Impact du covid-19 : 80% des femmes entrepreneurs n’arrivent pas à payer leurs charges fiscales

Les dirigeantes des différents groupements des femmes entrepreneurs à Madagascar.

Les groupements professionnels dirigés par les femmes entrepreneurs à Madagascar, tels que le GFEM, l’EFOI, le FOM et le WTAM, réclament à l’Etat une aide adaptée à leurs besoins.

Plus de 20% des entreprises formelles recensées à Madagascar sont dirigées par les femmes. « Mais la majorité d’entre elles sont actuellement confrontées à des difficultés en raison de l’impact de la crise sanitaire qui sévit dans le pays. Nous saluons les nouvelles décisions prises par l’Etat en faveur du secteur privé en général pour ne citer que l’octroi de financement d’une valeur de 40 milliards Ar à taux bonifié. En revanche, nous réclamons une aide adaptée à nos besoins dans le cadre de la mise en œuvre d’un plan de relance économique après cette pandémie de covid-19», a évoqué Harilala Ramanantsoa, la présidente de l’EFOI (Entrepreneurs Femmes de l’Océan Indien) lors d’une conférence de presse conjointe hier à l’hôtel Palissandre à Faravohitra. En effet, « plus de 80% des femmes entrepreneurs n’arrivent pas actuellement à payer leur fisc étant donné qu’elles ont d’autres charges à régler dont entre autres, le paiement du loyer à part le règlement des salaires des employés. Et près de 50% des entreprises dirigées par les femmes ont dû procéder au chômage technique à cause de cette situation d’exception alors que nous créons en tout plus de 10 000 emplois directs», a poursuivi, Fanja Razakaboana, la présidente du GFEM (Groupement des Femmes Entrepreneurs de Madagascar).

Besoins non identiques. A part cela, « des entreprises sont même en cessation d’activité. Raison pour laquelle, nous revendiquons un soutien adapté à nos besoins de la part de l’Etat pour que les efforts entrepris depuis ces dernières années en collaboration avec celui-ci et les partenaires techniques et financiers, ne soient pas en vain », a soulevé Fyonah Tsiranana, la présidente de FOM. Et elle a enchaîné que diverses solutions sont déjà proposées. « Parmi lesquelles, la mise en place des silos communautaires, et des infrastructures de stockage des produits de première nécessité, s’avèrent prioritaires. La mise en relation directe avec les producteurs et les fournisseurs des produits est également importante en vue de bien réguler le commerce », selon ses dires. Force est également de reconnaître que les entreprises dirigées par les femmes touchent différents secteurs d’activité. On peut citer, entre autres, l’artisanat, l’agriculture, l’élevage et la pêche ainsi que le tourisme. « La plupart d’entre elles sont constituées de micro-petites et moyenne entreprises (MPME), pour ne citer que les épiceries. Nous nous engageons ainsi à porter leur voix car il pourrait y avoir des lobbyings lors de la prochaine rencontre entre l’Etat et le secteur privé. En effet, les besoins de chaque entreprise issue de différents secteurs comme la zone franche, l’industrie et le commerce, ne sont pas identiques », tient à préciser Harilala Ramanantsoa.

Une perte de 40 000 emplois. Et parlant du secteur du tourisme, en particulier, Irène Andrèas, la présidente de WTAM ou Réseau des femmes responsables pour le développement du tourisme, a fait savoir que ce secteur pourvoyeur de devises est complètement anéanti. « Plus de 60% de personnes travaillant dans le tourisme sont composés de femmes. Cependant, une perte de 40 000 emplois est actuellement enregistrée à cause de cette crise sanitaire. Il ne faut pas non plus négliger l’interdépendance de tous les secteurs d’activité. A titre d’illustration, on ne peut pas proposer des offres touristiques sans le développement du secteur agricole, du métier de guide, du secteur de transport et surtout des femmes entrepreneurs. C’est pourquoi, nous demandons de l’appui particulier de l’Etat en matière de formation et d’allègements fiscaux, entre autres, pour relancer le secteur », a-t-elle expliqué. En dépit de tout cela, ces groupements professionnels dirigés par des femmes entrepreneurs ont manifesté leur volonté de contribuer à la réalisation de la vision de développement de l’Etat. « Il y a certes des projets soutenus par l’Etat pour faire face à la crise sanitaire comme la production de masques de protection en tissus dans le secteur textile, mais peu d’entreprises ont en tiré d’avantages. En ce moment, le pays a un grand besoin en vêtements médicaux et accessoires y compris l’EPI. Il ne faut pas se concentrer sur les importations de ces produits car les entreprises locales peuvent en satisfaire. D’autant plus, cela permettra de consommer le « Vita malagasy ». Entre temps, nous adhérons aux propositions lancées par le secteur privé pour relancer l’économie nationale », a conclu Fanja Razakaboana, la présidente de GFEM.

Navalona R.

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. Miarahaba ireto vehivavy mpandraharaha isan tsokajiny .
    Rariny ianareo raha mitaraina ,saingy efa nisy ezaka nataon’ny mpitondra ho anareo ,koa azafady raha somary mahery ny teniko hoe tendakanina loatra ianareo ,ary aza adino fa mbola maro koa no tsy nahazo na ny ariary aza .

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