Conjoncture économique : Des réformes audacieuses pour une relance forte et durable

Stimuler la productivité agricole figure parmi les actions à réaliser pour un retour vers la croissance

L’impact de la pandémie de coronavirus a effacé près d’une décennie d’efforts en matière de réduction de la pauvreté.

Dévastatrice. La crise sanitaire de 2020 a provoqué énormément de dégâts à l’économie malgache. La Banque mondiale la compare à la crise politique de 2009 et estime que sans des réformes audacieuses, il sera très difficile de redresser la situation.

Pas impossible

Le redressement économique d’après la crise sanitaire n’est pas impossible, mais il sera difficile. « Le retour à une croissance durable va largement dépendre de la capacité de l’État à mobiliser des ressources intérieures pour les investissements prioritaires dans le capital humain et les infrastructures, ainsi que des réformes d’envergure pour stimuler l’investissement privé et la création d’emplois, accélérer le passage à l’économie numérique, stimuler la productivité agricole, et renforcer la sécurité alimentaire », a notamment déclaré dans un communiqué Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar. Une manière de réitérer que cette crise a fortement impacté négativement l’économie malgache. La Banque mondiale estime d’ailleurs dans son dernier rapport les perspectives économiques de Madagascar. Notamment tracer la voie de la reprise car « l’économie s’est contractée de 4,2 % en 2020 en raison des perturbations du commerce international et de l’activité domestique liées à la pandémie de Covid-19.» « L’intensité de la récession est donc comparable à celle de la crise politique de 2009 et a été principalement due à une forte baisse des recettes d’exportation et des investissements privés », selon toujours la Banque mondiale.

Déficit budgétaire

Parmi les origines de cette crise économique figurent « l’effondrement des recettes fiscales associé à la crise et l’augmentation des dépenses publiques ayant entraîné une aggravation du déficit budgétaire, qui a atteint 5,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2020 ». Par ailleurs, l’institution de Bretton Woods estime que « les risques de surendettement ont augmenté ces derniers mois mais restent modérés grâce à la prudence budgétaire observée durant les années précédentes et aux sources de financements largement concessionnels. Le secteur financier a été touché par l’augmentation des risques de crédit, mais la solvabilité des banques reste généralement saine ». Les conséquences économiques de la pandémie continueront de se faire sentir en 2021. « Dans ce contexte, la croissance devrait se redresser graduellement pour atteindre 2 % en 2021, avant de rebondir plus sensiblement à 5,8 % en 2022. Le taux de pauvreté restera bien supérieur à son niveau d’avant la crise, ne diminuant que modérément pour atteindre 76,6 % en 2022. Les projections sont particulièrement incertaines, dans un contexte où une deuxième vague de la pandémie ou d’autres chocs économiques et climatiques pourraient encore retarder la reprise ».

 En somme, la relance s’annonce encore difficile. Ce qui n’empêche pour autant les dirigeants malgaches de miser sur les grands chantiers de l’émergence, à travers les nombreux projets d’infrastructures annoncés par le président de la République dans son discours de nouvel an.

R.Edmond

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