PLAE V : Des approches pour régénérer des sols dégradés et déboisés


Lors du démarrage de la phase 5 du programme de lutte antiérosive.

Ce programme de Lutte Antiérosive dans sa phase 5 intervient dans six communes réparties dans les régions de Diana, Betsiboka et Boeny. 

L’érosion du sol reste l’un des principaux défis pour l’agriculture. La recrudescence de la déforestation et des feux de brousse, en raison de la pression démographique, en est à l’origine. En effet, plus de 80% des ménages à Madagascar utilisent encore le bois comme source d’énergie domestique. Une forte dégradation des sols est ainsi observée dans différentes régions de l’île. Et les bassins versants ne sont pas épargnés à cause de cette pression sur les ressources forestières. Face à cette situation, le Programme de Lutte Antiérosive dans sa phase 5 ou PLAE V intervient en menant diverses approches permettant de régénérer les sols dégradés et déboisés. Financé par la KFW (Banque de Développement Allemande) en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, ce programme s’étend sur la période de 2019 à 2023. Six communes réparties dans les régions de Diana, Boeny et Betsiboka constituent ses zones d’intervention.

Satisfaire les besoins en bois. Pour la première partie de ce programme qui s’étale sur la période de 2019 à 2021, il est prévu de restaurer des paysages et des forêts d’une superficie totale de 7 180 ha. Parmi lesquels, 1 140 ha feront l’objet de reboisement villageois individuel. Une première approche pour régénérer les sols dégradés. Ainsi, près de 1 824 000 jeunes plants seront mis en terre dans les six communes d’intervention du PLAE V. Il s’agit notamment de diverses espèces de bois de chauffage, de bois de construction ainsi que de bois pour la restauration des sols. L’objectif consiste à satisfaire tous les besoins à travers l’appui aux organisations paysannes. Ce qui permet de valoriser les sites dégradés grâce à ce reboisement villageois individuel tout en améliorant les sources de revenu des paysans.

Appropriation. L’établissement des forêts communales constitue une autre approche de mise en œuvre de la restauration des paysages forestiers. L’objectif de la première étape de ce programme est de reboiser une superficie totale de 1 200 ha par la mise en terre de 1 920 000 jeunes plants. A part la valorisation des surfaces dégradées, des forêts exploitées seront restaurées, et ce au bénéfice économique de la population dans les communes concernées. Notons que diverses essences seront utilisées pour éviter la monoculture qui pourrait constituer un risque pour les collectivités bénéficiaires. Il s’agit, entre autres, des espèces à croissance rapide ainsi que des espèces autochtones. Ces collectivités territoriales décentralisées disposeront ainsi de revenus à court terme grâce à la production rapide des sous-produits exploitables à partir de cinq ans. La lutte contre le changement climatique n’est pas en reste. Une élaboration participative d’un plan d’aménagement forestier s’impose en vue d’une appropriation par l’équipe communale et les citoyens de cette foresterie communale. Le PLAE V appuie d’ailleurs ces collectivités territoriales décentralisées pour une meilleure gestion durable et efficace de cette forêt communale.

Avantages de l’agroforesterie. Par ailleurs, ce programme continue à développer l’agroforesterie. Cette approche constitue l’une des plus anciennes méthodes de production agricole mais elle a été oubliée à cause de l’intensification de l’agriculture moderne. Le but consiste à aménager des sols en vue de contribuer à l’initiative pour la restauration des forêts et des paysages forestiers en Afrique (AFR100). Plus précisément, le programme prévoit de valoriser et mieux conserver les ressources naturelles sur une surface de 2 100 ha tout en améliorant les rendements pour les paysans durant cette phase pilote de 2019-2021. Il faut savoir que nombreux sont les avantages issus de l’agroforesterie. On peut citer, entre autres, la création d’un brise-vent, la diversification des productions, la rétention d’eau, sans oublier la lutte contre l’érosion et le stockage de carbone. Cela permet également d’améliorer les rendements de cultures vivrières si les rotations de culture sont respectées.

Sécurisation foncière. A part le secteur agricole, celui de l’élevage sera également touché par cette intervention du programme PLAE V. En effet, des zones de pâturage durable étalées sur une superficie totale de 1 155 ha seront améliorées pour un élevage sédentaire et durable. L’objectif consiste à développer une synergie entre l’agriculture, l’élevage et la foresterie pour atteindre une symbiose. La meilleure gestion de ces pâturages s’impose d’autant plus que des cultures fourragères y seront développées. Le système Himo (Haute intensité de main- d’œuvre) sera lancé dans le cadre de toutes ces approches en vue de créer des emplois locaux. Par ailleurs, le programme de lutte antiérosive dans sa phase 5 assure la sécurisation foncière des parcelles mises en valeur en vue de pérenniser et rentabiliser les investissements entrepris, et ce, en collaborant avec l’administration foncière. Il en est de même pour l’établissement des forêts communales. Chaque collectivité territoriale décentralisée concernée doit ainsi disposer d’un statut foncier propre à elle pour une immatriculation foncière.

Navalona R.

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