Peu d’acheteurs sur le marché international : La vanille malgache de nouveau menacée par une crise

La vanille malgache garde, malgré tout, sa bonne qualité.

Si l’Etat se cantonne sur sa position de fixer un prix de référence, les opérateurs quant à eux, estiment que seul le libre marché permettra de sauver la filière vanille

Surstock. La filière vanille risque, une fois de plus de se trouver dans une situation de surstock. Dans la SAVA, capitale mondiale de la vanille, les acheteurs ne se bousculent pas. « Il n’y a pas beaucoup de preneurs », se plaigne R.M un producteur local opérant à Antalaha. Farouche défenseur du libre marché, il a toujours été contre la fixation d’un prix de référence par l’Etat. Et la situation actuelle lui donne visiblement raison puisque sur le terrain, il n’est pratiquement pas possible de pratiquer le prix minimum local de 650.000 ariary fixé par l’Etat. « A peine si on arrive à vendre entre 260.000 ariary et 300.000 ariary », déplore R.M qui craint de se retrouver avec un énorme stock à la fin de la campagne. Du côté des exportateurs malgaches, c’est également la crise. Un exportateur indépendant, mais qui n’est pas un novice dans la filière, n’a pu exporter même pas un kilo de vanille. Et pour cause, les industriels de l’arôme alimentaire, qui sont les principaux preneurs de la vanille n’achèteront pas, selon lui à 250 dollars le kilo, tel que fixé par l’Etat. Bref, il n’y a actuellement que très peu d’acheteurs pour la vanille malgache.

Inappropriée. Raison pour laquelle, les professionnels de la vanille, du moins, une partie persistent à dire que la politique de fixation des prix appliquée actuellement par l’Etat est inappropriée par rapport à la conjoncture d’un marché encore et toujours dominé par la loi de l’offre et de la demande. On rappelle en effet que ces dix dernières années, les prix de la vanille ont connu un niveau élevé, avec un pic de 600 dollars le kilo en 2017. Avant de redescendre et se retrouver à 350 dollars en 2019. « Ces prix ont évolué par rapport à l’offre », précise N.S. Une offre qui a fortement augmenté pour la campagne 2020. En effet, cette année la production malgache est de l’ordre de 1.800 tonnes. A cela s’ajoute les 600 tonnes produites par les pays émergents de la filière comme l’Indonésie, l’Inde, la Guinée Nouvelle Papouasie et les Comores. Ce qui porte la production mondiale à 2.400 tonnes, alors que les besoins mondiaux sont actuellement estimés à 1.800 tonnes. Dès lors, ce sont les pays qui vendent le moins cher qui arrivent à écouler leur production. « Dans les pays concurrents de Madagascar, l’Etat ne fixe pas les prix » selon toujours notre interlocuteur. D’ailleurs des exportateurs de ces pays émergents vendent à 150 dollars le kilo. Ce qui laisse peu de chance à la vanille malgache de trouver des preneurs à 250 dollars le kilo. Et c’est justement ce qui pose des problèmes aux exportateurs malgaches. En effet, en raison de ce prix de référence fixé par l’Etat, les exportateurs sont obligés de faire le rapatriement des devises, à 250 dollars le kilo. « On peut à raison trouver un marché à 150 dollars le kilo, mais si nous le faisons, nous sommes obligés de combler le gap de 100 dollars », explique cet exportateur.

R.Edmond.

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. quand le prix n’est pas en réalité avec la situation économique,, les acheteurs refusent de se laisser plumer..les principaux utilisateurs dans les pays européens sont confinés et se foutent de la vanille bien plus que de l’avenir précaire de leur activité professionnelle. quand aux populations européennes, elles songent plus à un repas copieux et peu cher qu’à des recherches de mets délicats…

  2. Il faut savoir ce qu’on veut les opérateurs se plaignent du prix de la Vanille qui a dégringolé en mettant la responsabilité sur l’Etat celui ci a donc essayé de limiter la casse en fixant un prix minimum et maintenant on se plaint et on reproche a l’Etat que ce prix serait trop élevé,il faut savoir ce qu’on veut à la fin.

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