard.

  1. Cela veut-il dire qu’il y aura bientôt une hausse des prix à la pompe ?

OMH. Non ! Pas pour ce mois qui vient. Cela dépend plutôt de l’évolution des différents facteurs que j’ai cités précédemment. Désormais, les prix à la pompe sont plus sensibles à la variation des cours mondiaux et de celle du taux de change. Suivant les calculs de départ, il est certain qu’il n’y aura pas de hausse de prix pour ce mois de juillet. De plus, outre la réduction des prix de référence, le stock de sécurité est aussi fixé à 45 jours de consommation, s’il était à 21 jours auparavant. Tout cela contribue à faciliter la stabilité.

  1. Des impacts de cette baisse de prix pourraient-ils se répercuter sur la qualité ?

OMH. Les normes sont de plus en plus strictes. Le fioul utilisé par les bateaux va baisser à 500 ppm, contre 3 500 ppm auparavant. Toutes les raffineries dans le monde vont suivre cette tendance. Pour l’association des raffineurs africains, dont nous sommes membres, cette fraction va baisser à 50 ppm pour l’essence et le gasoil. Ce qui traduit une amélioration de la qualité. Par ailleurs, la délocalisation des dépots est en vue pour Madagascar. Le pays dispose de 301 stations-service  actuellement. Ce chiffre sera très bientôt 307. Mais l’objectif lancé avec la nouvelle structure des prix est de couvrir tous les Districts pour une équité et pour que les consommateurs n’aient plus à acheter cher chez les spéculateurs. Au moins 40 nouvelles stations-service  seront donc créées dans les Districts. A cela s’ajouteront des aires de repos sur les routes nationales…

  1. Ces derniers temps, on parle beaucoup d’une nouvelle compagnie pétrolière qui pourrait entrer sur le marché. Est-ce exact ?

OMH. Jusqu’ici, non. La liste de ceux qui ont une licence est affichée sur notre site officiel et tout le monde peut y accéder. Il n’y a  aucune nouvelle compagnie pétrolière en vue pour le moment. La plus récente est la licence délivrée à la Jirama, le 26 avril 2019. Cela ne peut qu’améliorer la concurrence et suscitera certainement une réaction chez les pétroliers, car la Jirama peut maintenant importer directement, peut-être avec l’aide d’un partenaire de son choix. D’ailleurs, la nouvelle structure des prix s’applique également à la Jirama.

  1. Avec la baisse des marges, le secteur pétrolier en aval est-il encore intéressant à Madagascar ?

OMH. En effet, la marge des pétroliers est réduite à 100 USD par mètre cube si elle était avant à 120 USD. Mais dans d’autres pays d’Afrique, cette marge va jusqu’à 60 USD pour certains pays, et pourtant, des compagnies pétrolières sont toujours intéressées. Nous n’avons donc rien à craindre, en termes d’attractivité.

  1. Mais l’accès au marché est-il libre ?

OMH. Effectivement. Tout le monde peut demander une licence. Mais avant l’attribution, une étude technique et une étude financière d’éligibilité doivent être menées. Nous envoyons les résultats à l’Etat qui tranche à la fin.

Recueillis par Antsa R.

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3 Comments - Write a Comment

  1. Bravo Andry Rajoelina sy Vonjy Andriamanga ary izay rehetra niady ho an’io fidinan’ny vidin-tsolika io. Fantatray fa tsy mora.

  2. anisany mety hisian vidin solika midina ian koa ny fisian compagnie vaovao malagasy miditra aminy tontolon’ny fandrarana ara tsolika !! efa io mo zn zao ny jirama efa oav ny fanafarany mivantana ho fampiasany !! possible ny hisian vidim-piainana idina amzao ezaka sy zv mis retr zao !

  3. La baisse du prix du carburant affecte déjà le coût et stabilise l’inflation aujourd’hui! mais la plus gracieux ce que le gouvernement a pu procéder des investissements par l”anéantissement de subvention qui aurait du faire en faveur de la compagnie pétrolière.

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