Transport national et régional : La hausse des tarifs est inévitable, selon les coopératives

La hausse des frais de transport reliant les régions et les provinces est inévitable pour les transporteurs. « Ce sera la seule option pour sauver le secteur du naufrage », a soutenu Jerry Razafijemisa. Le secteur des transports a aussi subi de plein fouet les revers des restrictions de la crise sanitaire. Près de 30% des transporteurs d’avant-crise ont abandonné le secteur après la fin de la deuxième vague de la pandémie, selon ce président de coopérative. Aussi, le « tarif appliqué actuellement, défini en 2013, semble être déjà dépassé par les réalités économiques », toujours selon Jerry Razafijemisa. A présent, les transporteurs, qui sont déterminés à franchir le pas, veulent faire avaler la pilule en douceur. Depuis le lundi 22 novembre dernier, date à laquelle les nouveaux tarifs devaient entrer en vigueur, certaines lignes, notamment celles reliant Antananarivo à Vatomandry et Mahanoro, ont appliqué la hausse des tarifs. Et jusqu’à présent, ces lignes qui opèrent avec le nouveau tarif ne connaissent aucune grogne des voyageurs, selon Jerry Razafijemisa.

Stériles. Mais à l’échelle nationale, la discussion engagée par le ministère du Transport avec les transporteurs ralentissent l’application du tarif. Les nouveaux chiffres, qui sont pourtant définis selon Jerry Razafijemisa à l’issue de l’Assemblée générale des coopératives de transport le 23 octobre dernier, ne passent pas aux yeux de l’Etat qui juge la décision de ces dernières, « trop précipitée ». Un moratoire sur les nouveaux prix des places a été, en effet, décidé conjointement entre l’Etat et les transporteurs. L’Etat a tenté de convaincre ces derniers pour les faire reculer d’un pas. Mais jusqu’à présent, les négociations sont encore stériles. « Les missions du comité de réflexion sur les tarifs de transport routier de voyageurs que veut imposer le ministère de Transport violent le désengagement de l’Etat dans le secteur », a soutenu Jerry Razafijemisa. Ce comité, en vérité, serait en passe de s’ériger comme un organe qui aurait le droit de réviser les tarifs opérés par les lignes de transport. Or, d’après ce président de coopérative, l’Etat ne devrait pas s’immiscer dans les activités d’exploitation et de production en matière de transport terrestre. Cette politique est actuellement menacée, selon les transporteurs.

Taux d’inflation. Quoiqu’il en soit, les professionnels du transport et les groupements de coopératives opérant dans le secteur ne veulent pas reculer sur les tarifs qu’ils ont déjà annoncés au début de ce mois. « Les tarifs que nous avons fixés tiennent compte de la réalité du secteur, et ont été basés sur un mode de calcul objectif suivant les charges en carburant et le taux d’inflation », a lâché Jerry Razafijemisa, membre du collectif des présidents des coopératives des transports routiers de voyageurs. La hausse prévue varie ainsi de 20% à 60% par rapport à l’actuel prix. « Rien qu’en matière de carburant, nos dépenses grimpent jusqu’à 30% du coût unitaire des places à vendre », a justifié une présidente de coopérative opérant sur la zone nationale. Les transporteurs se plaignent aussi de la hausse des intrants nécessaires pour l’entretien des véhicules. « Les prix des pneus de qualité, par exemple, sont en constante hausse depuis un certain temps et pèsent sur nos charges », a affirmé Jerry Razafijemisa. « Nous demandons alors à l’Etat d’avancer des solutions qui tiennent compte des réalités économiques de nos activités », a exhorté ce dernier.

Rija R.

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Poster un commentaire