Maison centrale d’Antanimora : Affrontement évité entre agents pénitentiaires et policiers



Jacaranda

Des éléments d’élite de la police nationale étaient venus en renfort pour dissuader les gardes pénitentiaires à exécuter une décision judiciaire.

Le placement sous mandat de dépôt est un travail de tous les jours tant pour la justice que pour les policiers. Mais lorsque ce sont des agents pénitenciers qui subissent ce sort, l’affaire est loin d’être banale. Hier, le parquet a décerné une détention provisoire à l’endroit d’un escroc notoire qui devait encore purger sa peine à Antanimora mais avec une complicité des agents pénitenciers, il a pu circuler comme l’air libre dans toute la capitale. Une mesure qui n’a pas plu les agents d’Antanimora. Ils ont menacé les policiers devant accompagner les trois individus qu’il y aura un affrontement s’ils ne relâchent pas les deux pénitenciers. A sept heures, hier, il a fallu un renfort de la police du Service Anti-Gang et de la Force Mobile de l’Intervention Policière pour que les gardes pénitenciers cèdent finalement.

MOP. « L’individu concerné a bénéficié d’une main d’œuvre pénale (MOP) et son garant est un responsable auprès du ministère de la Justice » nous a confirmé une source auprès de la police. Il, le prisonnier, a pu amadouer les deux agents devant l’escorter dans ses déplacements. Pire encore, leur confiance a dépassé les bornes au point que le prisonnier est devenu le maître des agents pénitenciers. Il va jusqu’à utiliser la carte professionnelle de deux individus devenus alors ses compères. Durant son arrestation, une menotte et sa clé et les cartes de travail des deux agents ont été découvertes sur lui. Des pièces à conviction qui ont servi à la brigade criminelle d’ouvrir une enquête sur les deux agents. Ils ont été inculpés de complicité d’évasion. Une charge qui leur a valu une détention provisoire à la prison d’Antanimora. Pour en revenir aux faits, le prisonnier, un ancien escroc, a pénétré dans un domicile aux 67 ha se passant pour un inspecteur de police, inspecteur Bryan. Le 9 mars dernier, il a forcé la propriétaire, une femme, à lui donner la somme de 30 000 ariary sous peine qu’il ne la tue avec une arme. Deux heures après, le même jour, il est revenu dans la même maison non pas pour refaire le même acte mais, cette-fois, pour s’y installer. Il l’a séquestrée, par la suite, l’a abusée sexuellement. Il a pris tout le contrôle de la maison et devenu le maître des lieux. C’est seulement samedi dernier, soit cinq semaines plus tard, que la femme a pu sortir en catimini de sa demeure pour alerter la brigade criminelle. L’arrestation s’est faite, sans tarder, le jour même.

Notoire. Le visage du prisonnier n’est pas étranger au policier. Il a été arrêté, il y a un an et demi de cela, pour des affaires d’escroquerie dans des boutiques. A l’époque, l’homme, tiré à quatre épingles se dit membre du conseil supérieur de la Transition, le fameux CST d’antan. Il achète dans des boutiques de luxe des vêtements et des produits très chers et s’éclipse après quelques diversions, à bord de taxi qu’il prend en location. Il n’a fallu que quelques mois et il a bénéficié d’une main d’œuvre pénale décerné par le ministère de la Justice. La prison comme étant une zone de non-droit du travail était dépassée avec la ratification de plusieurs conventions internationales. Seulement, à Madagascar, tout va de travers : la MOP devient un business florissant et une formule pour s’évader…A méditer.

Didi R.

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