Criminalité de pêche : 3 700 incidents enregistrés par « Spyglass »

« Spyglass » est un projet en cours d’étude initié par Ecotrust Canada sous la direction du docteur Dyhia Belhabib. Le but est de mettre en place une plateforme réunissant toutes les parties prenantes dont entre autres, les gouvernements, les départements de surveillance maritime et les ONG œuvrant pour la protection des richesses marines en vue de concentrer tous les efforts de surveillance sur les navires à haut risque afin de les sanctionner plus efficacement. « Mis en place en 2016, « Spyglass » couvre actuellement 79 territoires maritimes ou Zones Economiques Exclusives membres. On y partage la base de données disponible relative à la criminalité de pêche. On enregistre ainsi 3.700 incidents liés à la pêche illégale, non réglementée et non déclarée ainsi que les incidents liés aux trafics internationaux comme ceux de drogue ou ceux des personnes. « Ceux qui ont commis des infractions peuvent être des navires, des individus ou des compagnies maritimes », a expliqué Dr Dyhia Belhabib, directeur de l’Ecotrust Canada, lors de l’ouverture de l’atelier sur le « Spyglass », organisé par cette entité en collaboration avec le Centre de Fusion d’Informations Maritimes (CFIM) et le ministère en charge de la Pêche, hier à l’hôtel Le Louvre à Antaninarenina.

Liste noire. « Les navires battant pavillon chinois sont notamment les plus pointés du doigt d’autant plus qu’ils sont subventionnés, mais il y a aussi des navires européens qui font ce genre de criminalité liée à la pêche », a-t-elle rajouté. Pour renforcer sa sécurité maritime tout en promouvant son économie bleue, Madagascar s’intègre pour la première fois dans cette plateforme « Spyglass ». « Cette base de données que l’Ecotrust Canada va nous partager, constitue une forme de liste noire des navires ayant déjà commis des délits dans le monde. On y trouve entre autres, les types de crimes commis, les sanctions et l’identification des navires concernés, voire même leur équipage. Ces informations qui seront validées par tous les membres de la plateforme, constituent ainsi un outil efficace permettant aux autorités compétentes de mieux connaître un navire quelconque avant de lui délivrer une licence de pêche, entre autres », a fait savoir le Capitaine de Frégate, Randrianantenaina Jean Edmond, le directeur général du CFIM. Parlant des informations recueillies au niveau de la Zone Economique Exclusive de Madagascar, « les six bâteaux battant pavillon chinois qui ont été arraisonnés par l’Etat, ont commis un grand délit le plus important depuis ces deux dernières années. Ils ont été déjà sanctionnés. Ces navires chinois ont déjà quitté notre territoire maritime pour se déplacer au Cameroun. Ce pays est maintenant alerté grâce au « Spyglass ». « Il lui appartient ensuite de prendre une décision », a-t-il conclu.

Navalona R.

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