Relance post-Covid : 5 320 milliards d’Ariary d’investissements pour atteindre l’émergence, selon le CREM

La crise de la pandémie de Covid-19 doit représenter une opportunité de croissance pour Madagascar, selon les membres du CREM.

Les pays de l’Afrique Subsaharienne s’attendent à une récession économique, suite à la crise du Covid-19. Cependant, Madagascar peut considérer cette crise comme une grande opportunité, selon le CREM, dans sa proposition d’une politique de relance.

A l’image des pays développés qui ont profité des périodes de crise mondiale, Madagascar peut profiter de la crise actuelle de la pandémie de Covid-19, pour accélérer le processus d’émergence. Tels sont les propos avancés par le CREM (Cercle de Réflexion des Économistes de Madagascar), lors d’une séance de présentation organisée au Sénat à Anosy. Durant cette rencontre avec les sénateurs, cette association d’experts a souligné que l’Etat doit intervenir, pour appuyer le secteur privé et favoriser la production nationale. Pour cette fois, les économistes ont mis un accent sur le financement des investissements à court et à moyen termes. « Dans les deux mois, c’est-à-dire à court terme, l’Etat doit financer le secteur privé pour amorcer la relance des activités économiques productives. Cela peut se faire à travers les canaux de transmission, de la Banque Centrale (BFM) au Trésor Public. Depuis quelques semaines, l’Etat a déjà mis en œuvre une politique monétaire dans ce sens, mais dont la mise en œuvre passe par les banques primaires privées. Il s’agit du taux bonifié censé favoriser l’accès aux crédits pour les entreprises sélectionnées par les banques. Ces entreprises bénéficieront de prêts des banques primaires avec un taux d’intérêt annuel aux environs de 9%. Cette mesure constitue déjà un pas en avant. Mais pour le CREM, les impacts de chaque Ariary investi seraient meilleurs, si le processus ne passait pas par les banques privées », a indiqué Dr Rado Ratobisaona, membre du CREM.

Contrôles stricts. Pour sa part, l’économiste Dr Rakoto David, également membre du CREM, a affirmé que les financements dédiés à promouvoir les activités productives doivent être alloués à travers des marchés publics, mais qui concernent des activités de production ou d’investissements dans les infrastructures. « Nous savons que la corruption reste très forte au niveau des marchés publics. Il faut donc un nouvel organe de contrôle qui peut appliquer des sanctions sévères et exemplaires. Il faut établir une liste noire des entreprises qui font des pratiques frauduleuses ou des actes de corruption. Cette liste noire doit être publiée pour une transparence et les entreprises qui y figurent ne doivent plus participer à des appels d’offres pendant une période déterminée. De même au niveau de l’Administration. Des contrôles stricts doivent se faire pour mettre fin à la corruption, car ce problème ne se réglera pas tout seul », a expliqué l’économiste.

Fonds national. A moyen terme, le CREM préconise la mise en place d’un Fonds pour financer les investissements. « Madagascar doit investir au moins l’équivalent de 10% de son PIB (Produit intérieur brut), dans le but d’atteindre une croissance de 8% à 10% et basculer ensuite dans une croissance à deux chiffres, condition de l’émergence économique », d’après Dr Rakoto David. Ces investissements publics et privés nécessaires pour garantir l’émergence s’élève donc à 1,4 milliards USD, soit environ 5.320 milliards d’Ariary. Pour favoriser les investissements privés, le CREM propose la création d’un Fonds qui sera approvisionné par les dividendes perçues par l’Etat dans ses activités de placements en tant qu’actionnaire, et avec les divers placements à la CNaPS, auprès des assurances, à la Caisse d’épargne, etc. Ce fonds sera également renforcé par les redevances minières, et les financements des banques d’investissements étrangers, qui ont le même objectif que Madagascar. Cependant, l’Etat doit être majoritaire dans ce Fonds, selon le CREM. Bref, la Grande Ile doit créer sa banque de développement, pour soutenir les activités productives, sources de création de richesses.

Antsa R. 

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Les chiffres font mal aux yeux et mal à la tête..Nos élites doivent voir la réalité et la capacité du pays d’abord puis aller chercher des fonds ailleurs et penser à limiter le taridrano ankilahila…Je constate que les produits bio en provenance de notre pays sont très recherchés : les huiles essentielles, le vary mena, le makalioka,les papaye…Si vous savez à quel prix coûte ces produits sur le marché mondial alors vous direz changeons de cap :arrêtons de creuser les mines qui ne feront que detruire notre tanindrazana, arrêtons d’être de simples consommateurs du marché mondial… Ce qui m’intrigue c’est que nos économistes ont surement dû etudier l’économie rurale…Arrêtons d’être mendiants et singes s’il vous plaît..Une crise peut changer les donnes..

  2. Enfin, enfin une photo acceptable pour midi-madagascar.

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