Filière riz : Mise en place d’un stock stratégique

Alaotra Mangoro a besoin de 4 600 moissonneurs en provenance de Vakinankaratra pour assurer la récolte de riz.

La moisson de riz dans la région Alaotra Mangoro, qui  constitue l’un des greniers à riz de Madagascar, s’annonce bonne pour cette campagne de production 2019-2020, et ce, malgré  la crise sanitaire qui prévaut dans le pays. 

En effet, « le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, estime une quantité de 540.000 tonnes de production de paddy pour cette campagne de grande saison 2019-2020, contre une quantité d’à peu près 500.000 tonnes pour la campagne précédente. Soit une hausse de l’ordre de  40.000 tonnes de paddy », a expliqué Randriampeno Zaka, le directeur régional de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche à Alaotra Mangoro. « Certes, environ 6.000 ha de rizières ont été submergés par l’eau suite aux fortes intempéries qui ont affecté la région Alaotra Mangoro au début de cette année, mais la récolte s’annonce bonne pour cette campagne. En effet, les exploitants rizicoles ont pu récupérer 5.000 ha pour rattraper la culture de riz, et ce, grâce à l’appui d’urgence du ministère de tutelle en matière de fournitures de semences améliorées. D’autant plus, d’autres producteurs ont effectué une extension de leur superficie d’exploitation notamment en riz pluvial. Ce qui explique cette augmentation de la production de riz dans l’Alaotra Mangoro », a-t-il poursuivi.

Besoin de 4 600 moissonneurs. Et en raison de la pandémie de Covid-19 qui affecte de nombreux pays dans le monde, « nous prévoyons de mettre en place un stock stratégique de riz sur tout le territoire national pour faire face aux éventuelles perturbations au niveau des importations de ce produit de première nécessité », a déclaré le ministre de tutelle, Lucien Ranarivelo, lors de la prémisses de riz à Amparafaravola, samedi dernier. Et lui d’ajouter que, ce stock stratégique sera constitué en étroite collaboration avec les collecteurs locaux tout en se souciant de l’intérêt des producteurs et en protégeant les consommateurs au niveau de la détermination des prix. Il est à noter que le prix actuel du paddy à Alaotra Mangoro s’affiche aux environs de 700 ariary le kilo. « Ce n’est pas du tout incitatif pour les producteurs. En effet, ce prix n’est pas rentable comparé à notre coût de revient », a fait savoir un opérateur rizicole d’Ambatondrazaka, qui affirme également avoir obtenu une hausse de sa production pour cette campagne rizicole, et ce, l’ordre de 25% en général. A titre d’illustration, bon nombre d’exploitants rizicoles font venir des moissonneurs en provenance des autres régions notamment de Vakinankaratra pour effectuer la récolte et le battage de riz sur leurs champs. Alaotra Mangoro a besoin de 4.600 moissonneurs pour assurer la récolte de riz. Une première vague de 1.098 ouvriers agricoles y sont déjà à pied d’œuvre depuis le début de ce mois. « Et il faut payer entre autres 80.000 ariary et trois à cinq « vata », un récipient de 15 kg de paddy comme rémunération d’une équipe de 5 à 10 moissonneurs qui travaille sur un hectare. D’autres exploitants agricoles les emploient non seulement pour faire la coupe au moment de la récolte mais aussi pour le battage », a-t-il enchaîné.

Conservable pour une longue durée. Il faut savoir également que les producteurs dans la région d’Alaotra Mangoro ont l’habitude de mettre en meule de la récolte pendant une semaine avant de procéder au battage du riz. « Ce qui permettra de fortifier les graines tout en réduisant le taux d’humidité à 11%. Notre production rizicole est ainsi conservable pour un stockage de longue durée comparée à celles des autres régions », d’après toujours les explications de cet opérateur local. Ce qui facilitera dans ce cas la constitution d’un stock stratégique de riz local. Rappelons que plusieurs variétés de riz sont exploitées dans cette région productrice. On peut citer entre autres, le « Makalioka », le « Dista », le « Tsemaka » et les  variétés de FOFIFA.  Et au niveau des consommateurs, force est de reconnaître que la production de riz de variétés locales, notamment celui en provenance d’Ambatondrazaka et d’Amparafaravola inonde actuellement le marché de la Capitale. Le prix du kilo de ce produit de première nécessité s’affiche aux alentours de 2.000 ariary et 2.100 ariary. En tout cas, « aucune pénurie en riz n’est à craindre pour cette année », rassure le ministre de tutelle, Lucien Ranarivelo.

Navalona R.

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