Agriculture biologique : Plus de 110 millions d’euros de recettes en devises

En tant que pays à vocation agricole, Madagascar dispose d’une large gamme de produits bio.

Près de 270 entreprises opèrent actuellement dans le domaine de l’agriculture biologique à Madagascar.

Elles travaillent en étroite collaboration avec des familles d’exploitants agricoles comptant plus de 30 000 paysans représentés par environ 120 coopératives de producteurs. L’agriculture biologique constitue un secteur en pleine expansion aussi bien sur le plan international que dans la Grande île. En fait, la majorité de la production est destinée à l’exportation. Elle a rapporté, l’an dernier, plus de 110 millions d’euros de recettes en devises à la nation. En ce moment, une superficie d’exploitation totale de 48 000 ha, destinée à l’agriculture biologique, est certifiée zone bio, d’après les informations publiées par le ministère en charge de l’Agriculture.

Inspection tous les ans. Il faut savoir que selon les règlementations internationales en vigueur, l’agriculture biologique est un mode de production qui proscrit l’utilisation d’intrants chimiques, notamment les engrais et les pesticides, tout au long du processus de culture. La préservation de l’environnement par une gestion raisonnée des sols et des ressources s’avère également primordiale en vue d’une exploitation durable. A titre d’illustration, les cultures sur brûlis sont interdites. En outre, la traçabilité des produits depuis la production jusqu’à la commercialisation est assurée. Cela fait d’ailleurs l’objet d’une inspection tous les ans par un organisme accrédité qui délivre un certificat de conformité en agriculture biologique. Ce certificat est indispensable pour toute transaction des produits, a-t-on appris. A part cela, l’agriculture biologique offre un avantage non négligeable pour les paysans qui s’y mettent car elle consomme moins d’eau et d’énergie que dans le cadre de l’agriculture dite « conventionnelle ». Ce sera ainsi moins d’investissement pour les exploitants agricoles.

Représentation professionnelle. Toujours dans le cadre de cette agriculture biologique, les acteurs qui y opèrent disposent actuellement d’une représentation professionnelle qu’est le Symabio (Syndicat Malgache de l’Agriculture Biologique). Ce syndicat a été créé en mars 2011 à l’initiative d’opérateurs conscients de l’enjeu représenté par la filière sur les plans économique, social et environnemental, et de la nécessité de se structurer en groupements pour sensibiliser l’opinion et les autorités dans la promotion de l’agriculture biologique. Il compte une trentaine de membres exerçant dans la filière bio et disposant de certificats de conformité de leurs produits biologiques. Le réseau compte également 5 000 partenaires producteurs en milieu rural, localisés dans différentes régions de Madagascar.

Large gamme de produits bio. Par ailleurs, une nouvelle loi sur l’agriculture biologique a été adoptée récemment au niveau de l’Assemblée nationale. Elle porte sur la définition et les principes généraux de l’agriculture biologique à Madagascar, son champ d’application, les conditions de mise sur le marché des produits et le système d’évaluation de la conformité des produits ainsi que les infractions y afférentes. Une Commission nationale de l’Agriculture biologique sera ainsi mise en place, pour ce faire. Grâce à cette nouvelle réglementation, on peut promouvoir et protéger la filière bio tout en permettant aux consommateurs malgaches d’accéder aux aliments sains et de qualité. Le développement de l’exportation n’est pas en reste, d’autant plus que le pays n’arrive pas encore à satisfaire la demande incessante au niveau mondial jusqu’à maintenant. Il est à noter qu’en tant que pays à vocation agricole, Madagascar dispose d’une large gamme de produits pouvant être certifiés bio. Il s’agit, entre autres, des épices, de la vanille, du cacao, des fruits et légumes, des plantes à parfums, des plantes aromatiques et médicinales, des produits d’origine animale. Par ailleurs, les produits qui sont cultivés ou cueillis à l’état sauvage sont considérés comme des produits biologiques. Les opérations de cueillette constituent une source de revenus pour d’innombrables villageois dans les zones répertoriées bio, a-t-on conclu.

Navalona R.

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. L Agro pastorale y compris la pisciculture n a jamais ete a la hauteur de l’immense potentialite du Pays et encore moins en rapport avec les besoins reels du peuple malgache car la vision reste tournee vers l exportation
    Cette defaillance a pour cause principale le Centralisme ,le systeme d’organisation et de gestion du secteur de l’Avoir herite du colonialisme = priorite a la satisfaction des besoins de l’Exterieur
    N est ce pas le cas du financement de l Agro bio ???
    Les adherants doivent payer a prix fort le certificat de conformite aux regles bio [preuve a l’appui]
    Y a t il une partie de ce financement pour la promotion et le soutien des initiatives communautaires de base ? tels que les couveuses solaires ,la provende ,l’enrichissement du sol [composte et terreau] economie circulaire domestique ??

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.