Bataille sur les Iles éparses : Une raison économique avant tout selon Randy Donny

Randy Donny fait un tour des actualités économiques et politiques

Journaliste et Rapporteur Général du Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’état de droit (HCDDED), depuis 2018, Randy Donny nous livre ses impressions sur certains sujets brûlants dont la bataille sur les Iles éparses où la question économique occupe une place importante. Interview.

° Question : L’événement de cette semaine aura été les négociations autour des Iles éparses. Quelle lecture vous en faites ?

* Randy Donny : Ce n’est qu’un début. C’est comme un combat de boxe. Il y aura certainement plusieurs rounds. Ne croyez pas que la France va lâcher facilement les Iles éparses, même si elle sait pertinemment qu’elle n’a aucun droit de les garder. Il y a une raison économique : les Iles éparses recèlent 3 à 5 milliards de m3 de gaz et 6 à 12 milliards de barils de pétrole. Il y a aussi une raison stratégique : les Iles éparses se trouvent dans le canal de Mozambique qui voit passer 30% du trafic mondial des pétroliers, sans parler des porte-conteneurs. Enfin, il y a une raison géopolitique : les îles épares représentent 630.000 km2 de zones économiques exclusives de la France, la deuxième plus vaste du monde. Lâcher les Iles éparses équivaut donc pour la France à s’amputer d’une grande partie de sa superficie.

Ceci dit, Madagascar dispose d’un argument choc pour le retour des Iles éparses en son sein : la résolution des Nations Unies de 1979 qui « invite le Gouvernement français à entamer sans plus tarder des négociations avec le Gouvernement malgache en vue de la réintégration des îles précitées, qui ont été séparées arbitrairement de Madagascar« . J’estime que cela ne souffre d’aucune interprétation : les Iles éparses appartiennent bel et bien à Madagascar. Le décret français de 1960, qui a séparé « arbitrairement » les Iles éparses de Madagascar, ne peut être opposable ni à Madagascar, un Etat indépendant, ni à la Résolution des Nations Unies qui « réaffirme la nécessité de respecter scrupuleusement l’unité nationale et l’intégrité territoriale d’un territoire colonial au moment de son accession à l’indépendance ». L’Onu demande donc à la France  » de rapporter les mesures portant atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de Madagascar et de s’abstenir d’en prendre d’autres qui auraient le même effet et pourraient affecter la recherche d’une solution juste au présent différend« . Autrement dit, le débat sur la licéité de la souveraineté française  sur ces îles n’a plus lieu. La France veut seulement gagner du temps et chercher une porte de sortie honorable. C’est de bonne guerre, elle défend ses intérêts envers et contre tout. Ce que doit aussi faire Madagascar qui ne doit pas non plus céder d’une pouce. Le contraire serait faire preuve d’une légèreté avec des conséquences fâcheuses sur nos relations avec l’Onu qui nous apporte les Iles éparses sur un plateau d’argent. Après tout, si on n’est pas capable de gérer 43,2 km2, comment peut-on prétendre pouvoir développer 590.000 km2 ?

° Vous êtes membre du Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’état de droit (HCDDED), lequel est consignataire d’un communiqué conjoint, le 18 octobre 2019, recommandant l’arrêt du projet à Ambohitrimanjaka. Pourquoi cette décision ?

* Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un arrêt définitif, mais juste d’un stand-by, le temps d’aplanir les différends. Les cosignataires du communiqué ne sont pas contre le projet Tanamasoandro. Ils sont simplement soucieux d’état de droit, de « fihavanana » et de droits humains. Personnellement, j’ai déjà préconisé l’aménagement du Betsimitatatra en ville nouvelle dès 2005 (c’est sorti dans un journal et sur mon blog, c’est facile à vérifier), mais il faut le faire dans les règles de la bonne gouvernance. En France, pour moins que ça, on a abandonné le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et récemment, l’arrêt du projet EuropaCity qui aurait dû pourtant attirer 30 millions de visiteurs par an !

° Le président Andry Rajoelina a inauguré le premier KFC implanté à Madagascar. Ceci a été diversement interprété. Qu’en pensez-vous ?

* Je présume que la décision « d’envoyer » le président de la République inaugurer un fast-food était une décision mûrement réfléchie par ses conseillers. Cela rehaussera-t-il son image ou pas ? J’imagine la Présidence disposer d’un bataillon de coachs en communication, de spin doctors et autres storytellers qui contrôle ses moindres faits et gestes, comme cela se fait partout ailleurs.

Ceci dit, il faut savoir que ce KFC là fait partie d’un important groupe qui participe activement à l’essor économique du pays en générant des centaines d’emplois; même si, dans l’opinion publique , le KFC, c’est juste du bling-bling.

Propos recueillis par R.Edmond.

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4 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. @ngeda

    Ity ny teny gasy mazava tsara raha hilaina : ialahy mihitsy no tsy nahita fianarana ka tsy mahita havaly an’ i Ratsimbazafy hafatry ny ompa . Dinty ny ao anaty ny loha . Avoay ny hevitra raha manana ary aza mifoka rongony intsony fa tsy mety amin’ialahy ! Mazava ?

  2. – Ratsimbazafy t’es vraiment CON. Aminy teny Frantsay no hitondran’iela ny hevitr’iela, mba misaina ve iela mitondra ireo TENY mamao-fady ireo ? 25.000.000.- ( 25 Millions ) MALAGASY NO HOPAIN’IELA ataovy ao anatiny SAIN’IELA POKATY IO IZANY. Que soit maudit toi et ta Progéniture.

  3. Moi je dirais plutôt que quand on n’est pas capable depuis 69 ans de gérer 590 000km2 comment peut on gérer 43,2 km situes a 150/200 km accessible en pirogue ?

  4. Tous ces apprentis de la géopolitique ils étaient où depuis 1979 ? La résolution 34/91 des N.U en 1979 reste un avis et non une décision donc n’a pas de force exécutoire tant que le conseil de sécurité n’a pas été saisi à l’époque . Pr Raymond Ranjeva qui snobe la photo officielle des deux délégations à Andafiavaratra a montré une attitude pas très élégante pour un imminent juriste de notoriété internationale ! On connaît le Realpolitik ? La France ne va jamais opter pour la rétrocession . La cogestion est notre seule issue honorable pour l’instant . Sinon il faudrait aller à la cour internationale de justice à LA HAYE et préparer la guerre comme les Argentins pour les îles Malouines avec les Britanniques et on mettra en première ligne au front tous ces guignols comme James Ratsima, Mailhol , Arlette Ramaroson etc..

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