Marché des devises : L’ariary continue de chuter, l’euro à 4 550 Ar, et le dollar à 3 900 Ar

Une intervention de la Banque Centrale est souhaitée pour stopper la dégringolade de l’ariary

L’euro dépassera-t-il bientôt la barre des 5 000 Ar ? C’est ce que craignent, en tout cas, les cambistes, au vu de l’évolution actuelle de la monnaie nationale. Une évolution marquée par une forte dépréciation depuis le début de l’année, qui commence à inquiéter au plus haut point la population, et en particulier les économistes.

Hier, sur le marché interbancaire des devises (MID) l’euro était à 4 545 ariary, contre 4 180 ariary en début juin. En seulement cinq mois, la monnaie malgache a perdu 365 points. En 2019 sur une même période de cinq mois, l’ariary n’avait perdu que 15 points, force est de constater que la dépréciation de la monnaie nationale est plus importante cette année. La chute est cependant moins importante par rapport au dollar qui était hier à presque 3 900 ariary contre 3 770 ariary en début juin, soit une perte de 130 points.

Pandémie. La situation actuelle confirme les prévisions selon lesquelles la conjoncture mondiale, marquée par la pandémie de Covid-19, frappera durement les grands secteurs d’activité pourvoyeurs de devises, en l’occurrence, les mines, le tourisme, le textile et la pêche. De plus, la situation ne risque pas d’évoluer positivement si l’on tient compte, par exemple du cas du secteur minier où le blocage du projet d’extraction d’ilménite de Base Toliara inquiète les investisseurs. Par ailleurs, Ambatovy qui rapporte des centaines de millions de dollars de devises n’a pas encore repris son fonctionnement normal. En conclusion, les perspectives ne sont pas bonnes pour l’ariary. Particulièrement en cette fin d’année, on ne pourra visiblement pas compter sur la filière vanille qui, elle non plus, n’est pas à l’abri d’une crise. En ce qui concerne la demande de devises, de toute évidence, les importations pétrolières augmenteront en cette période. D’après la dernière analyse de la Banque Centrale, les importations des biens de consommation ont également connu une forte augmentation depuis la crise sanitaire, sans oublier les 45 000 tonnes de riz qui devraient être importées jusqu’à la fin de l’année.

Intervention. Cette dépréciation de l’ariary impacte incontestablement les prix. Les consommateurs commencent à s’inquiéter au sujet du niveau des prix des biens de consommations courantes devenant excessifs. Cependant, des économistes estiment une augmentation modérée. Et ce, étant donné que la majorité des importations de Madagascar se fait en dollars, 65% d’après la Banque Centrale. Or, la dépréciation de l’ariary, qui est de 3,9 % par rapport au dollar, est moins importante par rapport à l’euro à 11,4%. Autrement dit, et comme l’affirme d’ailleurs la Banque Centrale, la dépréciation de l’ariary par rapport à l’euro n’impactera pas significativement le niveau des prix extérieurs. Cependant, les opérateurs économiques attendent actuellement une intervention de la Banque Centrale pour rendre l’ariary plus compétitif. Une intervention que cette dernière est en position de réaliser car celle-ci dispose d’une réserve de devises assez suffisante.

R.Edmond.

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