HOREB : Vers une digitalisation de l’agriculture

Les acteurs de l’HOREB sont fiers de réaliser une bonne récolte de pois de cap.

La sécurité alimentaire fait partie des axes stratégiques inscrits dans le référentiel HOREB (Hygiène, Organisation et Restauration de l’Environnement et de la Biodiversité).

Les acteurs qui adhèrent à ce système sont convaincus que c’est un des moyens efficaces face aux conséquences socio-économiques de la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19 à Madagascar. « D’aucuns constatent qu’il y a une importante suppression d’emplois suite à la baisse voire à la cessation d’activités des entreprises impactées par cette crise sans précédent. Aucun secteur d’activité n’en a pas été d’ailleurs épargné. Un risque d’explosion sociale est ainsi à craindre tant que la sécurité alimentaire ne sera pas assurée. Booster la production agricole s’impose ainsi. Pour ce faire, nous allons lancer une digitalisation de l’agriculture, en étroite collaboration avec l’opérateur en téléphonie Orange Madagascar et le CRS. Un projet pilote est mené dans les communes rurales de Milenake et Ankililoaka, district de Toliara II dans la région Atsimo-Andrefana », a déclaré Faly Rasamimanana, l’initiateur du référentiel HOREB, qui plus est le directeur général de Faly Export.

Interventions des techniciens. Dans le cadre de cette digitalisation de l’agriculture, un poste téléviseur dit Smart TV avec un convertisseur sera mis en place sur les champs afin que les techniciens puissent encadrer directement les paysans, et ce, via une connexion internet gratuite fournie par Orange Madagascar. « Force est de reconnaître que le nombre de techniciens agricoles est insuffisant pour couvrir toutes les zones d’exploitation éparpillées dans tout Madagascar. Les techniciens qui travaillent en partenariat avec les acteurs de l’HOREB interviennent ainsi par le biais de cette nouvelle technologie pour vulgariser les techniques de production appropriées au profit des paysans résidant dans ces deux communes pilotes. Il y aura des interactions en simultané entre les deux parties durant ces encadrements techniques. Dans la même foulée, les partenaires de l’HOREB, notamment Orange Madagascar vont distribuer des tablettes pour permettre aux paysans leaders locaux de prendre en photo ou en vidéo les éventuels problèmes  liés à l’agriculture. On peut citer, entre autres, les maladies affectant la culture. Les interventions des techniciens agricoles se feront ensuite plus rapides », a-t-il expliqué. A part cela, des téléphones portables seront mis à la disposition de ces paysans leaders afin de faciliter les réunions entre les communautés villageoises pour un partage de bonnes pratiques agricoles, et ce, sans se déplacer.

Faire face à la concurrence. Il faut savoir que 151 exploitants agricoles familiaux dans les communes rurales de Milenake et Ankililoaka, qui sont membres de la coopérative dénommée « Miharo Raiky », s’engagent à se lancer dans cette digitalisation de l’agriculture. Ce projet pilote qui va démarrer le 1er septembre 2020 touchera une superficie totale de 230 ha. Et ces producteurs ont déjà bénéficié de l’appui des acteurs de l’HOREB concernant l’accès aux semences sélectionnées de pois du cap et de black eyes depuis le début de cette année. « La première récolte de pois de cap a été bonne. En effet, les exploitants agricoles ont enregistré un rendement de productivité atteignant les 2 tonnes à l’hectare si auparavant c’était entre 600 kg e t 1 tonne/ha au maximum en raison de la dégénération de la filière. En plus, le calibre de la production obtenu répond bien aux normes d’exportation. On peut ainsi dire que, désormais, Madagascar pourra faire face à la concurrence des autres pays producteurs comme le Californie et le Pérou », d’après toujours Faly Rasamimanana, qui est l’un des opérateurs assurant la vice-présidence de cette coopérative qui a également adhéré au référentiel HOREB.  « Nous avons donné une opportunité aux paysans de devenir de vrais entrepreneurs ruraux. C’est pourquoi, ils sont représentés à la tête de cette coopérative. Mieux encore, les membres sont considérés comme des actionnaires. Ils perçoivent tous des dividendes à part la vente de leurs récoltes. D’autant plus, une industrie rurale sera bientôt mise en place. Ce qui permettra d’asseoir un développement durable et inclusif », a-t-il enchaîné.

Plan de mitigation. En tout, toutes les parties prenantes reconnaissent que l’amélioration de l’agriculture via cette technologie numérique contribue à la sécurité alimentaire de la population. « Cela fait partie du plan de mitigation permettant d’atténuer les impacts de cette crise sanitaire liée à la covid-19. Mais à part cela, le secteur privé et l’Etat doivent collaborer pour atteindre cet objectif. Le second ne devra pas ainsi mettre trop de pression sur les entreprises en réclamant d   es impôts alors que celles-ci sont au bout du gouffre à cause de la crise. En revanche, le secteur privé a l’obligation de contribuer au développement social dans le cadre de ses activités de RSE. Seule une collaboration et une entraide entre les parties prenantes  permettront d’assurer le développement socio-économique du pays », a-t-il conclu.

Navalona R.

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. C’est la technologie numérique que je ne comprends pas???

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