Vanille : De nombreux acteurs contre les prix de référence à 350 USD/kg 

« Les acheteurs vont se détourner vers d’autres pays producteurs concurrents si l’on insiste à vendre à 350 USD le kilo de la vanille», selon les exportateurs. (photo d’archives)

De nombreux acteurs, y compris la majorité des exportateurs de vanille, sont unanimes pour s’opposer à cet avis au public émis par le ministère en charge du Commerce le 25 février 2020 concernant les prix de référence de ce produit faisant l’identité économique de Madagascar. 

En fait, cet avis stipule que « après consultation des acteurs de la filière vanille de Madagascar, il a été concerté qu’à dater du mercredi 26 février 2020, les prix de référence pour la vanille de Madagascar se déclinent comme suit : le prix FOB de référence minimum pour la vanille à l’exportation est de 350 USD/kg tandis que le prix de référence sur le marché local pour la vanille préparée stabilisée est de 900 000 Ariary/kg ». De nombreux acteurs, y compris la majorité des exportateurs agréés, se disent être très étonnés  car ils n’ont jamais été consultés sur la détermination de ces prix de référence. « Sur quelle base a-t-on obtenu ces chiffres ? En effet, commercialement et techniquement parlant, il est tout à fait impossible de vendre de la vanille à ces prix là. Le cours mondial de la vanille s’élève actuellement aux alentours de 200 USD/kg. Aucun opérateur économique formel et rationnel n’ose ainsi effectuer une vente à perte, car cela ne reflète pas du tout les prix réels sur le marché, tant sur le plan local qu’international. A qui profite cette situation ? », se demandent-ils.

Surstock de 800 tonnes. Il faut savoir que les exportateurs de vanille ont du mal à trouver un contrat d’achat avec un prix de 250 USD/kg, selon leurs dires. Et ils ont ajouté que si l’on achète de la vanille verte à 900 000 Ar/kg auprès des planteurs, comment allons-nous alors l’écouler sur le marché international puisque les acheteurs n’acceptent que les prix avoisinant actuellement les 200 USD/kg ? Des importateurs de vanille sont du même avis qu’eux. « Imposer ces prix de référence à 350 USD/kg constitue une mauvaise décision car cela ne fait que pousser davantage les clients internationaux vers les autres pays producteurs concurrents comme la Guinée Papouasie, le Vietnam et l’Ouganda. Ce sera ainsi un grand danger imminent pour Madagascar », ont-ils prévenu. Notons que le ministère de tutelle a accepté de prolonger la date de clôture de la campagne d’exportation de 2019 -2020 jusqu’au 31 mai 2020 au lieu d’être le 31 mars 2020, suite à la demande des acteurs de la filière, et ce, par voie d’arrêté ministériel du 25 février 2020. Une décision louée par les exportateurs. Mais face à ce grand danger imminent qui plane sur Madagascar, et compte tenu de la baisse de la demande sur le marché international, ceux-ci réclament que cette campagne doit encore continuer. Ce qui permettra de liquider un surstock estimé à 800 tonnes en ce moment, sans compter la prochaine récolte qui s’annonce précoce pour cette année, et ce, moyennant les prix dictés par la loi de l’offre et de la demande.

Mesures drastiques. En outre, ces exportateurs soutiennent que la mauvaise qualité de la vanille exportée ces derniers temps a contribué à la dégringolade de son prix. D’aucuns reconnaissent que la forte fluctuation des prix de l’or noir ne convient à personne. Comme solution urgente, ces exportateurs formels ne cessent d’interpeller l’Etat à prendre des mesures drastiques pour éliminer, tout d’abord, les opportunistes nationaux et étrangers. « Des opérateurs de bois de rose se sont engagés à collecter de la vanille auprès des producteurs à des prix exorbitants sans se souciant des prix sur le marché international. En effet, ils font du blanchiment d’argent mais en toute impunité. D’ailleurs, ils n’ont aucune contrainte vis-à-vis de l’administration et des banques. A part cela, des étrangers qui viennent puis repartent après avoir pu exporter de la vanille, sans avoir accompli leur devoir fiscal, doivent être également surveillés. Il faut imposer à ces derniers une caution fiscale, entre autres, après l’obtention de leur visa long séjour », ont-ils évoqué. Rappelons que le Samifin (Service de Renseignement Financier de Madagascar a déjà dénoncé des déclarations d’opérations suspectes de blanchiment dans la filière vanille mais aucune suite n’a eu lieu.

De commun accord. En tout cas, « cet avis au public n’a pas du tout une force de loi, étant donné que ce n’est même pas un Décret. Mais si jamais l’Etat persiste à intervenir sur le marché en fixant ces prix de la vanille, cette décision unilatérale va à l’encontre du respect de la loi des marchés, basée sur l’évolution de l’offre et de la demande. Même les bailleurs de fonds ne vont pas cautionner cette forme d’interventionnisme déguisée de l’Etat. En outre, le rapatriement de devises sera compromis si le pays n’arrive pas à exporter avec ces prix de référence », d’après les explications d’un économiste. Par ailleurs, on a appris de sources informées que lors de la réunion entre certains opérateurs et le ministre du Commerce qui s’est tenue dernièrement dans la SAVA, il y aurait eu des propos assez violents dans les échanges entre ces opérateurs. Mais pour bien stabiliser le marché de la vanille, les acteurs de la filière suggèrent de fixer un prix de commun accord avec toutes les parties prenantes dont, entre autres, l’Administration, les opérateurs locaux et les acheteurs. Et ce, sur une période de trois ans, quels que soient le volume de la récolte et le cataclysme naturel enduré. Comme c’était le cas durant la 2e République où il y avait toujours des réunions permanentes entre ces parties prenantes. Ou bien, il faut respecter la loi du marché. C’est d’ailleurs la raison d’être du Comité national de la vanille que le ministère de tutelle entend mettre en place bientôt.

Navalona R.

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  1. Ity ary misy soso-kevitra izay mijery ny olana hatram’ny tena fotony.

    I. AXE ECONOMIQUE
    OS1 : Amélioration de la production de la vanille sur toutes les zones de productions à Madagascar,
    tant sur la qualité et la quantité
    OS2 : Structuration de la gestion associative et locale de la filière au niveau des producteurs et
    renforcement des structures existantes
    OS4 : Renforcer le suivi et faciliter la commercialisation de la vanille tant en session local et/ou en
    session exportation
    OS5 : Promouvoir le label « Made In Madagascar » pour la vanille de Madagascar
    OS6 : Adoption d’un juste prix et/ou d’un « minimum price » de la vanille verte et préparée
    OS7 : Assurer et sécuriser un marché pérenne pour les producteurs de vanille de Madagascar

    II. AXE ENVIRONNEMENTALE
    OS1 : Encourager et inciter les reboisements de masse dans les zones de production de la vanille
    OS2 : Assurer la contribution de la filière vanille dans l’autofinancement des Aires Protégées de
    Madagascar concerné par la filière
    OS3 : Réduire les pressions sur l’environnement dans les zones productrices de la vanille par la
    pratique d’une agriculture responsable et respectueuse de l’environnement

    III. AXE SOCIALE
    OS1 : Assurer la diversification des moyens de subsistances des producteurs de vanille les plus
    vulnérables
    OS2 : Aménager des diverses infrastructures hydrauliques et de forage dans les zones de
    production de la vanille
    OS3 : Favoriser l’entreprenariat local par les jeunes et valorisation des femmes producteurs
    OS4 : Inciter les acteurs du secteur privé dans la vanille à avoir une politique RSE cohérente aux
    réels besoins du pays et à y mettre en place pour ceux ne l’ont pas intégrés dans leurs stratégies de
    gestion d’entreprise

    IV. AXE POLITIQUE ET LEGISTIVE
    OS1 : Assurer l’implication inclusive et totale de l’Etat Malagasy dans la gestion et le suivi de la
    filière vanille sur le plan agronomique, économique, sociale et politique
    OS2 : Assurer l’accessibilité, la compréhension et l’application des textes et lois par tous sans
    exceptions Malagasy ou étrangers, civils ou militaires et dans tous les professions
    OS4 : Assurer la mise en cohérences des différents textes et lois, avec les contextes mondiaux,
    nationaux et locaux de la filière vanille sur le plan agronomique, économique, sociale et politique

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