AFD-Afrique : 1,2 milliards d’euros pour l’initiative “Covid-19 – Santé en commun”

En juin dernier l’AFD a accordé un appui à l’administration pénitentiaire malgache pour une meilleure protection des détenus face à la pandémie de Covid-19.

Avec l’initiative « Covid-19 – Santé en commun », lancée le 2 avril dernier, l’AFD s’est engagée à mobiliser 1,2 milliard d’euros d’ici à septembre 2020.

Trois mois seulement après son lancement, l’initiative a déjà permis de financer 29 projets en réponse à la pandémie de Covid-19, répartis dans 23 pays africains, pour un total de 512 millions d’euros, dont 57 millions d’euros de dons et 455 millions d’euros sous forme de prêts à des États et des banques publiques de développement partenaires de l’AFD.

Team Europe

Cet engagement s’inscrit dans le cadre du programme « Team Europe » déployé pour soutenir les pays partenaires dans la lutte contre la pandémie de coronavirus et ses conséquences sanitaires, économiques, sociales et environnementales. Cette initiative a, entre autres objectifs,  de soutenir les institutions locales dans la détection de la pandémie.  Pour éviter une propagation du virus sur le continent, les premières subventions de l’initiative ont été dédiées à des projets d’équipements de laboratoires, de renforcement de leurs capacités de détection, d’analyse de production de tests peu onéreux etc. Ainsi, 12 millions d’euros ont été accordés à des partenaires reconnus, parmi lesquels cinq établissements du réseau des Instituts Pasteur.  Il s’agit  également pour l’AFD de participer au financement des plans de riposte des pays sahéliens partenaires et qui s’est concrétisé par un appui de 20 millions d’euros aux plans de riposte en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso et au Tchad. Ainsi, au Burkina Faso, sept millions d’euros ont été engagés pour permettre au gouvernement burkinabè de répondre à l’urgence sanitaire. L’initiative « Covid-19 – Santé en commun » prévoit, par ailleurs  un milliard d’euros de prêts aux gouvernements et banques publiques de développement du continent. Ainsi, au Rwanda, le gouvernement a bénéficié d’un prêt de 40 millions d’euros pour répondre aux besoins de financement des volets sanitaires et sociaux de son plan de réponse à la pandémie.

Choose Africa

Le secteur privé africain qui subit les conséquences économiques de cette pandémie concentre également les appuis de la BAD. Les petites et moyennes entreprises (PME) du continent sont les premières et les plus durement impactées, alors qu’elles représentent 60 % des emplois formels et contribuent à environ 40 % des PIB nationaux.  Le groupe AFD, via sa filiale Proparco, a maintenu son programme « Choose Africa », lancé en mars 2019, destiné à soutenir les entrepreneurs. Cet engagement contribue à la préservation des emplois et à la participation des entreprises aux économies locales.  Des solutions financières ont ainsi été proposées à ses clients, principalement des PME (prêts, garanties, fonds propres et subventions). Au-delà de ce soutien financier, Proparco accompagne ses partenaires en matière de gouvernance, de risques financiers et de protection des emplois dans des secteurs fragilisés par la crise (l’agro-industrie, le tourisme, l’éducation etc.). Ainsi, avec « Choose Africa », Proparco a déjà engagé 1,3 milliard d’euros de financement depuis son lancement. Ce programme a permis de soutenir plus de 5 600 entreprises et de maintenir ou créer plus d’un million d’emplois directs et indirects. Parmi les projets financés en réponse à la pandémie, Proparco a signé en mai un accord de prêt de 10 millions d’euros au groupe Cofina au Sénégal et en Côte d’Ivoire, afin de soutenir l’inclusion financière des PME et du secteur informel.

Banques partenaires

Enfin, le groupe AFD accompagne des banques publiques de développement partenaires, notamment africaines, dans une logique de réponse durable aux crises économique et sociale. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a par exemple reçu un prêt de 175 millions d’euros pour participer au financement des plans de relance des États-membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Aujourd’hui le volume d’activité de ces institutions représente 2 300 milliards de dollars par an, soit 10 % du montant annuel des investissements dans le monde. Ainsi, les banques publiques de développement sont plus aptes que jamais à favoriser la réconciliation entre les réponses à court terme face aux crises liées à la Covid-19 et les solutions pour un développement durable à long terme.  Les banques publiques de développement peuvent favoriser les changements institutionnels et offrir des débouchés économiques indispensables à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). C’est dans cette optique que 450 banques publiques de développement se réuniront pour la première fois à Paris, le 12 novembre prochain, dans le cadre du Sommet « Finance en commun », en marge du Forum de Paris pour la paix.

Recueillis par R.Edmond

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