Petites mines : Distorsions et laisser-aller dénoncés par les opérateurs locaux

Jacaranda
Des touristes étrangers règnent dans le secteur des petites mines, selon les opérateurs locaux

Les touristes étrangers sont plus avantagés que les opérateurs Malagasy, sur le marché local, depuis les carrières jusqu’à la revente aux exporatateurs. Une telle situation ne peut être envisageable dans d’autres pays, selon notre source.

Jamais un exportateur malgache – ayant sur lui le moindre gramme de pierre précieuse ou de pierre industrielle – ne pourrait circuler librement sans crainte à Bangkok ou en Allemagne. C’est ce que nous a confié un opérateur des petites mines, bien connu sous son pseudo Liva Texas, qui entreprend dans l’exportation de pierres précieuses et industrielles. « Il m’est arrivé de vivre cette expérience. On faisait tout pour éviter la police locale, car des agents sont postés partout, spécialement pour traquer les touristes étrangers qui font du business. C’est illégal là-bas comme ici, mais eux appliquent leur loi correctement. A Madagascar, c’est tout le contraire, depuis plusieurs années. Des Srilankais ayant le statut de touriste opèrent dans le secteur des petites mines. Ils sont partout sur l’avenue de l’indépendance pour spéculer, démarcher et jouer les intermédiaires, sans s’inquiéter de rien. Dans les carrières, ces étrangers entrent plus facilement que les petits opérateurs malgaches. Et pourtant, c’est contraire à la loi. Beaucoup de situations de ce genre doivent être corrigées. Avec ces nouveaux dirigeants qui sont déterminés à apporter le changement, nous avons tenté de rencontrer des responsables auprès du ministère des Mines pour exposer la situation réelle sur terrain, mais ces hauts responsables semblent encore être trop occupés. L’accès est très difficile et nous n’avons aucune réponse depuis trois mois », a affirmé Liva Texas.

Distorsions. Outre leur statut de touristes, ces étrangers spéculateurs sont également pointés du doigt comme étant les vendeurs de fausses pierres sur le marché local. Selon les opérateurs qui comptent bientôt créer une association, l’application de la loi en vigueur et la sortie du nouveau Code minier devraient régler tous ces problèmes. Par ailleurs, ils ont évoqué les difficultés d’envoi d’échantillions aux clients à l’étranger. « Cela coûte très cher, car il y a des charges fixes, forfaitaires que l’on envoie une petite échantillon ou des produits en grande quantité. De ce fait, les échantillions coûtent cher et découragent les acheteurs. La loi devrait favoriser et protéger les intérêts des opérateurs locaux. Nous savons tous que les petites mines occupent la plus grande partie des malgaches opérant dans le secteur minier. Il faut défendre cette grande majorité, car jusqu’ici, ce sont les étrangers qui règnent sur le marché. D’ailleurs, c’est la raison qui nous pousse à créer notre association », ont-ils soutenu. Bref, des changements sont attendus par ces petits opérateurs, dès la sortie et l’application du nouveau Code minier.

Antsa R.

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