Risques-pays : Madagascar améliore sa position et passe à la classe C de la Coface


Le développement des infrastructures de transports figure parmi les facteurs d’amélioration de la compétitivité de Madagascar en tant que destination des investissements directs étrangers.

La position extérieure de Madagascar s’annonce sous de bonnes perspectives. La Grande île n’est plus considérée comme un Etat fragile et sort également de la catégorie des pays à risques très élevés.

L’environnement politique et des affaires à Madagascar s’améliore.  La Compagnie française d’assurances du commerce extérieur  (Coface) le confirme dans la dernière mise à jour de son classement où Madagascar gravit un échelon en passant de  la classe D à la classe C

Reclassement

On rappelle que Madagascar était dans la classe D qui regroupe les pays à risques très élevés depuis 2016. Quatre ans après, la Grande île passe en C, la catégorie des pays à risques moyens. Une meilleure situation, indéniablement, puisque ce reclassement va contribuer au retour de la confiance des bailleurs internationaux et des investisseurs étrangers à l’endroit de Madagascar. Faut-il, en effet, préciser que la Coface  procède régulièrement à  des analyses de risques-pays et des évaluations qui permettent, d’une part,  d’estimer le risque d’impayé des entreprises d’un pays et, d’autre part, d’évaluer la qualité globale de l’environnement des affaires du pays. Grâce à l’expertise risques-pays de la Coface, 160 évaluations de pays sont  réalisées à partir de données macroéconomiques, financières et politiques. Actualisées régulièrement, les analyses de risques donnent une estimation du risque de crédit moyen des entreprises d’un pays. C’est un outil précieux qui indique l’influence potentielle d’un pays sur l’engagement financier d’une entreprise.

Croissance dynamique

Mais l’intérêt de ce classement Coface réside aussi dans le fait qu’il permette  aux observateurs internationaux d’avoir une meilleure appréciation de la situation qui prévaut dans le pays concerné.  Justement pour Madagascar, la situation évolue positivement selon la Coface. Et la stabilité politique qui règne dans le pays ainsi que les nombreux projets d’infrastructures y sont  pour beaucoup. « En 2020, la croissance resterait dynamique grâce à des plans d’investissements publics et privés ambitieux. L’investissement public sera stimulé par le Plan Emergence Madagascar 2019/2023, principalement financé par des bailleurs de fonds internationaux. La hausse de la confiance des entreprises, depuis l’investiture apaisée du nouveau président, permettrait d’attirer les investisseurs privés, notamment dans le cadre de partenariats public-privé (PPP) ». Ces acquis vont permettre à Madagascar de continuer les programmes avec les bailleurs de fonds traditionnels, dont le FMI.

Performances

Sur  ce point d’ailleurs, la Coface rappelle que  le pays est engagé depuis 2016 dans un programme du FMI, condition pour l’octroi d’une Facilité élargie de crédit sur trois ans de 347 millions USD (3 % du PIB). La FEC est actuellement arrivée à son  terme avec le dernier déblocage de sa sixième tranche d’un montant de 43,3 millions USD. Compte tenu des performances réalisées ces derniers temps, les négociations pour l’obtention d’une nouvelle FEC devraient normalement aboutir sur un  nouveau cycle de trois ans.  « Les négociations pour l’obtention d’une nouvelle FEC commenceront peu après (et devraient mener à la signature d’un nouvel accord dans l’année). À ce titre, le gouvernement poursuivrait les efforts de maîtrise des dépenses courantes et d’augmentation des recettes, notamment grâce à un contrôle renforcé de la valeur des importations et à une perception élargie de la TVA sur les projets d’investissement public. La réduction des subventions sur l’essence et sur les transferts financiers vers la Jirama (qui enregistre régulièrement des pertes) devrait également réduire les dépenses ».

Sans heurt

Et comme le programme avec le FMI est la condition  première des interventions des autres bailleurs, l’on peut s’attendre à de nombreux financements d’infrastructures pour le développement. Le ministre de l’Economie et des finances, Richard Randriamandranto, a rappelé sur ce point que Madagascar n’étant plus considéré comme un État fragile, le gouvernement peut dorénavant contracter d’autres financements semi-concessionnels auprès d’autres bailleurs de fonds.  De bonnes perspectives, en somme, pour le  régime Rajoelina, le premier depuis des décennies à avoir été installé sans heurt. « Déjà président de 2009 à 2014 suite à la crise politique de 2009, Andry Rajoelina a remporté l’élection présidentielle de décembre 2018 avec 55,6 % des suffrages exprimés. Après une campagne relativement paisible, son investiture a été la première sans heurt depuis des décennies. Les élections législatives de mai 2019 ont vu la coalition qui le soutient remporter la majorité absolue des sièges ».

R.Edmond.

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