« Détention arbitraire » sur l’affaire Antsahatanteraka. : Une dizaine de familles brisent le silence et font appel au Pape

Michel-Randriambololona, au milieu, avec les familles concernées

Deux ans et demi après le cambriolage assorti de viols dans un foyer de communauté catholique, les familles des personnes incriminées dans l’affaire ont décidé de briser le silence. Elles profitent de la visite papale pour lancer leur message et dénoncer une détention arbitraire. « A travers cette lettre, qui est un appel de détresse, je me fais la porte-parole d’une dizaine de familles démunies et sans défense dont des membres (pères, fils, frères) ont été arrêtés arbitrairement en 2017 et jetés en prison comme des malpropres pour la perpétuité, au mieux pour 20 ans de réclusion criminelle » a-t-on tiré de l’extrait d’une lettre ouverte signée par Michel-Randriambololona Nivo, une bienfaitrice qui a décidé d’épauler les victimes suivant son constat de violation grave des droits de l’homme. Cette dernière adresse son appel de détresse au Pape François.

Brûlant. « Cette lettre n’aurait pas lieu d’être si  mes tentatives répétées de me faire entendre à différents niveaux de l’administration n’avaient pas été à chaque fois coupées court avec le même motif : ‘c’est un dossier brûlant à cause de la pression de l’Eglise Catholique’. Brûlant signifie : on n’y touche pas » a-t-elle continué. Très directe, elle va jusqu’à dénoncer que :«  c’est une honte de se servir du nom d’une puissante Institution religieuse pour  justifier des dysfonctionnements qui foulent aux pieds les droits des plus démunis ». La même source d’indiquer que ces gens (les victimes) ont été emmenés par les gendarmes en 2017 pour de simples enquêtes et par ruse, soi-disant pour former une équipe de football. « Depuis et après les enquêtes préliminaires, les concernés ont été placés sous mandat de dépôt pendant deux ans avant d’être condamnés sans preuve à la réclusion à perpétuité par la Cour criminelle. Je n’arrive pas à m’expliquer comment on peut accuser une personne de vol et la condamner à la prison à perpétuité tout simplement parce qu’on a découvert 90.000 Ariary chez elle (parce qu’elle est censée être pauvre) en dédaignant la justification qu’elle a présentée,  notamment la vente d’une rizière pour financer le voyage d’étude de ses enfants, et en l’obligeant à restituer ces 90.000 Ariary » continue-t-elle de se plaindre.

L’une des femmes qui a son mari frappé par la perpète

A genoux. Michel-Randriambololona Nivo, la porte-parole de ces gens qu’elle dise sans défense ne tourne pas autour du pot. « Je n’arrive pas à m’expliquer pourquoi on s’acharne sur des personnes sur qui on ne détient pas la moindre preuve alors que des preuves irréfutables ont été découvertes sur les vrais coupables, entre autre une somme importante de devises en euro, d’ailleurs montrées à la télé mais qui n’ont pas laissé la moindre trace dans le procès » a-t-elle confié au Pape, à travers sa lettre ouverte en espérant une décision ferme de cette personnalité dont la religion prône le pardon. Selon elle, les personnes concernées pourront témoigner de tous ces faits qu’elle a cités. « Je vous supplie, à genoux,  au nom de ces familles, de ne pas fermer les yeux sur cette affaire. Vous pouvez compter sur mes humbles prières pour vous, pour l’Eglise et surtout pour votre mission dans notre pays » lance-t-elle à la fin de sa lettre au Pape. Le dossier est actuellement entre les mains de la cour de cassation suivant la référence 27/19/PEN.

D.R

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