Pôle anti-corruption : Trois personnes incarcérées pour trafic humain vers la Chine

Poursuivies pour trafic d’êtres humains vers la Chine, trois femmes ont été placées sous mandat de dépôt à Antanimora après avoir été auditionnées par la Parquet du Pôle Anti-Corruption, le 11 décembre dernier. Ces trois individus ont été arrêtés par le service central des enquêtes spécialisées de la lutte contre les fraudes documentaires à Fianarantsoa, le dimanche 6 décembre 2020 suite à une plainte déposée par une femme qui est l’une de leurs victimes, le 7 octobre 2020. Selon la plaignante, elle a été expédiée par ces trafiquants de personnes en Chine en 2017. Elle affirme être tombée dans le piège tendu par ces trois femmes sur Facebook, promettant l’existence d’un travail décent pour elle en Chine. Intéressée par cette offre, elle est venue à Antananarivo où elle a été accueillie par une autre femme. Celle-ci s’est occupée de tous les papiers pour son voyage en Chine. Elle affirme qu’elles étaient trois à avoir quitté le pays cette année-là. Arrivée en Chine, une autre femme l’a accueillie pour l’emmener chez l’une des suspectes qui viennent être arrêtées à Fianarantsoa. Cette femme l’a, par la suite, emmenée chez un homme résidant dans une campagne chinoise pour la forcer à se marier avec ce dernier en confisquant son passeport. Puisqu’elle a refusé, cet homme l’a séquestrée et l’a violentée durant des mois, jusqu’au moment où il l’a remise à la personne à qui il l’avait achetée. Cette dernière l’a, de nouveau, vendue à une autre personne. Prise au dépourvu, la victime affirme avoir été obligée d’obtempérer à cette manœuvre. Celui-ci lui a infligé le même traitement que le premier pendant un an. Ce mariage a donné naissance à un garçon. La plaignante affirme avoir été menacée de mort lorsqu’elle a tenté de garder cet enfant pour elle. Ce qui signifie que seul l’enfant intéressait le mari. Ayant réussi à s’enfuir, elle a eu la chance de demander secours à des proches qui travaillent et étudient en Chine. Elle a alors réussi à rentrer à Madagascar en 2018. Ayant entendu que ses trafiquants étaient déjà rentrés à Fianarantsoa, elle a porté plainte auprès de la police. Ainsi, le SCESLFD a ouvert son enquête, laquelle a abouti à l’arrestation de ces trois femmes à Fianarantsoa, le 6 décembre dernier. Ayant avoué leur culpabilité, elles ont révélé que le prix d’une femme malgache varie entre 16 millions et 20 millions ariary en Chine, et 60 millions ariary s’il s’agit d’une femme au teint clair. La recherche de leurs complices continue.

T.M.

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