Maroantsetra : 22 maisons brûlées et une personne tuée par balle lors d’une émeute contre la police

La ville de Maroantsetra était le théâtre d’une émeute le samedi 06 Avril. Ce désordre a fait suite au décès d’un lycéen âgé de 19 ans soupçonné d’être  provoqué par la violence qu’il a subi pendant sa garde à vue au commissariat de la sécurité publique de la localité. Arrêté le matin de ce samedi, pour suspicion de vol avec effraction, ce jeune homme est tombé malade pendant sa garde à vue. Ainsi, la police l’a emmené à l’hôpital. Malheureusement il n’a pas survécu. Selon les médecins, ce décès fait suite aux coups et blessures qu’il a reçus pendant sa détention. Ce fait a mis en colère les proches de la victime  qui ont emmené le corps au commissariat tout en réclamant  de sanctions sévères au responsable de cette violence mortelle. Venus à leur rescousse, des membres du Fokonolona se sont rassemblés et ont commencé à hurler pour faire sortir  les policiers qui s’enfermaient dans leur bureau. En voyant ce fait, des gendarmes de la compagnie et de la brigade locales se sont précipités sur place pour tenter de convaincre la famille de la victime de récupérer la dépouille  tout en protégeant le commissariat étant donné que des centaines des jeunes étaient déjà sur le lieu. En prévoyant le pire, les gendarmes ont rassemblé les  familles des policiers  à leur compagnie. Grace au concours du chef de district, les proches de la victime a finalement récupéré le corps pour l’amener au « Tranompokonolona ». Malgré les pourparlers avec les « raiamandreny » pour éviter le trouble, des groupes de jeunes ont encore réclamé la sortie  des policiers de leur bureau vers 16h30. Ils tentaient d’entrer en force  dans le commissariat. C’était en ce moment que les policiers ont tiré dans la foule. Un jeune homme de 19 ans a été tué par balle. Cette mort  a envenimé la situation. Les attroupements se multiplient devant le commissariat malgré la médiation faite par la gendarmerie. Vers 17h30, la foule en colère a commencé à mettre du feu sur des maisons. Vue l’aggravation de la situation, la gendarmerie a ramassé les familles des policiers qui étaient encore en ville pour les protéger dans l’enceinte de sa compagnie. Le bilan était lourd. 22 maisons ont été brulées dont 19 appartenaient à des policiers. 3 autres maisons ont été dérobées. Un policier a été blessé. Pour maitriser la situation, les forces de l’ordre ont été obligées de lancer des bombes lacrymogènes afin de disperser la foule. Le calme est revenu vers 02h du matin. Hier matin, une délégation du gouvernement composée par  le Ministre de l’Intérieur et de le Décentralisation, le Ministre de la Sécurité Publique, le Secrétaire d’Etat chargé de la Gendarmerie et le Commandant de la Gendarmerie Nationale s’est rendue à Maroantsetra pour constater les faits.

T.M.

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