Sécurité alimentaire : Un système inclusif, une solution post-Covid

Environ 350 tonnes de pois du cap exportables ont été produits par la coopérative « Miaro Raiky ».

Le problème de sécurité alimentaire est la préoccupation majeure de nombreux pays dans le monde, y compris Madagascar.

 La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, ainsi que les impacts du changement climatique ne font qu’aggraver la situation. Pour la Grande île, le HFKF (Mouvement de rassemblement des chrétiens pour le développement de la nation) a avancé la mise en application d’un système inclusif via le référentiel HOREB et le développement des coopératives comme une des solutions post-Covid. « Compte tenu de cet état de fait, il vaut mieux ne pas se jeter les responsabilités ; mais au contraire, le secteur public et le secteur privé doivent s’entraider, d’autant plus que les ressources du premier dépend des impôts et des taxes payés par le second. Et si l’ordre public n’est pas bien instauré, ce dernier ne pourra pas produire. Raison pour laquelle nous avons mis en place ce système inclusif permettant de résoudre entre autres les problèmes sociaux, notamment l’insécurité alimentaire et les problèmes environnementaux dans le pays », a expliqué Faly Rasamimanana, Directeur général de la société Faly Export, mais également responsable de la Montagne Économie au sein du HFKF.

Vulgariser à grande échelle. Cette plateforme chrétienne compte vulgariser à grande échelle cette solution post-Covid, tirée des expériences de ses membres qui ont des dons spirituels en la matière, tels que la société Faly Export et le groupe SCRIMAD. Ces deux opérateurs économiques ont en fait initié la mise en place effective du système inclusif via le référentiel HOREB, tout en assurant le développement de la coopérative de producteurs « Miaro Raiky » comptant 151 paysans membres, dans la commune rurale de Milenake, dans le district de Toliara II. « Nous sommes d’ailleurs membres à part entière de cette coopérative avec les techniciens agricoles et les socio-organisateurs. En plus, nous assurons la recherche de financement pour son bon fonctionnement. En revanche, un conseil d’administration représentant chaque entité constitue un organe de décision. Ce qui montre déjà l’effectivité du système inclusif », a-t-il ajouté. Et ce n’est pas tout. Les investissements alloués par ces promoteurs ont en même temps porté leurs fruits. A titre d’illustration, ces 151 exploitants familiaux agricoles disposent de moyens de production leur permettant d’augmenter leurs rendements. Outre la fourniture de semences sélectionnées de pois du cap, ces paysans membres de la coopérative « Miaro Raiky » ont bénéficié d’un encadrement des techniciens agricoles en matière de bonne pratique de culture.

Digitalisation de l’agriculture. A part cela, les ingénieurs agronomes ou les techniciens agricoles peuvent intervenir à temps en cas de détection des maladies affectant leurs plantations, ou d’autres problèmes liés à leurs activités, et ce, grâce à la digitalisation de l’agriculture, lancée par le HFKF en étroite collaboration avec Orange Madagascar. « Les résultats ont été très concluants puisque le rendement de productivité des paysans a nettement augmenté à une, voire deux tonnes à l’hectare ; contre 600 kg à 900 kg/ha auparavant. En plus, ils ont atteint le calibre marchand du pois du cap selon les normes internationales, grâce aux investissements réalisés dans la réhabilitation et l’assainissement des canaux d’irrigation ainsi que dans l’acquisition des matériels agricoles », d’après toujours Faly Rasamimanana.

Trois sources de revenu. Et lui de rajouter que les revenus des paysans membres de la coopérative ont nettement augmenté, car le prix d’achat de leurs pois du cap est fixé à 2.600 ariary/kg contre environ 2.000 ariary/kg sur le marché, mis à part la hausse de leurs rendements. Dans la même foulée, « ce résultat est obtenu grâce à la plantation de manioc servant de “tuteurs” pour la culture de pois du cap à Toliara. Des expériences ont également prouvé le traitement de manioc pour être sans gluten. Une industrialisation rurale est ainsi lancée. Ce qui permettra de créer trois sources de revenus pour ces paysans, tout en améliorant la sécurité alimentaire au niveau local. En outre, des clients étrangers s’intéressent maintenant à importer notre production qui va porter le nom commercial de “Sustainable Madagascar”, étant donné que c’est issu d’un système inclusif contribuant au développement durable », a-t-il évoqué. Il est à noter que cette coopérative « Miaro Raiky » bénéficie d’un financement octroyé par le programme Fihariana.

Injustice. Mais des contraintes ont été soulevées face à ce projet initié par ces opérateurs économiques, qu’ils qualifient de mission divine contribuant au moins à l’atténuation de la malnutrition de leurs compatriotes. « Ces paysans modèles auraient dû bénéficier d’un renforcement de capacité auprès d’un centre de formation sis à Toamasina, tout en partageant leurs expériences réussies à leurs pairs pour pouvoir vulgariser ce système inclusif au niveau national. Nous avons contribué au financement de la construction de ce centre ayant une capacité d’accueil de plus de 800 personnes en réunion, mais cette mission divine, qui contribue à la satisfaction des besoins essentiels de la population, est empêchée par une injustice. Nous interpellons ainsi les autorités compétentes à trancher sur cette affaire de manière juste », a-t-il enchaîné. Par ailleurs, le HFKF a remis à 151 foyers des balles de riz dits « Atiala » au profit de ces producteurs. Ce qui leur a permis d’éviter le défrichement de la forêt. Les opérateurs économiques initiateurs de ce projet pilote ont également entrepris d’autres activités dans le cadre de leur responsabilité sociétale des entreprises, pour assurer l’alphabétisation des membres de la coopérative en collaboration avec le FJKM Ambohipo.

Navalona R.

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