Pénurie de masques dans la capitale : Des dispositifs artisanaux se vendent de 1 500 à 3 000 ariary au marché noir

Jacaranda

Des familles et des particuliers se sont improvisés en fabricants de masques pour se protéger contre le COVID-19. Une façon pour eux de ne pas chômer durant la période de confinement. Quoi qu’il en soit, leur produit est loin d’être aux normes du masque FFP2, recommandé dans la lutte contre le coronavirus.

A quelque chose, malheur est bon ! La capitale malgache connaît actuellement une situation de pénurie de masques permettant de se protéger contre le COVID-19. La situation est la même auprès des pharmacies, où l’on constate une rupture de stocks. Si les pharmaciens affichent un air désolé à chaque fois que des Tananariviens demandent le dispositif, des esprits malins ont trouvé en la situation une opportunité d’affaire à saisir. Des familles et des particuliers se sont improvisés en fabricants de masques devant permettre de se protéger contre le COVID-19. Une solution de fortune devant rassurer les pères et mères de famille à la recherche du dispositif de protection qui n’hésitent pas une seconde à s’en procurer au prix de 1 500, 2 000 et 3 000 ariary suivant la sophistication du produit. Sur l’avenue d’Analakely, à Antanimena, à Soarano, à Ampandrana ou encore à Mahamasina, des vendeurs à la sauvette proposent des masques « fait-maison ». Ces derniers sont en majeur partie fabriqués avec du tissu et des élastiques. D’autres fabricants en sont même arrivés à produire des masques disposant de mécanismes permettant de remplacer les « filtres » qui sont généralement des tissus ou encore des bouts de mouchoir à usage unique. 

Libres. Et les arguments marketing ne manquent pas pour écouler le plus de produits. Lavables, faits en coton ou économiques, quelques exemples de qualificatifs utilisés par les personnes qui se sont improvisés fabricants de masques afin d’attirer plus de clientèle. Interrogée sur d’éventuelles poursuites des forces de l’ordre ou du ministère de la Santé publique, une vendeuse de Soarano qui a préféré taire son nom affirme « apporter son aide et se joindre aux efforts menés par l’Etat afin d’endiguer l’épidémie ». « Vous voyez comme moi qu’il y a beaucoup d’agents de polices, des éléments des forces armées qui circulent en permanence ici. À aucun moment donné ils ne nous ont empêché de vendre ces dispositifs. Au contraire, ils nous ont félicité pour notre action ». Il y a tout de même une chose. À raison d’une dizaine de masques par jours, les fabricants et marchands de masques ne chôment pas en pareille situation. Jusqu’ici, rien ne garantit que les masques exposés le long des rues et ruelles de la Ville des Mille sont imperméables à une éventuelle contamination du COVID-19. Si l’Etat s’est fixé comme objectif d’appuyer des entreprises malgaches à produire des masques, il serait également judicieux qu’il prenne en compte ces nouvelles activités. Ce, afin d’éviter de victimiser davantage les citoyens malgaches. Sachant que les activités en question sont le fruit de la situation qui prévaut actuellement. 

José Belalahy

Un exemple de masque fait-maison proposé par un marchand du côté de l’avenue d’Analakely.

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