Aires Protégées : Vers un délogement des occupants illicites et des planteurs de cannabis

Le taux de perte de la couverture forestière au niveau de la réserve naturelle intégrale de Tsaratanàna a augmenté de manière inquiétante.

La Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) a accordé un fonds d’intervention spécial aux deux aires protégées gérées par Madagascar National Parks, à savoir l’aire protégée de Midongy du Sud et la réserve naturelle intégrale de Tsaratanàna.

Ce fonds permettra à l’unité de gestion de ces aires protégées de réaliser des missions de brigades mixtes pour le délogement des occupants illicites et des planteurs de cannabis à l’intérieur de ces parcs nationaux, a-t-on appris. Pour le cas de la réserve naturelle intégrale de Tsaratanàna, entre autres, la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a des retombées négatives sur l’économie locale. A titre d’illustration, les prix des produits de rente ont connu une baisse faute de preneur. Face à cette situation, la population riveraine se livre au trafic de cannabis, d’après toujours les informations publiées par la FAPBM. Ce qui favorise l’accroissement du nombre des occupants illicites à l’intérieur de cette aire protégée, intensifiant les défrichements et les feux. Selon les alertes satellitaires récentes provenant du GLAD (Global Land Analysis and Discover), le taux de perte de couverture forestière au niveau de la réserve naturelle intégrale de Tsaratanàna a augmenté de manière inquiétante dès le début de cette année 2020. Cela s’est aggravé depuis le début de la crise sanitaire.

Sécurisation. Parlant de l’aire protégée de Midongy du Sud, le Fonds d’Intervention Spécial alloué par la FAPBM servira à renforcer les activités de surveillance à l’intérieur de ce parc national. En fait, les agents de ce parc ont réduit leurs activités en ne faisant plus que la surveillance par patrouille, le suivi des feux et le suivi écologique en raison de la diminution des fonds de Madagascar National Parks. Cela résulte notamment de l’absence de recettes due à la fermeture des aires protégées aux visiteurs depuis le début de la propagation du Coronavirus à Madagascar. Des occupants illicites profitent ainsi de la grande superficie de cette aire protégée pour effectuer des défrichements en vue de cultiver du riz pluvial. Les dégâts causés par ces défrichements sont énormes et le gestionnaire du parc ne dispose pas des moyens financiers nécessaires pour faire face à ces pressions d’envergure, a-t-on soulevé. Raison pour laquelle la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar a accordé ce Fonds d’Intervention Spécial à l’unité de gestion de ces deux aires protégées en vue de renforcer la sécurisation des parcs nationaux.

Soutien supplémentaire. Il est à noter que le FIS constitue un soutien supplémentaire apporté par la Fondation aux aires protégées en réponse à cette crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Ce fonds permettra aux gestionnaires des parcs nationaux de faire face aux situations imprévisibles qui, en l’absence d’actions, engendrent une perte de la biodiversité ou remettent en cause les activités de conservation de l’équipe de gestion de l’aire protégée. Il s’agit, entre autres, d’un support pour cette dernière afin de mieux préserver l’intégrité écologique du parc. Tous les gestionnaires des aires Protégées peuvent ainsi soumettre une demande auprès de la FAPBM pour pouvoir bénéficier de ce FIS. A ce sujet, aucune périodicité n’est fixée pour le dépôt de cette demande à condition de pouvoir justifier le caractère urgent, imprévisible et ponctuel de la situation, a-t-on conclu.

Navalona R.

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