Financement du développement : Nouvelle initiative pour intégrer le capital naturel

Des représentants gouvernementaux de Madagascar et de 3 autres pays d’Afrique assisteront au lancement du Programme NC4-ADF, pour l’intégration du capital naturel dans le financement du développement.

Bien qu’il représente une grande partie de nos richesses, le capital naturel n’est pas pris en compte dans les mesures économiques, comme le calcul du PIB (Produit intérieur brut). Sur ce sujet, une concertation internationale à laquelle Madagascar participera se tiendra jeudi.

 

Les sols et les ressources de stockage de carbone comme l’eau et la pêche figurent parmi les grandes composantes du capital naturel. Dans les pays d’Afrique, ils représentent entre 30% et 50% de la richesse, alors que ce capital n’est pas pris en compte. De leur côté, les institutions internationales de développement tiennent peu compte du capital naturel dans les projets de financement du développement. Selon le Groupe de la BAD (Banque africaine de développement), ce capital présente des atouts essentiels pour favoriser une croissance inclusive et verte, face au changement climatique. En effet, c’est dans cette optique qu’a été initié, le NC4-ADF (Programme sur le capital naturel pour le financement du développement de l’Afrique) qui sera lancé le 9 septembre prochain, en mode virtuel.

Engagements. Outre la BAD, plusieurs autres partenaires s’engagent également dans le programme, à l’exemple de la plateforme des connaissances sur la croissance verte (GGKP). Cette initiative, est également soutenue par le Fonds mondial pour la nature (WWF), le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) à travers son agence dédiée (Deutsche Gesellschaft Für Internationale Zusammenarbeit, GIZ), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la Fondation MAVA, l’Institut international pour le développement durable (IISD) ainsi que le partenariat Economics for Nature (E4N), qui vise à mettre le capital naturel au cœur des économies. « La prise en compte du capital naturel dans le financement du développement est essentielle pour la reprise post-Covid-19. La BAD reconnaît que les approches fondées sur la nature sont essentielles pour lutter contre les urgences liées à la biodiversité et au climat. Elle déploie ses efforts pour intégrer le capital naturel dans le financement des infrastructures, les investissements et les politiques économiques », a déclaré Vanessa Ushie, directrice de la Division de l’analyse des politiques et des ressources naturelles au sein de la BAD.

Concertations. Le Programme NC4-ADF sera mis en œuvre jusqu’en 2022, pour intégrer le capital naturel dans le financement du développement en Afrique. Le 9 septembre prochain, des représentants gouvernementaux de Madagascar, du Nigeria, de la Tanzanie et du Mozambique discuteront sur les moyens d’établir une vision commune, prenant en compte le capital naturel, notamment dans les projets et programmes de développement des institutions multilatérales de développement. Selon la BAD, ils partageront les meilleures pratiques pour intégrer le capital naturel dans l’architecture du financement du développement. Un autre sujet de discussion portera également sur les moyens d’amener les agences de notation à intégrer les considérations de croissance verte et de capital naturel dans les notations de risque souverain et de crédit des pays africains. Outre les représentants gouvernementaux, de hauts représentants d’institutions partenaires seront également au rendez-vous, entre autres, ceux de la Banque mondiale, de la Banque asiatique de développement et de la Commission de l’Union africaine. Pour Madagascar, réputé pour ses grandes richesses naturelles, la mise en œuvre de ce programme sera « capitale ».

Antsa R.

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