Épizootie dans le Vakinankaratra : Les vaches laitières frappées par une maladie contagieuse inconnue

Le Malagasy Dairy Board (MDB) qui est une plateforme regroupant tous les acteurs œuvrant dans la filière lait, interpelle l’Etat sur la propagation d’une maladie inconnue touchant les vaches laitières dans plusieurs communes du Vakinankaratra.

« Cela s’est produit vers mi-octobre dernier. Si une vache est affectée par cette maladie, c’est toute la ferme qui est contaminée. En outre, une chute de la production laitière allant de 20 litres à 2 litres par vache malade est constatée. Et ce n’est pas tout ! Même les bœufs de trait sont touchés, et ce, en si peu de temps. Nous n’avons jamais rencontré une telle maladie bovine depuis trente ans que nous opérons dans le domaine de l’élevage de vaches laitières. De nombreux bovins dans la partie d’Antsirabe II sont actuellement contaminés », a témoigné Raveloarijaona, un grand éleveur de vaches laitières à Antsirabe.  Selon les explications du directeur des Services Vétérinaires, Vincent Michel Rakotoharinome, les symptômes se manifestent par une toux, suivie d’une diarrhée et d’une fièvre ainsi que d’un manque d’appétit des vaches laitières. « Le mode de contagion se fait par voie de contact ou aérosol. Un prélèvement des souches de cette maladie a déjà été effectué par nos vétérinaires dans un quartier où l’on a découvert près de 45% de vaches contaminées. À la suite d’une analyse au niveau du Laboratoire National de Diagnostic Vétérinaire (LNDV), nous avons découvert un hémo-parasite. Nombreux sont les bovidés guéris suite aux traitements que nous avons prescrits via les vétérinaires sur place », a-t-il soulevé.

Une autre analyse. Et lui d’ajouter que la maladie continue de se propager rapidement malgré ces interventions médicales. « Nous avons ainsi réalisé un 2e prélèvement en vue d’une autre analyse en laboratoire.  Les résultats nous permettront d’identifier la nature et l’origine de cette maladie en vue de mieux la contenir. Ce sera connu ce mois-ci », a-t-il enchaîné. En attendant, le directeur général de l’Élevage, Tsiry Andriamahatola Lezoma, a déclaré qu’un fonds d’urgence provenant du Fonds de l’Élevage, est actuellement mobilisé pour la mise en place d’un protocole de traitement sanitaire de ce cheptel bovin afin de soutenir les éleveurs. « Nous avons ainsi isolé les cheptels contaminés tout en interdisant la circulation des bétails dans les zones infestées », a-t-il poursuivi. Selon les éleveurs de vaches laitières, cette maladie inconnue a été découverte en premier lieu dans les communes d’Andranomanelatra et d’Ambano. Elle s’est ensuite propagée dans la partie ouest de la région du Vakinankaratra, comme Antsirabe I et II, ainsi que dans les communes de Vinaninkarena, de Faratsiho et de Betafo.  Ces éleveurs craignent ainsi que l’origine de cette maladie contagieuse puisse être en rapport avec l’arrivée des vaches laitières importées en début du mois d’octobre dernier.

Une perte de 80%. « Mais ces dernières sont encore mises en quarantaine au centre FIFAMANOR. Elles sont toutes en bonne santé. Et les vaches laitières élevées par le centre le sont également alors qu’elles auraient pu être les plus exposées, si c’est bien le cas », a précisé le directeur général de l’Élevage. En revanche, interrogé au téléphone, « cette maladie est une diarrhée virale de bovin ou BVD », affirme le président du Syndicat des Vétérinaires, Dr France Ranaivosolofo. Face à cette situation alarmante, le PCA de MDB, Haingotiana Razafindrainibe a réclamé un soutien de l’Etat aux éleveurs de vaches laitières étant donné qu’ils enregistrent une perte de l’ordre de 80%, due à la chute de leur production de lait. « Sur les 100 vaches dont disposent nos membres, plus de 40 sont contaminées. Certes, on peut bien les guérir mais la quantité de lait produite ne s’améliore que peu à peu.  Les impacts économiques sont considérables d’autant plus qu’on a été également victime de la crise sanitaire pendant deux ans. Les bœufs de trait sont aussi contaminés. Nous ne pouvons ainsi pas  travailler pour préparer la campagne culturale », déplore Pascal Randrianantenaina, PCA de la coopérative ROVA de Vakinankaratra.

Navalona R.

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