Forêt de Manombo : Reconnaissance internationale pour un guide de recherche

Jacaranda
Le guide de recherche, Faly Bernard Razafy, recevant son certificat « Wildlife Warrior ».

La Forêt de Manombo située à 27 km de la ville de Farafangana, dans la région Atsimo Atsinanana, est une forêt dense humide réputée pour ses espèces faunistiques et floristiques qui lui sont endémiques.

Elle regorge entre autres 19 espèces d’escargots et des espèces de lémuriens, sans oublier les différentes espèces de bois précieux comme le « Fantson’akoho », qui est une espèce emblématique de cette réserve spéciale. Celle-ci est destinée à la confection de pirogue. Un guide de recherche en la personne de Faly Bernard Razafy, n’a pas ménagé ses efforts pour protéger cette forêt de Manombo. « J’ai commencé à mener des activités de conservation depuis 1987. Ensuite, j’ai travaillé en collaboration avec le Groupe d’Etude et de Recherche sur les Primates (GERP) depuis juin 1993. J’ai accompagné tous les scientifiques nationaux et internationaux notamment des Américains, pour entreprendre des travaux de recherche dans la Forêt. Entre-temps, j’ai reçu plusieurs menaces de la part de mes compatriotes qui effectuent des exploitations illicites et de la déforestation dans cette forêt classée. Ils ont même incendié ma maison. Mais je n’ai pas baissé les bras pour la conserver. Les pressions sur la forêt commencent à diminuer », a-t-il témoigné.

Importance de la conservation. Ainsi, ses efforts ont été reconnus au niveau international. La preuve, « Houston Zoo, le 2e parc zoologique le plus visité aux Etats-Unis, a remis à Faly Bernard Razafy un certificat de reconnaissance « Wildlife Warrior ». Il a été sélectionné parmi de nombreux candidats », a expliqué le Pr Jonah Ratsimbazafy, le président du GERP lors d’une cérémonie de remise de ce titre honorifique hier à Fort-Duschène. Ils sont en tout, sept guides de recherche qui travaillent actuellement dans la forêt de Manombo-Farafangana. Mais quel est l’importance de la conservation de cette réserve spéciale ? – « C’est l’habitat naturel des lémuriens qui contribuent à la reforestation gratuite de notre forêt. Celle-ci permet entre-temps d’éviter le tarissement des sources d’eau. C’est un grand danger pour la population. On assiste déjà à la désertification de la forêt Est de Madagascar si aucune mesure n’est prise dès maintenant. La conservation de notre biodiversité contribue également à développer le tourisme dans le pays », a-t-il répondu.

Modèle. Par ailleurs, « Atsimo-Atsinanana est la 10e région la plus riche en ressources naturelles et ayant une forte potentialité en production de riz, de vanille, de café et de girofle à Madagascar. Cependant, c’est la région la plus pauvre dans le pays. Ce sont les collecteurs étrangers qui imposent les prix. Nous voulons changer tout cela, en mettant la Forêt de Manombo comme étant un modèle de conservation à Madagascar », a conclu le Pr Jonah Ratsimbazafy.

Navalona R.

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