Secteur minier : La mise en place d’une politique minière efficace s’impose

A terme, Base Toliara pourrait générer un peu moins de 4 000 emplois directs et indirects

Faute de visibilité notamment en matière de sécurité des investissements, le secteur minier malgache n’arrive toujours pas à attirer les grands investisseurs miniers internationaux. Et pourtant, avec les immenses potentialités dont dispose la Grande Ile, la filière mine est appelée à jouer un rôle de premier ordre dans le développement économique.

« Madagascar a, avant tout besoin d’une politique minière efficace misant sur le long terme ». Ces propos sont de Hugues Rajonhson lors de l’émission Don-dresaka de dimanche dernier. Une occasion de plus pour cet économiste qui suit de près l’évolution du secteur minier malgache d’interpeller les responsables pour que ces derniers priorisent la mise en place d’une stabilité juridique afin d’attirer beaucoup plus d’investissements miniers.

Manque de transparence

Une démarche qui prend du temps à se réaliser, puisque, jusqu’à présent, les régimes qui se sont succédé n’arrivent toujours pas à définir une politique minière tournée vers le développement du secteur. On rappelle, en effet, que c’était en 2005 que gouvernement de l’époque avait confectionné une lettre de politique minière. Une lettre restée morte puisque depuis, les débats se sont surtout tournés vers la question du code minier dont la refonte a toujours divisé, d’une part, le gouvernement et, d’autre part, les opérateurs miniers et la société civile. Ces derniers dénoncent notamment le manque de transparence dans le processus de refonte du code minier et, surtout, ils craignent que les prélèvements fiscaux exorbitants prévus dans ledit projet de code minier ne dissuadent les investisseurs à venir à Madagascar. La Chambre des Mines, par exemple, considèrent comme « antiéconomiques » les mesures prévues par le gouvernement.

Taxation excessive

Un gros risque, en somme, pour le secteur minier malgache. Et partant de l’avenir économique quand on sait que ce secteur représente, selon les statistiques de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) plus de 30% des recettes d’exportation et 40% des investissements directs étrangers. Et si l’Etat se hasarde à avancer vers cette taxation excessive, les investissements présents et à venir risquent d’être compromis. Pour ne citer que les plus grosses exploitations comme Ambatovy et Rio Tinto QMM qui rencontrent actuellement des difficultés. Ou encore Base Toliara, l’exploitant d’ilménite suspendu en mi-novembre sur décision du gouvernement. Avec les pertes qui en découleraient puisque Base Toliara est un projet qui représente un investissement initial de 595 millions de dollars dont 191 millions de dollars à engager auprès des fournisseurs locaux pendant la phase de construction. Sans compter les 30 millions de dollars de contribution directe en termes de redevances et de taxes, ou encore les 63 millions de dollars par an de dépenses, toujours auprès des fournisseurs locaux durant la phase opérationnelle.

Conditions attractives

Bref, Madagascar qui n’a pas les ressources et les compétences nécessaires pour exploiter ses immenses richesses minières doit continuer à miser sur les grands investissements étrangers. Une démarche plutôt à moyen ou long terme qui doit passer nécessairement par la mise en place d’une bonne politique minière. En effet, connaissant les potentialités minières du pays, les grands exploitants internationaux sont disposés à s’engager à Madagascar sur les 20 à 30 prochaines années dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant. Outre les exigences environnementales, énergétiques, sociales et culturelles qui doivent être prises en compte dance ces projets, l’Etat doit aussi mettre en place et maintenir des conditions attractives pour les investisseurs sérieux et solides potentiels. « Au-delà de la stabilité économique et politique, le cadre réglementaire et fiscal est primordial pour conserver un bénéfice mutuel », s’accordent à dire les observateurs de la filière mine sur laquelle doit aussi compter l’émergence de Madagascar.

R.Edmond.

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