Utilisation des fonds contre le Covid-19 : La transparence, encore et toujours réclamée par la société civile

Le CCOC réclament l’accès aux informations concernant les fonds dédiés à la lutte contre la pandémie de Covid-19 à Madagascar.

Le respect de la transparence et de la redevabilité devrait être naturel chez les dirigeants qui cherchent à appliquer la bonne gouvernance. Hier, le CCOC a envoyé une lettre ouverte à la CCO Covid-19, pour réclamer cette transparence sur les marchés publics.

 Ce n’est pas la première fois que la transparence dans l’utilisation des financements de la lutte contre le Covid-19 est critiquée. Malgré les diverses interpellations, le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) n’est pas encore satisfait. Celui-ci a adressé une lettre ouverte au Centre de commandement opérationnel (CCO) – Covid-19, pour réclamer la transparence sur les marchés publics et le financement de la lutte contre la pandémie. « En ces périodes troublées par le Covid-19, la confiance citoyenne est essentielle pour une meilleure appropriation par la population des mesures permettant d’éradiquer la pandémie. Tous les acteurs de la Nation sont persuadés que cette confiance ne peut se gagner que par la transparence et la redevabilité des gouvernants par rapport à toutes ces décisions et mesures prises. A cet effet, nous, Organisations de la Société Civile (OSC) impliquées dans la promotion de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance, apportons notre part dans l’instauration de cette confiance en retraçant les allocations dédiées à la lutte contre le Covid-19 selon leurs sources ; en mettant en place un mécanisme de suivi jusqu’au niveau local, des passations de marchés publics et des allocations aux bénéficiaires, notamment des programmes Tosika Fameno, Vatsy Tsinjo, Tsena Mora destinés aux couches vulnérables ; en réalisant un suivi et évaluation du fonds Covid-19 et de la mise en œuvre du Plan Multisectoriel d’Urgence ; et communiquant aux citoyens les informations que nous aurons obtenues », indique le CCOC dans la lettre ouverte.

Insatisfait. D’après le Collectif, une requête a déjà été soumise au CCO Covid-19, le 11 juin dernier, pour accéder à certaines informations relatives aux marchés publics. « Nous n’avons eu jusqu’ici aucune réponse et réitérons aujourd’hui cette demande. Nous renouvelons ainsi ici notre demande pour la mise à disposition de ces informations », a indiqué le CCOC. A noter que ces informations concernent le cadre légal et réglementaire régissant l’attribution des marchés publics, conformément à l’actuelle situation d’état d’urgence sanitaire et l’exécution des dépenses liées à la lutte contre le Covid-19 ; la liste des ministères et institutions ayant demandé une autorisation de réallocation de leur budget avec les montants et les utilisations prévues ; la liste des marchés publics attribués dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 ; ainsi que le décret portant création du fonds de riposte adopté en conseil du gouvernement le 02 juillet 2020. « Nous incitons l’Exécutif à jouer pleinement le jeu de la transparence, particulièrement dans cette situation d’état d’urgence sanitaire qui confère aux décisions prises, un caractère obligatoire avec un minimum de publicité, en régularisant dans les plus brefs délais l’accès aux textes et décisions après leur promulgation sur les sites web des institutions. Parmi les éléments les plus urgents à régulariser l’enregistrement des marchés publics au sein du SIGMP pour assurer leur traçabilité et faciliter le contrôle des dépenses par les ISC, et le suivi par les citoyens et les OSC », note le CCOC dans sa lettre ouverte adressée au CCO. Certes, le pays est encore en temps de crise et en état d’urgence. Cependant, la transparence et la redevabilité ne doivent, en aucun cas, être mises de côté pour être rattrapées plus tard, selon les organisations de la société civile.

Antsa R.

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5 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. « TRANSPARENCE » : ce mot existe t il dans le vocabulaire politique malgache ????

  2. IL CONVIENT D ADMETTRE QUE DANS UN ETAT DE DROIT REPUBLICAIN LE PEUPLE AVEC TOUTES SES COMPOSANTES EST L ESSENCE DU POUVOIR DES DIRIGEANTS
    PAR CONEQUENT IL EST EN DROIT DE S ATTENDRE A LA BONNE GOUVERNANCE [ communication ,information,]
    LA TRACABILITE,LA TRANSPARENCE ET LA REDEVABILITE N’ONT RIEN D AVILISSANT ET D INSULTANT POUR LES DIRIGEANTS
    DES STRUCTURES AD HOC COMPOSEES DES REPRESENTANTS ELUS Y COMPRIS LES ONG PEUVENT ETRE MISES EN RAPPORT AVEC LA SITUATION D EXCEPTION

  3. Vous avez raison Harivony tous ces guignols de la société civile surtout l’autre pète-sec Ketaka au Transparency Gasy petaka ne pense qu’aux sous des bailleurs pour espérer se goinfrer ! Pour les 193 millions de dollars dans les paradis fiscaux elle ferme sa gueule parce que ça a eu lieu entre 1999 et 2009 !

  4. Dans aucun pays qui se respecte, la transparence dans une urgence n’a jamais ete une urgence. Si quelqu’un a des doutes quant a l’utilisation des budgets, il peut toujours saisir la BIANCO ou l’Inspection Generale de l’Etat ou l’ARMP au lieu d’aboyer sur tous les fronts.

  5. L’ économie est en train de d’écrouler.
    Le petit peuple soufre déjà, l’insécurité sera au RDV dans les mois à venir

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