Chenille légionnaire : Découverte d’un biopesticide pour une lutte intégrée

Introduite à Madagascar pour la première fois en 2017, l’éradication de la chenille légionnaire d’automne s’avère difficile. Par contre, « on peut bien maîtriser ce fléau en menant une lutte intégrée. En effet, une équipe pluridisciplinaire constituée de chercheurs de la direction de la Protection des Végétaux, du FOFIFA et de l’Ecole Supérieure Agronomique, vient de découvrir des souches de bactéries permettant de formuler un biopesticide biodégradable contre cette chenille légionnaire d’automne. Il s’agit notamment de Bacillus thuringiensis qui ont été isolées dans un champs de café contenant une plantation de maïs à Vatomandry en vue d’une analyse en laboratoire de référence à l’étranger », a annoncé le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Lucien Ranarivelo, hier lors d’une conférence de presse.

Efficacité prouvée. Cela fait suite à la mise en œuvre du projet de coopération technique  qui s’intitule « Appui d’urgence à la mise en place d’un système de surveillance, riposte et contrôle intégrés de la chenille légionnaire d’automne à Madagascar ». C’est un projet mené de concert entre la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), et le ministère chargé de l’Agriculture. Ces souches de bactéries ont ainsi non seulement des effets insecticides spécifiques permettant de lutter contre cette chenille, mais elles améliorent également la nutrition des plantes tout en protégeant les plants de maïs contre les champignons pathogènes. En outre, elles ne nuisent pas à la santé des hommes et des animaux de bétails. « Son efficacité a été prouvée par les chercheurs, les universités et les techniciens du ministère. Un protocole pour la mise en place d’un système intégré est développé. Des expérimentations seront effectuées au cours de cette campagne de culture de maïs. La vulgarisation de ce biopesticide sera facile et accessible aux paysans compte tenu de son moindre coût. En effet, il suffit de mélanger ces souches de bactéries avec 50 grammes de grains de riz pour traiter une surface de 1ha, et ce, tout en installant des mini-laboratoires », a fait savoir le ministre de tutelle.

Autorisation spéciale. Notons que la production de maïs a chuté de 40 à 50% depuis ces deux dernières années en raison de l’invasion de la chenille légionnaire d’automne. « Ce qui a entraîné une hausse de prix du maïs sur le marché. Et une autorisation spéciale d’importation de maïs a été accordée pour combler la demande locale, sinon il y aurait eu des effets néfastes sur le secteur de l’élevage tributaire de ce produit pour la fabrication de provendes. Rappelons que la chenille légionnaire a été introduite dans la région Atsimo-Andrefana en 2017. Les autres pays d’Afrique comme le Mozambique et la Tanzanie ont été déjà touchés par ce fléau, il y a deux ans avant Madagascar. Maintenant, celui-ci couvre toutes les 22 régions de l’île », a-t-il enchaîné.

Sécurisation. Et à part la découverte de ce biopesticide biodégradable, une bonne pratique agricole est également vulgarisée aux paysans afin de mener cette lutte intégrée contre la chenille légionnaire. Il a été entre autres démontré que, le labour combiné à l’utilisation de semis en ligne et à l’application de fertilisants permet d’avoir des plantes plus tolérantes aux attaques de cette chenille. « Il est également préférable de cultiver à la fin du mois d’octobre ou au début de novembre pour faciliter son éradication. En revenant sur ce biopesticide, une coordination entre toutes les parties prenantes s’impose tout en assurant la sécurisation de ce résultat de recherche avant sa diffusion à grande échelle », a conclu le ministre Lucien Ranarivelo.

Navalona R.

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